Jérémy Demay évoque son traumatisme après avoir été témoin de la mort de son père | 7 Jours
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Jérémy Demay évoque son traumatisme après avoir été témoin de la mort de son père

Image principale de l'article Témoin de la mort de son père
Photo : Karine Levesque / TVA P

En décembre 2021, l’humoriste tentait sa chance en déménageant avec sa famille en plein cœur de Paris pour y lancer sa carrière. De retour au Québec avec sa blonde et ses deux filles, il nous raconte pourquoi il a décidé de revenir se poser dans sa terre d’adoption. Confidences d’un père plus heureux que jamais.

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Jérémy, pourquoi as-tu décidé de rentrer au Québec?

Le côté spectacle, je l’ai aimé, mais le côté vie là-bas, je ne l’ai pas aimé. On a réalisé, ma blonde et moi, qu’habiter à Paris n’était pas agréable, surtout en famille. Avec la petite et la deuxième qui vient d’arriver, il n’y a pas assez de vert, pas assez de calme... On vivait beaucoup d’anxiété. Il y a beaucoup de monde. 

Avais-tu déjà vécu à Paris?

En fait, je n’avais jamais vraiment connu Paris. J’ai grandi à Dijon, puis je suis rapidement parti à l’étranger. Je suis allé à Paris uniquement pour y voir des amis. Je pense qu’il y a trop de monde dans cette ville, aujourd’hui. C’est comme si tu mettais 10 millions d’habitants à Montréal: c’est agressant. On ne voulait pas être malheureux pour du succès et de l’argent... Ça m’a rappelé à quel point je suis heureux au Québec. On pense souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Or l’herbe, ici, elle est verte. 

Photo : Karine Levesque / TVA P

Avais-tu un agent là-bas pour gérer ta carrière?

C’était mon frère. Il était mon gérant producteur là-bas et il m’a dit: «Si tu es malheureux dans la vie, tu vas être malheureux sur scène. Ça ne sert à rien de te forcer, on arrête.» 

Tu nous reviens donc avec un nouveau spectacle?

Je fais des shows de rodage et je me rends compte à quel point le public québécois est fantastique. Comme j’ai commencé ma carrière ici, je n’avais jamais comparé, mais après avoir vécu six mois à Paris, je réalise à quel point les artistes sont privilégiés, au Québec. Maintenant que j’ai vécu les deux, je peux comparer, et le public québécois est un public généreux. Ça rit bien, ça rit franc. Je suis arrivé il y a 18 ans et j’avais oublié à quel point on est bien ici. J’ai vécu dans plusieurs pays, en France, à Cuba, aux États-Unis... Ici, on est privilégiés.

Mis à part ce spectacle que tu vas lancer en mai, tu es de nouveau papa...

Oui, la grossesse est arrivée à Paris. Notre fille est née le 20 juillet et elle s’appelle Alba. Quant à Loa, elle a deux ans et demi. 

Ça se passe bien?

C’est du sport! J’ai une femme très bonne pour s’occuper des nuits quand moi je travaille. Avec deux bébés, les nuits sont mouvementées. Avant, je mettais l’accent sur ma carrière, sur moi. Je le fais moins, je me concentre plus sur mes enfants et ma femme. Ça a pris du temps, mais j’ai acquis de la maturité. Je suis rendu là, et être un papa présent sur tous les plans est important pour moi.

En quoi l’arrivée d’une deuxième fille a-t-elle changé des choses chez toi?

C’est un challenge, parce que j’ai besoin de beaucoup de temps pour moi à la base, pour faire mes choses, pour ne rien faire. J’adore ne rien faire. Moi, effoiré devant la télé ou devant YouTube, j’adore ça. Maintenant, les enfants ont besoin de beaucoup de temps, ma femme a besoin de temps, et c’est mon gros challenge d’être papa. Outre un peu de fatigue, parfois de l’irritation — parce que les enfants, ça sait appuyer sur les bons boutons —, mais j’étais rendu là. Le reste, je l’ai fait. J’ai voyagé, j’ai réalisé mes rêves dans mon métier, je voulais gagner de l’argent, je voulais écrire des livres, et c’est fait. J’ai tout fait ce que je voulais faire. Pour moi, être papa, c’est l’étape d’après que je voulais dans ma vie.

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Ça fait longtemps que vous êtes ensemble, Marie et toi?

Depuis 2009. Elle avait 20 ans, j’en avais 25, et on était très immatures. On a appris la vie ensemble, on était jeunes, on s’est trompés, on a été infidèles, on s’est fait beaucoup de mal, on s’est mal parlé. On a appris à guérir, à être ensemble, à communiquer, et on est devenus une belle équipe.

Ç’a toujours été clair pour toi qu’elle était la femme de ta vie?

Au début, on s’est dit: «On essaie pour vrai et si ça ne marche pas, on arrête.» On a essayé, on a fait beaucoup de thérapies ensemble, de cheminement. Il y a eu des heures de discussions à vouloir se comprendre, s’entendre et s’écouter. Ç’a été des hauts et des très bas, on s’est séparés plusieurs fois. Aujourd’hui, on est un couple très soudé.

Photo : Valerie Blum / Echos Ve

Tu as d’abord appris à connaître la femme, et maintenant tu apprends à connaître la mère?

C’est une mère formidable, elle pense à tout. Moi, je ne pense à rien, je ne sais pas si c’est commun à tous les hommes. Acheter des souliers d’automne, les repas, je ne pense pas à ça dans la vie. Heureusement qu’elle est là! Je suis impressionné et en admiration devant sa capacité à être maman, contrairement à moi qui suis un suiveux.

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Considères-tu que tu es un bon père?

Je ne sais pas... Mais c’est important pour moi d’être là pour elles, moi qui n’ai pas eu de papa. En fait très peu, il est parti quand j’étais très jeune, et j’ai compris l’importance du manque de mon père. Ça a fait un trou immense, j’avais 8 ans, et j’ai mis 30 ans à guérir. Ça m’a apporté beaucoup de beau, la mort de mon père, et beaucoup de pas beau qu’il a fallu que je travaille en thérapie pendant 10 ans. Voir son père mourir, c’est un choc. Avoir une mère présente et si bonne m’a sauvé.

C’est terrible... Ton père est-il mort devant toi?

Oui, et c’est tellement traumatisant, tellement puissant de voir son père mourir d’une crise cardiaque sous ses yeux quand on a huit ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Heureusement que j’ai découvert la thérapie et que j’ai pris ce chemin-là. Aujourd’hui, grâce à ça, je suis devenu le père que j’aurais voulu avoir: présent physiquement et surtout émotionnellement. J’ai été longtemps présent dans ma vie physiquement, mais pas émotionnellement. J’étais ailleurs, je voulais réussir. À présent, je suis beaucoup plus là pour mes filles, c’est un cadeau que mon père m’a fait en mourant. La vie a été bonne avec moi. 

On s’informe sur son nouveau spectacle au jeremydemay.ca.

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