Jérémy Demay parle de la dépression et donne des outils pour s’en sortir | 7 Jours
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Jérémy Demay parle de la dépression et donne des outils pour s’en sortir

Image principale de l'article Des outils pour se sortir de la dépression

Jérémy Demay a connu sa traversée du désert à 26 ans, quand une dépression l’a frappé de plein fouet. En quête d’une solution pour aller mieux, l’humoriste a cherché et découvert plusieurs outils qu’il a eu envie de partager avec le grand public dans le cadre du programme VIVANT. Toutes ces avenues reconnues ont fait de lui un meilleur homme, un meilleur amoureux et un meilleur père.

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Jérémy, expliquez-nous ce qu'est le programme VIVANT, auquel vous conviez le grand public à participer.
C’est un programme Web étalé sur 10 semaines. Ça faisait des années que j’avais envie de le mettre sur pied. Il y a quelques mois, j’ai lancé l’idée à Chantal Lacroix, qui propose déjà des programmes en ligne. Nous avons créé VIVANT. L’écrivain Oscar Wilde disait que peu de gens vivent, que la plupart ne font qu’exister. Ça m’a rentré dedans! J’ai réalisé que j’avais passé la majeure partie de ma vie à simplement exister.

Programmevivant.com



Ç’a été le début de votre réflexion...
Je me suis demandé ce que c’était, être vivant. Ce programme rassemble les outils qui m’ont permis d’atteindre un plus grand bonheur. On n’a aucun contrôle sur l’extérieur, mais on en a sur nous. Dans une période aussi incertaine, il est plus que jamais temps d’investir sur soi. Grâce à ces outils, je suis convaincu que les gens pourront accéder à une existence plus abondante et plus douce. J’en suis la preuve.

Diriez-vous qu’avoir fait une dépression vous a forcé à trouver les meilleurs outils pour parvenir au bonheur?
Il y a d’abord eu la mort de mon père, quand j’avais 8 ans. Puis, à 26 ans, la dépression m’a réveillé et m’a fait comprendre qu’il fallait que j’aille à ma rencontre. Ç’a été un déclencheur. Douze ans plus tard, je me passionne pour les outils qui permettent d’adoucir notre vie. Je continue à expérimenter, à m’ouvrir à plein de choses et cela contribue à enrichir ma vie qui, avant, était vraiment une vie de merde, tandis qu’aujourd’hui, elle est vraiment merveilleuse!

Pourquoi vous en êtes-vous sorti, à votre avis?
Je crois que c’est la résilience. Je pouvais soit prendre des antidépresseurs ou trouver un chemin que je ne connaissais pas. J’ai été résilient et je me suis créé une autre voie pour avoir une existence heureuse. Elle est belle, la vie. Je me suis donné une vie que j’adore, mais je me suis d’abord demandé ce que je voulais dans chaque domaine, car sans but, il n’y a pas de direction. J’avais le rêve de divertir les gens. Il a été exaucé.

Souhaitiez-vous aussi avoir une famille un jour?
Je savais que je voulais des enfants, mais je n’avais pas la «poussée» d’en faire. Que ce soit écrire un livre, monter un programme ou faire un bébé, j’appelle ça des poussées de vie. J’ai grandi dans une famille nombreuse, j’avais envie de reproduire ça, mais je ne sentais pas que c’était le moment. J’ai eu envie de penser à moi et à ma carrière avant de devenir père, par peur ou par égocentrisme, je présume. Il y a deux ou trois ans, ma blonde, Marie, et moi, nous nous sommes dit que c’était le moment et nous nous sommes mis au travail... (rires)

Qu’est-ce que la paternité a le plus changé pour vous?
Je dors moins! Je pense moins juste à moi. Je désire devenir une sorte de modèle, et par là, je ne veux pas dire être parfait. Si j’ai besoin de pleurer devant mon enfant, je vais le faire. Si j’ai besoin d’exprimer de la frustration, de la peur, je vais le dire. J’ai envie d’être plus vulnérable et authentique. On nous a appris à être de bonnes personnes, mais on a le droit d’avoir peur, d’avoir mal... J’ai des côtés moins beaux, mais ils font partie de l’humain que je suis. J’ai appris à les accepter, et c’est important que j’apprenne ça à ma fille.

Collection personnelle

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Avez-vous eu un beau modèle de père?
J’ai eu un papa qui travaillait beaucoup, qui était assez stressé et préoccupé par l’argent et la peur d’en manquer. J’ai peu de souvenirs de lui, je n’ai pas l’impression d’avoir eu un père très présent. Ça n’empêche pas la déchirure que j’ai de l’avoir perdu. Cela étant dit, il était parfait tel qu’il était, car vu qu’il a fait un infarctus, qu’il ne prenait pas soin de sa santé, ça m’a amené à prendre soin de la mienne. Je ne pourrai jamais reprocher à mes parents d’avoir été ce qu’ils ont été et d’avoir fait ce qu’ils ont fait, car cela a fait ce que je suis.

Est-ce que ça vous motive à être un meilleur parent pour votre fille, Loa?
Ça me donne envie d’être le meilleur papa possible, c’est-à-dire un père aimant, présent, et surtout qui ne ment pas. Je veux être sincère avec elle, lui montrer un père qui est aussi fort que faible. Je désire lui montrer que son père est un simple être humain. Je pense qu’elle a autant à m’apprendre que j’ai à lui apprendre. Avec mon rôle de parent, j’ai à mettre des limites, mais je ne suis pas au-dessus. J’aimerais vivre avec Loa ce que je n’ai jamais vécu avec mon père.

Bébé a-t-il contribué à rapprocher davantage ses parents, à les souder?
Nous sommes liés, engagés. Avant, j’avais très peur de l’engagement. J’étais terrifié, probablement parce que j’ai vu mon père mourir et qu’inconsciemment je m’étais dit que je ne voulais pas faire vivre ça à des gens, être un homme qui abandonne les siens en mourant. Cette enfant-là, pour moi, c’est la plus grande preuve d’engagement. Ça me permet de guérir cette blessure. Je trouve ça beau. On peut autant apprendre aux enfants qu’ils nous apprennent. 

Comment est-elle, votre petite Loa?
Elle a 10 mois. Elle est souriante, gentille, elle demande de la présence. Elle est adorable! Nous avons beaucoup de plaisir ensemble. Avoir un bébé en santé, c’est un grand privilège. Je me sens très reconnaissant...

Votre bébé vous fait-il vous sentir plus vivant que jamais?
Oui, c’est le cas. Donner la vie me fait sentir vivant... 

Le programme VIVANT débutera le 1er février. Vingt intervenants et personnalités de toutes sortes partageront leurs meilleurs outils, dont Jean-François Ménard, le coach mental de Laurent Duvernay-Tardif, et Messmer, qui abordera la visualisation. On s’inscrit avant le 25 janvier en visitant programmevivant.com. On peut s’informer sur les activités de Jérémy au jeremydemay.com ou sur sa page Facebook. Ses livres sont en vente.

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