Après 5 ans de mariage, Patrick Norman est toujours follement amoureux | 7 Jours
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Après 5 ans de mariage, Patrick Norman est toujours follement amoureux

Image principale de l'article Patrick Norman est toujours follement amoureux
Marie Poupart

Patrick Norman vit sa plus grande histoire d’amour avec sa belle Nathalie Lord, une chanteuse, parolière et musicienne talentueuse. Pourtant, en 2013, celui qui est l’un des grands chanteurs country du Québec a presque failli «laisser passer la chance d’être aimé», pour reprendre les paroles de sa célèbre chanson Quand on est en amour. Effectivement, après avoir vécu de nombreuses années en couple, il était célibataire et souhaitait savourer cet état. Mais son cœur a parlé.

Aujourd’hui, à 75 ans, alors que la plupart des gens de cet âge ont mis une croix sur le grand amour, le chanteur qui a plus de 50 ans de carrière vit un bonheur inespéré avec Nathalie, dont il dit qu’elle est une femme extraordinaire. D’ailleurs, le couple partage sur les réseaux sociaux la passion qui l’unit. Un attachement palpable, sincère et très inspirant. Nous avons retrouvé Patrick en Floride — son premier voyage en deux ans — où il présentera son spectacle au Thunderbird, à Sunny Isles. Il en a profité pour nous rencontrer sur une plage magnifique de Lake Worth Beach et il nous a fait ses confidences d’homme amoureux.

Marie Poupart


 

Patrick, la Floride est-elle un endroit que vous affectionnez particulièrement?
Tout à fait! D’autant plus que mon premier voyage à vie, je l’ai fait en Floride. L’endroit me plaît beaucoup, car on n’y est pas trop dépaysé. Et comme il y a de nombreux snowbirds ici, je retrouve plusieurs de mes amis quand j’y séjourne.      

Manifestement, vous adorez les destinations ensoleillées, puisque vous avez choisi, en 2017, de célébrer votre mariage avec Nathalie Lord sur une plage des Bahamas.
Il n’y a rien de plus beau que de célébrer un mariage sur la plage; je le souhaite à tout le monde! Dans notre cas, ç’a été tellement magnifique que Nathalie et moi en parlons encore. D’ailleurs, depuis — je vous en ai parlé à quelques reprises —, je demande à Nathalie de m’épouser tous les jours et de façon très sincère. Je le fais spontanément, peu importe le moment de la journée, lorsque l’occasion s’y prête. Je la regarde et je lui dis: «Mon Dieu que je t’aime! Voudrais-tu m’épouser encore?»

Est-ce vrai que c’était la première fois que vous aviez vraiment envie d’épouser une femme?
C’était la première fois que je ressentais un tel désir, qui venait réellement de moi. Après avoir rencontré Nathalie, j’avais vraiment envie de l’épouser, au point où je ne me reconnaissais plus. Pendant des mois, je n’en ai pas parlé, jusqu’au jour où je me suis confié à un ami. Il m’a dit: «Vas-y! Nathalie est un ange!» Quand j’ai rencontré Nathalie, je savais que j’avais devant moi la femme de ma vie. Jamais je ne l’ai regretté. À 75 ans, je suis l’homme le plus heureux du monde! (Il avait fait sa grande demande en direct à l’émission Sucré salé.)

Courtoisie



En raison de la pandémie, vous avez dû reporter plusieurs spectacles de votre tournée d’adieu Si on y allait, mais vous avez tout de même réussi à garder un lien très étroit avec le public grâce aux réseaux sociaux...
Nous avons décidé, Nathalie et moi, de partager notre bonheur avec le public. J’aime les gens et j’aime penser que je fais une petite différence dans leur vie. Ma plus grande récompense est de savoir que je peux leur apporter un peu de lumière. 

Ce qu’on retient en vous regardant ensemble, c’est à quel point vous êtes bien à la maison, dans votre vie de tous les jours...
Tout ça grâce, évidemment, à Nathalie. C’est la première fois que j’ai une conjointe qui se passionne pour la musique, qui a du talent, qui chante bien et qui, en plus, sait jouer de la guitare. Ses talents m’impressionnent. C’est très agréable de jouer de la musique avec elle. She’s got the groove!  

La musique est omniprésente à la maison.
Elle est très importante dans notre vie. C’est ce qui nous a unis. En plus de notre amour, la musique est une passion que nous avons beaucoup de plaisir à partager. Nathalie compose et écrit. Nous avons d’ailleurs une nouvelle chanson que nous devrions lancer l’été prochain. Autrement, il y a des guitares qui traînent à la maison. Bref, j’aime dire que je suis toujours prêt à faire feu! Pendant nos spectacles, on a un plaisir fou à jouer ensemble, et les gens le ressentent. Je trouve ça tripant d’être sur scène avec elle. (En plus de s’être adonnée à sa passion pour la musique, Nathalie Lord a longtemps été copropriétaire d’un salon d’esthétique avec Johanne Dubois, la conjointe de Paul Daraîche.)

Votre amour est très palpable jusque sur les réseaux sociaux!
C’est parce que c’est vrai. C’est ce qui explique que les gens l’acceptent si facilement! Quand l’amour est véritable, il se communique très facilement. Les gens de mon âge croient souvent qu’il n’est plus possible de vivre un amour aussi complice avec quelqu’un. Dans mon cas, c’était un bonheur inespéré. Jamais je n’aurais cru avoir cette chance un jour... Et pourtant, ça m’est arrivé! Je me trouve tellement privilégié!      

Andréanne Lemire/Agence QMI

Vous avez eu un coup de foudre quand vous l’avez rencontrée pour la première fois, en 2013, mais vous avez hésité avant de lui ouvrir votre cœur... (Ils se sont rencontrés à l’occasion de la remise d’un disque de platine à Paul Daraîche.)
C’est vrai. Je la trouvais magnifique, mais je n’avais pas envie d’être en couple. Je venais de sortir d’une longue relation de 25 ans et je découvrais que j’aimais vivre seul et qu’en fait je voulais le demeurer. Mais la vie en a décidé autrement. Nous n’avons rien précipité, les choses se sont faites en douceur, et notre relation a finalement débuté pour notre plus grand bonheur. 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Avez-vous parfois des différends?
Sincèrement, j’ai beau chercher, je n’en vois pas. Je n’ai pas de problèmes avec Nathalie. C’est une femme sans faille, qui reste toujours calme. Je suis vraiment comblé d’être avec une femme qui prend toujours les choses du bon côté et qui ne monte pas sur ses grands chevaux. Je suis plutôt l’exubérant du couple; et Nathalie sait toujours comment tempérer les choses, alors elle est parfaite pour moi. 

Qu’est-ce qu’elle vous apporte surtout?
Elle m’apporte l’amour et me fait me sentir comme si j’étais le roi du monde. On se répète toujours qu’on est bien ensemble, que ça ne se peut pas! Il y a tellement de gens qui se cassent la tête en oubliant de profiter des bonheurs simples de la vie à deux. Le confinement a eu raison de bien des couples, mais dans notre cas, il a renforcé notre relation. Je suis fier d’avoir une femme comme elle dans ma vie.

Vous avez 22 ans de différence. Est-ce que cela vous inquiète parfois? (Patrick a 75 ans et Nathalie, 53 ans.)
Je mentirais si je disais que ça ne me dérange pas... À mon âge, je n’ai plus l’énergie que j’avais et plus on vieillit, plus le temps file à vive allure. À 20 ans, quand on prend 5 ans de plus, ça n’a pas le même impact qu’à 75 ou 80 ans; ça veut dire beaucoup! À mon âge, je dois accepter de faire certains deuils, mais je continue d’être heureux! Cette femme qui est à mes côtés est comme un roc qui me soutient et elle prendra soin de moi, si c’est le cas, jusqu’à la toute fin. Et si jamais c’est le contraire, je serai là évidemment pour Nathalie.      

Et qu’est-ce que Nathalie pense de cette différence d’âge?
Elle me dit de ne pas m’en faire et que, même si je réalise qu’il m’en reste pas mal moins, c’est là, maintenant, qu’il faut être heureux. Que ça viendra quand ça viendra. Nathalie sait très bien relativiser les choses. Elle est extraordinaire! Et, bien humblement, je vais me donner un peu de crédit — chose que je fais rarement —, je crois qu’elle est encore plus belle depuis qu’elle m’a rencontré. Quant à moi, je dirais que je me trouve pas pire depuis que je suis avec elle. Je ne me suis jamais trouvé beau, je n’ai jamais été mon plus grand admirateur, mais Nathalie me fait m’aimer.      

Marie Poupart

Êtes-vous un homme complexé?
Tout à fait. Et ça doit venir de mon enfance. À l’école, j’étais toujours le souffre-douleur de la classe. J’ai été victime de moqueries, et ça me faisait mal... J’ai eu les yeux croches jusqu’à l’âge de 12 ans. Ma mère m’a fait opérer, mais il était trop tard, le mal était fait. En plus, quand j’étais petit, je portais des lunettes. Alors à l’école, on m’appelait Barniques. Et comme je ne voulais pas les porter de peur des moqueries, je plissais des yeux pour regarder au tableau, ce qui me valait d’autres sobriquets. Je me faisais vraiment traiter de tous les noms, et les enfants ne lâchaient pas prise. Ça m’a énormément affecté et peiné.      

Vous semblez en avoir beaucoup souffert...
C’est toujours resté en moi. Quand on n’a pas d’estime de soi, on se fie toujours à l’opinion des autres, qui devient plus importante que la nôtre, alors on est constamment sur la défensive. Longtemps, je me suis senti différent. Une chance que j’avais ma guitare, qui est devenue en quelque sorte mon armure! Elle m’a permis de m’extérioriser et d’évacuer mon trop-plein. Je dis souvent que la guitare et la musique m’ont sauvé. 

Vous formez une grande famille avec vos deux filles, vos six petits-enfants et votre arrière-petit-fils, né en janvier. Est-ce qu’il y a des talents musicaux dans la famille? (Sa fille Isabel a 53 ans, et sa fille Debbie, 47 ans. Ses six petits-enfants ont de 9 à 33 ans.)
Mes deux filles ne font pas de la musique pour vivre, mais elles ont beaucoup de talent. Aujourd’hui, ma plus jeune, Debbie, forme le duo La belle tourmente avec son chum, Guy Duggan Fournier. Quant à ma fille Isabel, elle compose. D’ailleurs, elle a composé plusieurs chansons que j’ai enregistrées, dont une qui s’intitule Tout simplement.

Considérez-vous avoir été un père présent?
J’ai eu une discussion à ce propos avec mes filles... Personnellement, je n’avais pas l’impression d’avoir été un bon père. Toutefois, si vous saviez tout le bien qu’elles disent de moi! Alors, je me suis dit que je n’y comprenais plus rien... Ma fille Debbie, dont la plume est formidable, m’a écrit de belles lettres, dont l’une s’intitule Tes vertus. Dans cette lettre, elle a écrit tellement de belles choses sur moi... (Il pleure, puis reprend le fil de la conversation.) Je ne pleure pas de tristesse... Je réalise à quel point l’amour me vient de partout! Il est temps que je m’en aperçoive, que je le réalise et que je le croie. J’ai envie de me dire: «Il est temps que tu te réveilles, mon chum!» J’ai toujours eu de la difficulté à m’aimer, alors il est difficile pour moi d’accepter que les autres m’aiment. 

Dernièrement, les Québécois ont perdu Renée Martel et Michel Louvain, que vous aimiez beaucoup. Comment leur départ vous a-t-il affecté?
Quand on perd quelqu’un qu’on aime, ça nous ramène à notre propre mortalité. On a beaucoup de peine, mais on sait que c’est inévitable. La mort me fait aussi penser au départ de ma mère, en avril 2020. J’ai trouvé les derniers mois de sa vie pénibles. Je crois qu’elle aurait dû partir avant. Mais c’était sa décision, elle s’accrochait à la vie. À mon sens, quand tu es étendu sur un lit et qu’il n’y a plus rien à faire, ça n’a pas besoin de durer des années. Je refuse qu’on s’acharne à garder quelqu’un en vie. Je ne voudrais jamais vivre ça. Je suis pour l’aide médicale à mourir. 

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Voir votre mère vivre ses derniers mois a été particulièrement difficile...
En raison de la pandémie, seuls ma sœur et moi avions le droit de la visiter à l’hôpital. Elle était confinée à sa chambre. Elle disait: «C’est comme une prison ici.» Elle avait de la peine. Ma sœur et moi ne pouvions rien faire. Quand nous l’avons amenée aux soins palliatifs au Sercan, à Saint-Eustache, elle allait beaucoup mieux, mais nous savions tous que c’était la fin. J’ai trouvé l’expérience très pénible. Je me suis promis que, dans la mesure du possible, ça ne m’arriverait pas. J’ai donc décidé d’entreprendre des rénovations importantes dans ma maison. 

Pour que vous soyez le mieux possible chez vous?
Oui. Je souhaite terminer mes jours, si possible, chez moi. Ce n’est pas donné à tout le monde, tout dépend de notre état de santé, mais c’est ce que je préférerais. Et comme j’entreprends ma tournée d’adieu (par la suite, il continuera de donner des spectacles sporadiquement), je serai davantage à la maison; c’est pour ça aussi que je fais des rénovations. J’ai envie d’en profiter au maximum. 

Quels autres projets avez-vous pour votre retraite, à part vos rénovations?
J’ai le goût de voyager, de visiter à nouveau l’Europe. Et je veux surtout le faire avant d’avoir à me déplacer à l’aide d’une marchette. Sinon, je veux continuer à vivre et à être heureux. C’est déjà beau! 

Votre biographie, Patrick, Yvon et vous, publiée aux éditions Un monde différent, connaît un grand succès. Que feriez-vous de différent aujourd’hui?
Rien, je ne regrette rien. Tous les détours et les obstacles de ma vie m’ont mené où je suis aujourd’hui. Et jamais, jamais je ne changerais ma place avec qui que ce soit aujourd’hui!

Que souhaitez-vous que votre famille retienne de vous?
Que j’étais heureux et que j’ai fait ce que j’aimais. 

Que souhaitez-vous que Nathalie retienne de vous?
Que je l’ai aimée par-dessus tout et que j’ai tenu parole jusqu’à la fin.

Que souhaitez-vous que le public retienne de vous?
Que j’ai donné le meilleur de ce que j’avais, que j’ai toujours eu une grande satisfaction à faire une différence, si minime soit-elle, dans la vie des gens. 

Son album Si on y allait est en vente partout.
Sa tournée d’adieu se poursuit: visitez le site patricknorman.ca pour connaître toutes les dates.

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