Ève-Marie Lortie nous partage ses plus beaux souvenirs en 25 ans à TVA | 7 Jours
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Ève-Marie Lortie nous partage ses plus beaux souvenirs en 25 ans à TVA

Image principale de l'article Ses plus beaux souvenirs en 25 ans à TVA
Photo : SIMON CLARK

Ces jours-ci, Ève-Marie Lortie célèbre ses 25 ans de carrière en télévision, 27 au total dans les médias. L’occasion était belle de revisiter avec elle son riche parcours en information, ponctué de défis sur le plan personnel. Celle qui prend la relève de Gino Chouinard tout l’été à la barre de Salut Bonjour partage avec nous quelques-uns de ses souvenirs les plus mémorables.

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Ève-Marie, vous êtes toujours heureuse de vous asseoir à nouveau dans le fauteuil de Salut Bonjour en semaine durant l’été?
Oui, je termine à Salut Bonjour Weekend les 12 et 13 juin pour m’installer dans la chaise de Gino (Chouinard) en semaine, car il quitte pour ses vacances. Je débuterai le lundi 21 juin. J’aurai une période de vacances de quelques jours en août, avant de revenir en poste à Québec. Durant l’été, je m’installe donc à Montréal. Je revois des amis que je n’ai pas pu voir durant l’année et je retrouve une équipe que j’aime beaucoup. C’est une période précieuse pour moi. Lorsque je suis à Montréal, je me comporte en vraie citadine: je me déplace généralement à pied ou en Bixi, ou j’utilise les transports en commun.

Je me suis laissé dire que vous alliez célébrer cette année vos 25 ans de carrière!
En fait, j’ai 27 ans de carrière dans les médias, mais 25 ans à la télévision, à TVA. Je n’ai pas travaillé dans d’autres postes de télé. J’ai commencé en tant que jeune journaliste en juin 1996, et ce, pratiquement par hasard. Les deux premières années, j’étais à la radio dans le nord de l’Ontario, puis à Québec. Ma consœur de travail, Isabelle Pagé, faisait les nouvelles culturelles à TVA à Québec. C’est elle qui m’a ouvert la porte. Un vendredi soir, j’ai reçu un appel: on avait besoin d’une remplaçante. C’est ainsi que tout a commencé. Ce qui remplit ma vie aujourd’hui est donc né d’un remplacement de vacances!      

C’est une belle histoire, quand même...
Oui, mais j’ai travaillé fort. Les premières années, j’ai connu des échecs et traversé des moments difficiles. Un célèbre blooper circule d’ailleurs encore sur le Web... Tout cela fait partie de ce que j’ai mis dans mon sac à dos pour avancer dans ma carrière. J’ai débuté avec la couverture du lendemain des premières émeutes de la Saint-Jean-Baptiste. Je couvrais les points de presse du gouvernement. Rapidement, je me suis fait une place en direct. Quand il y a eu des opportunités, je les ai saisies. J’ai eu l’occasion de remplacer Claire Lamarche. J’ai animé Les retrouvailles, qui était une émission phare. Claire et Janette Bertrand étaient mes modèles de femmes à la télévision.

Quel bilan faites-vous de ces 25 ans de carrière?
Ma carrière est liée à l’information. Mon parcours est lié à des événements marquants. Je constate que j’ai évolué, comme le Québec a évolué. J’en ressens une grande fierté. Comme je le dis souvent, je n’étais pas la plus belle du bal... Mais parce que je suis encore là, 25 ans plus tard, et que j’ai le privilège d’animer Salut Bonjour Weekend, je me pince encore...

Photo : Aurelie Girard


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Cette continuité est une grande réussite à vos yeux?
Oui. Et je me souviens de m’être assise un jour devant un patron qui me demandait où je me voyais dans cinq ans, à qui j’avais répondu que je voulais rester à Salut Bonjour. Déjà, je portais cette émission dans mon cœur!

Y a-t-il eu des rencontres exceptionnelles au fil du temps?
Il y en a eu tant derrière la caméra que devant. J’ai eu des coups de cœur pour des collègues de travail. Mon équipe est particulièrement dévouée. Il y a aussi eu des rencontres en ondes. Le fait que Claude Dubois est venu me voir à Québec, ça m’a touchée. Je suis allée faire une entrevue chez Jean-Pierre Ferland. Pendant que j’étais sur la route pour m’y rendre, je n’en revenais pas d’avoir ce privilège. Il y a eu aussi les découvertes, notamment Roxane Bruneau. Je ne suis pas blasée. Je suis encore impressionnée. En pleine pandémie, je me suis demandé si Pauline Marois accepterait de nous parler. Je lui ai écrit directement, et elle m’a appelée. Nous avons parlé du sort des aînés. C’était très intéressant... Les politiciens continuent de représenter mon plus grand défi. J’ai un talent d’écoute, pas de confrontation.

Rencontrez-vous d’autres défis dans le cadre de votre travail?
Je commencerai cet automne ma 10e saison à Salut Bonjour Weekend. Le défi, c’est de me renouveler. Je ne voudrais pas que les gens se disent que je suis là depuis trop longtemps... Tout m’intéresse. Grâce à ma fille, j’ai des jeunes autour de moi qui me gardent en contact avec leur réalité. Ma mère a 80 ans. J’essaie de tisser un réseau auprès des jeunes et des moins jeunes. Je reste à l’affût. Je suis toujours en train d’assimiler ce qui se passe dans l’actualité. 

Corinne, qui est devenue adulte, a quitté la maison. Avez-vous connu des périodes délicates dans la conciliation travail-famille?
Oui, notamment pendant la première année qui a suivi ma séparation. Travailler la nuit et être à la tête d’une famille monoparentale, ce n’était pas l’idéal... Je devais quitter la maison à 2 h 30 du matin tous les jours; ç’a été une période difficile pour moi. Pendant des années, je n’ai pas été présente pour le petit-déjeuner. Il n’y avait pas d’autre parent présent. Au début, ma mère est venue m’aider pendant plusieurs mois, puis j’ai pu compter sur des gardiennes; mais mon cœur de mère aurait préféré que je puisse être partout, tout le temps. En même temps, j’ai toujours été là les après-midis. Nous pouvions jouer dehors, faire les devoirs ensemble. J’étais disponible. En échangeant avec des parents qui avaient des horaires plus typiques, je me suis rendu compte qu’ils avaient finalement des horaires complètement fous. Quand Corinne était petite, je me couchais à 21 h 30, et ça allait. Quand elle a grandi, c’est devenu plus compliqué. Au début, j’ai vu la gestion d’horaire et la monoparentalité comme quelque chose d’insurmontable. Puis, j’ai trouvé des alliés et j’y suis arrivée.      

Photo : SIMON CLARK


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Ève-Marie, si vous le voulez bien, j’aimerais faire un survol de votre vie par décennies. Comment résumeriez-vous votre enfance?
Mon enfance a été heureuse. J’étais habitée par un sentiment que m’inspiraient les grands espaces et les possibilités de découvertes, car derrière chez nous, à Arvida, c’était vaste. Je faisais du vélo, je passais mes journées dehors. J’avais des amis, mais j’aimais jouer seule. J’avais un grand imaginaire. J’étais fascinée par la télé, mais chez nous, elle était en noir et blanc, et nous n’avions pas le câble...

Comment s’est déroulée votre adolescence?
J’ai eu une adolescence bien ordinaire, sans grand problème... J’ai découvert les matchs de la LNI diffusés à la télé. Cela me fascinait! J’ai fait un peu d’impro. Je suivais tout ce que Janette faisait, Claire Lamarche aussi. Les premières amours ont débuté à la fin du secondaire. J’ai été une grande amoureuse... Si j’ai été une enfant réservée et timide, à l’adolescence, je me suis découvert une passion pour la prise de parole. J’étais de tous les spectacles. À la fin de mes études secondaires, je me suis questionnée. Allais-je devenir comédienne ou passer à autre chose? J’avais été acceptée dans certaines écoles, mais je n’étais pas prête à aller vivre toute seule à Montréal. J’ai plutôt choisi de faire des études au cégep de Jonquière en art et technologie des médias. J’ai continué à faire du théâtre, mais j’ai rencontré des gens qui étaient vraiment meilleurs que moi... (rires) J’ai compris que ça ne serait pas mon métier, mais que j’étais vraiment à ma place en art et technologie des médias. 

Tout cela vous a servi dans votre parcours, finalement...
Oui. Et je raconte souvent aux jeunes que j’étais serveuse-cuisinière dans un casse-croûte. Je faisais tout! Quand j’avais des gens à mon comptoir, je leur posais plein de questions. Avec le recul, je me suis rendu compte que je faisais des entrevues. J’entretenais des conversations avec les clients. À la fin de mon adolescence, je travaillais dans des bars. 

Qu’est-ce qui a marqué votre vingtaine?
Après mes trois ans de cégep, j’ai commencé à travailler. J’étais naïve, mais je pensais que j’étais blindée pour tout. La vingtaine, c’est le début de la carrière, le métier qui rentre. À la mi-vingtaine, je me suis mariée avec celui est qui devenu le père de ma fille. J’ai déménagé à Montréal en 2000, j’avais 26 ans. J’ai commencé à travailler à LCN comme journaliste à la rédaction. Des postes se sont ouverts devant la caméra, et on me les a proposés. Fin vingtaine, il y a eu la naissance de ma fille. Entre 20 et 30 ans, j’ai vécu à 100 milles à l’heure, sans aucun temps mort. 

Photo : SIMON CLARK


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Et comment s’est déroulée votre trentaine?
Ç’a été le choc de la réalité: mon couple ne marchait plus. J’ai pris ma destinée en main. La stabilité du travail était importante. Je voulais consolider mes acquis. J’ai relevé plusieurs défis sur le plan professionnel, et c’était exaltant. Il fallait être forte. Je me suis prouvé que j’étais très forte, autonome et indépendante. À la fin de la trentaine est apparu mon fidèle allié, mon beau Clarens. Malgré la force qui m’habite, il y a toujours une part de fragilité. Avec un allié comme lui, j’ai pu décupler ma force, car je pouvais m’appuyer sur quelqu’un. J’ai un complice qui croit en moi, qui m’appuie et qui aime mon enfant, qui n’est pas le sien. Il a fait de la place dans sa vie pour que je m’y intègre avec mes horaires hors-normes. 

C’est un grand privilège, quand même...
Oui. Et la quarantaine a été très amoureuse. Je suis retournée à Québec. J’ai consolidé mon travail là-bas. J’ai pu être à la fois proche de mon équipe et de ma famille, être présente pour mes parents vieillissants. Papa est décédé, mais maman a encore besoin de moi. Je suis heureuse d’être là pour elle. Maintenant, je suis au milieu de la quarantaine. 

Avez-vous le sentiment d’avoir réussi à vous donner une vie équilibrée?
C’est moi qui ai la plus belle vie! Je me suis fait une belle vie. Même si je suis fière de ma vie professionnelle, j’ai toujours dit que je ne me définissais pas que par le travail. Je suis tellement plus que ça! Lorsque je me bercerai dans ma maison de retraite, ce qui me rendra vraiment heureuse, ce ne sera pas d’avoir fait la une d’un magazine, mais d’avoir cultivé des amitiés et des liens avec ma famille... 

Des événements inoubliables   

Photo : Frederic Auclair / TVA

«J’ai eu l’occasion de remplacer Claire Lamarche. J’ai animé Les retrouvailles, qui était une émission phare. Claire et Janette Bertrand étaient mes modèles de femmes à la télévision.»      

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«L’attaque dans le Vieux-Québec l’automne dernier. Nous étions sous le choc, confrontés à l’horreur...»      

Getty Images

«L’élection de Barack Obama. Le matin où j’ai annoncé que les Américains avaient élu leur premier président noir, ç’a été un avancement extraordinaire!»      

Getty Images

«Le mariage de Kate et William à Londres en 2011, alors que je couvrais l’événement pour TVA.»      

AFP via Getty Images

«Le matin où les mineurs chiliens sont sortis de terre. Nous avions suivi cet événement en direct.»      

Getty Images

«Le 11 septembre 2001. J’étais en ondes à LCN comme lectrice de nouvelles le soir. De nouvelles images des attaques à New York faisaient surface...» 

Tout l’été, Ève-Marie Lortie est en ondes à Salut Bonjour en semaine, puis elle reprendra son poste à la rentrée à Salut Bonjour Weekend.

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