Pierre-Olivier Zappa raconte son parcours qui l’a mené comme chef d’antenne | 7 Jours
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Pierre-Olivier Zappa raconte son parcours qui l’a mené comme chef d’antenne

En accédant au poste de chef d’antenne au TVA 22 heures, Pierre-Olivier Zappa a réalisé un rêve d’enfance. À ses yeux, le fait de se fixer des objectifs est un moteur qui permet de se motiver et de travailler fort pour les atteindre. Le journaliste nous a raconté son parcours pour arriver à voir ses idées prendre forme, en plus de nous confier quelques-uns des rêves qui figurent toujours sur sa liste et qu’il souhaite concrétiser.

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Pierre-Olivier, comment êtes-vous arrivé à réaliser votre rêve d’enfant de devenir chef d’antenne d’un bulletin de nouvelles?

Avoir des rêves, ça aide énormément à se motiver et à se fixer des objectifs. C’était un rêve d’enfance, mais je n’avais pas élaboré de plan. Tout s’est imbriqué de façon naturelle. Je me suis quand même organisé pour réaliser ce rêve; je me suis entouré des bonnes personnes, j’ai fait les bonnes études... Il fallait aussi que je croie en moi et en mon entourage. J’ai dû faire confiance aux équipes. Il ne faut d’ailleurs jamais sous-estimer à quel point nos équipes, surtout en télé, contribuent à notre succès. Mais il faut être capable de les mobiliser pour atteindre nos buts. 

Enfant, qu’est-ce qui vous intéressait dans ce métier?

Je voulais travailler dans une salle de nouvelles pour la télé, parce que mon père était caméraman pour un réseau anglophone. Je l’accompagnais parfois et je trouvais que c’était un métier hyper stimulant. Je voyais bien que chaque journée était différente et intéressante. Mon père était aussi un passionné et un travaillant. Il m’a inculqué l’amour du travail. Je le voyais se dépasser. Il rentrait à la maison, il regardait le bulletin et il analysait comment les sujets étaient traités. Je me souviens que, dès la première année à l’école primaire, je me fixais des objectifs et que j’avais déjà plusieurs rêves, dont certains que j’ai encore. C’est un carburant pour moi. Avoir des souhaits et des passions permet d’avoir une vie plus agréable et animée. 

Pourquoi avez-vous choisi d’être journaliste, et non caméraman comme votre père?

Très jeune, j’étais dégourdi. Je me mettais souvent devant la caméra de mon père. À cinq ou six ans, je m’asseyais sur le fauteuil du lecteur de nouvelles quand je l’accompagnais. Je me suis toujours vu faire ça. Récemment, des amis d’enfance m’ont rappelé que je faisais souvent des exposés oraux, en troisième ou en cinquième année, sous forme de bulletin de nouvelles ou de reportage. C’est vraiment ce qui m’animait. J’ai ensuite fait un bac et une maîtrise en communication politique, et ça me passait parfois par la tête de faire autre chose. J’ai même été enseignant de français pendant un an, et j’ai adoré ça. J’ai fait un paquet de trucs avant d’arriver là où je suis. J’ai toujours le goût d’apprendre et il est complètement assouvi dans le métier que je pratique aujourd’hui. Chaque soir, je me couche moins niaiseux que la veille. 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Devenir chef d’antenne à votre âge, est-ce que ça tombe au bon moment pour pouvoir garder une vie familiale normale?

Les horaires de télé ne sont pas idéaux pour la famille, il y a des sacrifices à faire. Mais c’est une belle stabilité pour passer du temps avec les enfants. Je peux en profiter le matin ou les fins de semaine. C’est aussi un travail d’équipe avec ma conjointe, Pauline, qui tient le fort le soir et qui ne se plaint absolument jamais. Pour l’anecdote, je me souviens quand elle a accouché de notre premier enfant. Mon patron m’a appelé pour aller présenter une émission le lendemain. Mais il y a eu les attentats du Bataclan, à Paris, et je suis resté en ondes pendant près de 30 heures, alors que j’avais un bébé de quelques jours à la maison. Ma blonde a compris à ce moment-là que la flexibilité allait être de mise dans notre vie. 

Vous voyez-vous à ce poste pour les 40 prochaines années?

C’est un job que j’adore. Je commence tout juste, et je ne me vois pas faire autre chose. En même temps, il peut arriver plein d’imprévus. J’ai envie que ça fonctionne, que le bulletin garde toute sa pertinence. Le monde de la télé se transforme, et le plus grand défi est de garder l’intérêt et de répondre aux attentes du public. J’aimerais aussi m’impliquer davantage dans la société. Je le fais actuellement auprès des jeunes: je suis retourné dans mon ancien cégep pour être mentor. J’ai toujours été très impliqué, mais j’aimerais l’être davantage. Plus jeune, j’ai fait beaucoup de bénévolat et de voyages humanitaires. 

En tant que lecteur de nouvelles, le terrain ne vous manque pas?

Pour l’instant, je réussis à rester branché en faisant des reportages de temps en temps, mais c’est certain que c’est un autre rôle que je dois apprivoiser d’une façon différente. Au lieu d’être musicien, on devient plutôt chef d’orchestre. Mon premier objectif était de faire du terrain, et ensuite d’être chef d’antenne. Les deux mandats sont très complémentaires, et l’un n’empêche pas l’autre. Ce qui est passionnant dans le rôle de chef d’antenne, c’est de toucher à tous les sujets, de l’économie aux sports. Quand j’étais journaliste économique, je lisais les pages économiques de tous les journaux. Aujourd’hui, je lis tous les journaux de la première à la dernière page. Ça amène un changement intéressant dans la façon de penser et de voir le monde qui nous entoure.

PHOTO COURTOISIE

 

Comment a réagi votre père à votre nomination, sachant qu’il a été l’instigateur de votre passion?

Je pense qu’il était très fier. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des parents à inspirer leurs enfants, à les motiver, à les pousser et à leur donner tous les outils pour réaliser leurs rêves. C’est ce que j’ai reçu de mes parents, et je vais essayer de faire exactement la même chose avec mes enfants. J’ai vu trop de camarades de classe être brimés par leurs parents. Je me souviens d’une amie qui voulait être journaliste, mais ses parents souhaitaient qu’elle devienne médecin. Elle a fait ses études de médecine, et matenant, elle fait des comédies musicales sur Broadway. Moi, je veux pousser mes enfants à découvrir leur passion et à développer ensuite leurs compétences pour aller au bout de leurs rêves. 

Justement, que reste-t-il après avoir réalisé son rêve?

D’autres rêves à réaliser! Les rêves, c’est un moteur qui permet d’avancer. Mon vrai bonheur, c’est que ce rêve d’enfance de faire du journalisme télé recommence chaque jour. Cela en fait un rêve accompli, mais aussi inassouvi. Et je pense que c’est ce qui me pousse chaque jour à vouloir faire mieux, à être toujours très critique à l’égard de mon travail. Chaque matin, je me sens très privilégié de faire ce que j’aime dans la vie, qui est ce que j’ai toujours voulu faire. Mon rêve maintenant, c’est de continuer encore longtemps. 

Avoir des enfants était aussi un rêve pour vous?

Je voulais deux enfants, et j’ai deux garçons âgés de sept ans et trois ans et demi. Je voulais être un père présent et je le suis. J’ai aussi d’autres rêves professionnels et je me fixe d’autres objectifs. Si je veux avancer, c’est toujours en ayant des projets. Le grand-père de ma blonde est un bel exemple pour moi. Il a 96 ans, et ce qui l’anime, ce sont les projets. Il faut toujours se fixer des buts et s’investir à fond dans leur réalisation. Jusqu’à récemment, j’avais le rêve inassouvi de posséder une maison de campagne. Ma blonde m’avait dit, il y a 15 ans, lorsqu’on s’est rencontrés, que je pourrais réaliser tous mes rêves, mais pas celui d’avoir une maison à la campagne parce qu’elle déteste ça. Mais pendant la pandémie, j’ai réussi à la convaincre. 

Avec votre nouvelle fonction vient une certaine popularité. Comment vivez-vous avec ça?

Je vis très bien avec la popularité. Les gens sont gentils et respectueux. J’ai de belles marques d’affection au quotidien. Je suis même très reconnaissant quand quelqu’un prend le temps de venir me dire qu’il apprécie mon travail. J’ai remarqué le changement depuis que je suis au 22 heures. On entre davantage dans l’intimité des gens. Le soir, l’écoute du public est différente; elle est beaucoup plus active et un reportage va susciter plus de réactions et de courriels. Les téléspectateurs sont plus attentifs.

Et pour la famille?

Mes enfants se demandent souvent si je connais les gens qui viennent me parler. Je pense qu’ils trouvent ça plus drôle qu’autre chose. Je les ai amenés à TVA pour qu’ils voient le studio, et peut-être que cette passion leur sera aussi transmise. Ma blonde est enseignante et elle est très discrète. Elle ne veut pas être sous les projecteurs. 

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