Après 34 ans de métier, Sophie Thibault est toujours excitée d’être en ondes | 7 Jours
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Après 34 ans de métier, Sophie Thibault est toujours excitée d’être en ondes

Rencontrée à TVA quelques jours avant ses débuts à titre de cheffe d’antenne au bulletin de nouvelles de 17 h de TVA, Sophie Thibault était à la fois calme et fébrile. Depuis le 22 août, elle occupe le siège que Pierre Bruneau a quitté en juin, après 46 ans comme chef d’antenne. Étonnée par ce défi qui lui a été proposé, elle a dû y réfléchir à deux fois avant d’accepter l’offre.

Photo : Julien Faugere


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Sophie, c’est tout un changement d’horaire pour vous, après avoir présenté durant tant d’années le bulletin de nouvelles de 22 heures?
Je cherche mes repères! Après 26 ans d’horaire atypique et 20 ans à travailler le soir, le simple fait d’être avec tout le monde, c’est bien différent. Je réalise à quel point j’ai été seule dans ma vie professionnelle, le jour comme le soir, alors qu’il n’y a presque plus personne dans la bâtisse et qu’on est seulement quatre ou cinq. À présent, je suis avec plein de monde! J’arrive en fin de matinée et je repars vers 19 h. C’est une adaptation, mais c’est le fun de rentrer à la maison le soir. C’est la première fois que j’ai un horaire «normal» après tant d’années.      

Quand vous faisiez le 22 heures, vous arriviez à TVA en fin d’après-midi?
Oui, vers 15 h 30, et je sortais aux environ de 22 h 45. Le temps d’arriver chez moi, je n’étais pas au lit avant 23 h 45, puis je pensais à la journée, aux nouvelles que j’avais aimées ou pas. Ça faisait en sorte que je m’endormais tard! À 22 h, il fallait vraiment que j’y mette tout mon tonus. Maintenant, on a un meeting téléphonique très tôt avec toute l’équipe et je travaille de la maison en matinée. J’arrive à TVA aux environs de 10 h, et tout se fait en collégialité. On discute, je propose des entrevues, des sujets qui m’allument plus que d’autres et qui doivent aussi allumer tout le monde. 

Est-ce plus énergisant de travailler le jour et de faire les bulletins en fin d’après-midi?
Oui! C’est souvent pendant le jour que les breaking news arrivent. Depuis deux ans, je faisais le téléjournal de 17 h le vendredi, et je voyais que c’était différent de celui de 22 heures. Et l’un des avantages, c’est la machine que j’ai derrière moi: j’ai toute une équipe! C’est un beau gros bulletin de nouvelles, c’est long, on a du temps. Il y a beaucoup de monde et plusieurs collaborateurs, dont Colette (Provencher), qui est mon amie. Je l’aime d’amour, et ça, c’est précieux. Ce sont des moments dans le bulletin où on peut respirer.

Vous succédez à Pierre Bruneau. Vous a-t-il dit ou conseillé quelque chose en particulier avant de partir?
Il m’a donné une belle carte en ondes et m’a laissé un beau mot. On était dans la fébrilité de sa dernière journée, c’était très émotif. C’est un pan d’histoire. Pierre a toujours été associé à Télé-Métropole et à TVA, tout le monde avait le cœur gros ce jour-là.      

Photo : Dominic Gouin


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Avez-vous été surprise d’avoir été choisie pour lui succéder ou vous y attendiez-vous?
Oh non, pas du tout. Jamais! C’est mon patron qui est venu me voir et qui m’a dit qu’il aimerait que je lève la main! Je ne m’étais pas manifestée, j’étais convaincue qu’on allait miser sur quelqu’un qui aurait 30 ou 40 ans à donner. 

Au fond, pour vous, c’est une continuité ou un nouveau défi?
C’est une continuité, mais c’est aussi un défi parce que c’est un autre mandat. On s’entend que les breaking news, c’est moi qui les assumerai avec l’équipe. Je n’en ai pas fait beaucoup et j’ai très hâte. Je suis une fille d’action, de défis. Je suis dans un élément parfait avec le 17 heures. Pendant cette heure et demie-là, je vais me sentir drôlement vivante avec tout ce qui peut arriver. C’est un bulletin qui a des cotes d’écoute faramineuses. 

Et vous serez accompagnée au travail par votre petit chien?
Oui, mon petit Nano! Je l’amène à TVA le mardi; j’ai eu une clause Nano dans mon contrat. (rires) Il faut qu’il soit avec moi au travail au moins une fois par semaine. S’il reste seul à la maison, il peut japper pendant huit heures et quand je reviens, il n’a plus de voix.... C’est épouvantable pour lui! Alors je me suis trouvé une gardienne dévouée. Elle s’en occupe deux jours par semaine, mais le mardi, je l’emmènerai au bureau pour un peu de «nanothérapie»! 

Collection personnelle


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Avez-vous bien profité de vos vacances avant la rentrée?
Oui, j’ai vraiment décroché. Je m’étais mis un deadline. Je me disais qu’à partir de telle date, je pouvais commencer à m’énerver, mais avant ça, j’ai vraiment fait en sorte de ne pas trop lire ou m’informer. Il fallait que je me ressource, alors je suis partie dans les Alpes françaises, chez des amis qui nous ont laissé leur maison, située devant le mont Blanc. On a découvert cette région d’une beauté grandiose. On a aussi découvert Anticosti. Ce sont deux endroits que je n’avais jamais visités. Dans les deux cas, j’ai surtout fait des photos de paysages, quoiqu’il y avait aussi une faune assez intéressante et des renards de toutes les couleurs. 

La photographe que vous êtes devait être comblée!
Ç’a été fabuleux! À Anticosti, je suis partie en safari-photo avec un guide, René Bourque, qui fait ça depuis 30 ans et qui fait de la photo hallucinante. On était quatre, dont une amie photographe, et on l’a suivi durant six jours. On a fait des randonnées jusqu’à la chute Vauréal, qui fait 90 m de haut. On s’est baignés dans une rivière à saumons, ç’a vraiment été un dépaysement. 

Est-ce que cet art vous permet de décompresser?
C’est ce que m’apporte la photographie en général, une sorte de respiration et d’équilibre dans ma vie. J’ai déménagé à Saint-Bruno, je suis sur la montagne, collée au parc national, et dès que je le peux, je vais me promener avec mon appareil photo. C’est sûr que quand tu pars sans ton appareil photo, c’est là que tu vois la chouette rayée à trois pieds de toi! Aller me relaxer et me brancher aux arbres; j’ai besoin de ça. Je fais du paysage, de la faune et des oiseaux. Ça me permet de me retrouver dans la nature et je me sens profondément en connexion avec la vie.     

Après 34 années de métier, ressentez-vous encore de la nervosité avant d’être en ondes?
C’est de l’excitation. Il y aura sûrement du trac quand on va vivre notre premier breaking news, mais c’est correct. Il faut toujours être sur la pointe des pieds, et c’est excitant. Je voyais l’autre jour le gros panneau avec ma photo près de TVA, et je ne suis pas habituée à avoir autant d’attention. C’est un énorme bulletin, une grosse responsabilité. Je ne l’aurais pas fait à 30 ans, mais je pense qu’avec l’âge et l’expérience, je peux m’y risquer. 

Il n’y a pas beaucoup de femmes qui sont cheffes d’antenne pour un bulletin d’informations aussi important. Croyez-vous que ça peut inspirer les jeunes journalistes?
Oh oui! Au cours des années qui ont suivi ma nomination, en 2002, j’ai vu l’impact que ça a eu auprès des jeunes. J’ai des collègues qui m’écrivent, il y en a une qui m’a demandé si je pouvais commenter son travail, en me disant que c’est grâce à moi qu’elle est devenue journaliste. J’entends de plus en plus de messages comme celui-là, et je trouve ça sympathique, c’est formidable!     

Suivez l’actualité avec la cheffe d’antenne au TVA Nouvelles de 17 heures, sur le réseau TVA.

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