Dan Bigras se confie sur son rôle intrigant de Ryan Robin dans District 31 | 7 Jours
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Dan Bigras se confie sur son rôle intrigant de Ryan Robin dans District 31

Image principale de l'article Son rôle intrigant de Ryan Robin dans District 31
Photo : Karine Lévesque / TVA

Depuis la fin de la série 30 vies il y a cinq ans, Dan Bigras n’avait pas refait de télé. Or on peut désormais le voir dans District 31, dans la peau d’un personnage qui risque de donner du fil à retordre aux policiers au cours des prochaines semaines. C’est chez lui, en pleine nature, que nous avons rencontré Dan pour discuter de ce rôle qui s’est présenté dans sa vie comme une belle surprise.

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Dan, quelle a été ta réaction quand on t’a proposé un rôle dans cette populaire série?
Je ne m’y attendais pas du tout, ç’a été une surprise. C’est Lucie Robitaille, qui est agente de casting, qui m’a appelé pour m’en parler. Luc (Dionne) m’avait déjà demandé si je voulais jouer un motard, et je lui avais répondu «peut-être», mais on n’y a pas pensé plus que ça. Moi, je suis un fan de Luc Dionne. Je n’avais rien raté de la série Omertà, et quand le producteur Claudio Luca m’a demandé si je voulais jouer dans la série Le dernier chapitre, je me suis tout de suite dit que ça allait être le fun. Je ne me suis pas posé de questions, j’ai embarqué dans l’aventure! District 31, c’est encore l’écriture de Luc, et c’est tout le temps bon. Il n’y a pas une réplique qui n’a pas sa place.      

Ce rôle est donc une offre inattendue?
Oui, c’est une surprise totale! N’importe quel projet écrit par Luc Dionne, je ne pose pas de questions et j’y vais! Et comme c’est produit par Fabienne Larouche, je peux te dire que ça roule pas mal drette! Tout le monde est efficace. Ce n’est pas une option, quand tu tournes une quotidienne. Cette équipe-là livre en quelque sorte un film par semaine, c’est fou braque! Donc, tout le monde est efficace, il n’y a pas de maillon faible. Personnellement, je ne suis pas un des personnages principaux, contrairement aux acteurs qui ont beaucoup de texte à apprendre. Mais ils ont vraiment pris l’habitude! 

Karl Jessy


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Que peux-tu nous dire au sujet de ton personnage, Ryan Robin?
J’ai demandé à Luc s’il ressemblait au motard que j’avais fait dans Le dernier chapitre. Ça pourrait être lui, mais 25 ans plus tard. Dans ma tête, quand les personnages sont des full patch, ils sont toujours en danger. Ils risquent de finir soit en prison, soit avec une balle dans la tête. C’est un univers dangereux. Donc, d’après moi, ceux qui sont très vieux et encore très puissants, ce sont de bons politiciens! Ils sont capables de calmer le jeu autour d’eux, ils ne réagissent pas comme mon personnage le faisait dans Le dernier chapitre. Ryan Robin pense aux conséquences, il faut qu’il soit clair et fair avec tout le monde. C’est un bon dirigeant d’entreprise! 

On peut donc dire qu’il est à des lieues de Richard Sanscartier, que tu jouais dans 30 vies?
Oui. Dans 30 vies, je n’étais pas méchant: j’étais un soldat qui avait un gros traumatisme, un bougonneux qui pognait les nerfs de temps en temps. Mais le gars que je joue dans District 31 a sûrement beaucoup de meurtres sur la conscience. Il joue dangereux! Ryan Robin est rendu vieux, il a des poils blancs, il a passé à travers tous les dangers et contrôle sa business. On sait très bien, maintenant, que le monde des motards est très intégré à l’économie locale. Et quand tu joues un méchant, il y a plusieurs couches au personnage, surtout avec l’écriture de Luc. Je lui ai demandé si Ryan pouvait parfois rigoler avec son partner, parce qu’il y a des scènes assez sympathiques, et il m’a répondu: «Bien oui! C’est plus que ton chum, c’est ton frère!» Alors, on peut être très complices, comme je l’étais avec Michel Charette dans 30 vies. On avait du fun ensemble. Je trouvais qu’on avait réellement l’air de vieux chums quand je regardais nos scènes. Je suis certain qu’avec les nuances que Luc met dans ses personnages, je vais développer des complicités comme celle-là sur District 31, même avec des gens que je suis censé haïr. 

Quand as-tu commencé à tourner dans District 31?
Ça fait déjà quelques semaines. J’ai regardé mes premiers épisodes pour savoir où je m’en allais. C’est particulier, parce que quand tu joues dans un film, tu construis ton personnage en fonction du début et de la fin de l’histoire. Mais là, je ne sais pas ce qui va se passer avec mon personnage, et j’aime bien ça! Je trouve ça cool, ça ajoute un petit suspense! Et comme c’est une série chargée de suspense, je trouve ça le fun d’en avoir un à l’intérieur de moi.      

Karl Jessy


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As-tu retrouvé des camarades de travail sur le plateau de tournage?
Pas du côté des acteurs. Je jouais beaucoup avec Michel Charette dans 30 vies, mais il est policier au 31, et moi je n’y vais pas trop, trop souvent! Par contre, dans l’équipe technique, il y a beaucoup de personnes qui travaillaient sur le plateau de 30 vies et que je connais.      

En mai 2020, tu as été victime d’un accident au volant de ton VTT (Dan a subi une commotion cérébrale, quatre fractures aux côtes et de nombreuses coupures, en plus d’une opération pour se faire installer une clavicule en métal). Comment vas-tu aujourd’hui?
Je suis parfait! Mais je ne peux pas boxer pour l’instant, parce que j’ai deux capsulites aux épaules. Je n’ai pas de séquelles, j’ai été chanceux.

Cet accident t’a-t-il amené à prendre conscience que la vie ne tient qu’à un fil?
J’ai eu plusieurs moments comme ça, dans ma vie. J’en étais déjà conscient, je fais attention à moi. Je ne fais pas le fou quand je fais du quatre-roues: j’en fais avant tout pour avoir un moment complètement libre, où je peux me vider la tête. Je m’en vais dans le bois et je fais exprès pour me perdre! Je monte vers le nord, et quand je suis perdu, je cherche une rivière ou un ruisseau. Comme ils descendent tous vers le sud, je les suis. 

Photo : Karine Lévesque / TVA


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C’est nouveau pour toi d’aimer autant la forêt, de vivre en pleine nature?
J’ai toujours été un gars de ville, je dirais même un chat de ruelle! Mes plus grandes années d’éducation, je les ai vécues dans la rue, à Québec. C’est là que j’ai vraiment appris la vie. L’école ne m’enseignait pas ce que je voulais apprendre. Dans la rue, j’ai d’abord appris à survivre, puis à communiquer. Ensuite, je suis resté un chat de ruelle. Quand j’habitais dans le centre-ville de Montréal avant de venir habiter ici — j’y suis depuis cinq ans —, je ne marchais jamais sur la rue Sainte-Catherine: je passais tout le temps dans les ruelles. J’étais habitué, c’était un univers que j’aimais. Je jasais avec le monde qui s’était trouvé un spot pour dormir. Si les gens me disaient salut, je leur répondais, sinon je les laissais dormir. Ça me manque vraiment... 

Tu as fait un peu de tout: de la musique, du cinéma, de la télévision... Est-ce chaque fois un nouveau défi pour toi?
Comme je suis TDAH, je dois travailler plus longtemps que les autres pour apprendre des textes. Mais c’est correct, je suis habitué. Ça ne me dérange pas: je le fais et je suis prêt quand vient le temps de tourner. Mon fils aussi est TDAH. Il ne voulait pas prendre de médicament quand il était jeune, alors je lui ai dit qu’il allait devoir travailler plus fort que les autres, comme moi. C’est ce qu’il a fait, et il a réussi tout ce qu’il a entrepris. Je prends exemple sur mon fils, et il fait la même chose.

À l’époque, tu avais trouvé difficile de jouer dans une quotidienne, non?
J’avais beaucoup de texte quand je jouais dans 30 vies. J’étais très présent, et j’étais fatigué quand ça s’est terminé. Mais là, District 31,
c’est moins un beat de fou, vu que mon personnage est en périphérie. Honnêtement, je suis très content de jouer dans cette série-là, mais je ne le fais pas parce que j’ai besoin de travail. Je reprends des spectacles qui avaient été reportés à cause de la covid, j’ai réglé une couple de mauvais placements que j’avais faits, alors je dirais que je suis pas mal cool. J’ai 63 ans, j’ai un petit coussin et je suis correct. Je ne cours pas après l’ouvrage.      

Photo : Karine Lévesque / TVA


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Côté musique, as-tu plusieurs spectacles à l’agenda?
J’ai réussi à en booker beaucoup plus que je pensais, malgré la pandémie. Je dois parfois en présenter dans des salles qui sont en difficulté, c’est-à-dire que les gens qui gèrent ces endroits ne savent même pas s’ils vont arriver à survivre! Dans ce temps-là, je présente un spectacle solo, pour réduire leurs dépenses et leur permettre de faire un profit. Je pense qu’il faut tous être solidaires. Il ne faut pas penser, avec ce qu’on a vécu, que les gens qui ont perdu de l’argent vont pouvoir le récupérer. Ça ne marche pas comme ça! Il faut que tout le monde se serre les coudes, dans le milieu. J’ai donc recommencé à faire des shows ici et là... Le 15 octobre, au Lac-Saint-Jean, on était cinq sur scène, dont Élizabeth Blouin-Brathwaite, qui fait maintenant partie de mon band. C’est notre récompense de pouvoir enfin jouer et monter sur scène! Toute ma gang me dit à quel point ils sont contents. Il y a du monde dans la salle, ils tripent, ils pleurent à telle toune, ils rient à telle autre niaiserie, et ça nous fait du bien autant qu’à eux. Je vis de très beaux moments ces temps-ci.

À 63 ans, tu y vas à ton rythme, tu prends les choses un peu plus aisément?
Je n’ai plus le syndrome du pigiste, c’est-à-dire prendre quatre jobs en même temps parce qu’après ça, ça se peut que je n’en aie plus. C’est fini, ça. Si j’ai moins d’ouvrage, c’est correct, ça ne m’angoisse pas. Ça fait longtemps que je suis comme ça. Et quand je suis moins occupé, je me dis que ça va me donner du temps pour faire autre chose. Par exemple, j’ai recommencé à écrire, et je pense que c’est quelque chose qui pourrait me faire vivre dans quatre ans. J’écris un film, un livre aussi, mais j’y vais à mon rythme, en m’occupant de mes affaires. Moi, je n’ai pas d’agent depuis plusieurs années. Il y a deux filles qui travaillent pour moi: l’une à l’administration, l’autre au booking, et j’ai aussi ma propre compagnie de disques. Tout se passe très bien.      

Y aura-t-il un Show du refuge cette année?
Oui. Ça va être comme l’an passé: on va l’enregistrer sans public, au Théâtre Paradoxe, le 23 novembre, et ce sera diffusé en décembre à Radio-Canada. Et non, je ne peux pas te dire tout de suite les noms des invités qui vont y participer! On est en mode création ces temps-ci. 

Aujourd’hui, le bonheur, ça ressemble à quoi?
(Dan réfléchit quelques secondes, puis esquisse un sourire.) Mon père m’a dit un jour: «Le bonheur, c’est d’avoir en cadeau une colombe, un crucifix et une colombe, c’est à dire: La paix, Christ, la paix!»      

District 31, lundi au jeudi 19 h, à Radio-Canada.
Pour suivre son actualité et connaître ses dates de spectacles:
danbigras.com.
Pour en savoir plus sur le Refuge des jeunes de Montréal et le
Show du refuge: refugedesjeunes.org.

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