Marc Fournier s'ouvre sur le succès surprise de son personnage dans District 31 | 7 Jours
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Marc Fournier s'ouvre sur le succès surprise de son personnage dans District 31

Image principale de l'article Le succès surprise de son personnage
Photo : Patrick Seguin

Depuis qu’il incarne le policier Yves Jacob dans District 31, Marc Fournier est sorti de l’anonymat et a vu sa cote de popularité grimper en flèche auprès des téléspectateurs. Un succès pleinement apprécié par le comédien, qu’on peut aussi voir dans Le bonheur et Lac-Noir.

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Marc, on peut dire que ton rôle dans District 31 a vraiment bouleversé ta vie...
C’est effectivement assez fou depuis l’automne dernier. J’ai eu le bonheur de le bâtir à travers les saisons de District 31, parce que je suis là depuis le début, en 2016. J’ai pu m’acclimater au fait de vivre sous le regard du public parce que ça fait une bonne quinzaine d’années que je fais ce métier, mais je n’avais pas de rôles réguliers dans des émissions. Je faisais un film ici et là, trois ou quatre épisodes dans plusieurs séries, donc les gens n’étaient pas habitués à me voir dans une quotidienne. Mais là, tous les soirs, mon visage est dans leur télé. L’an dernier, j’ai eu le bonheur de faire partie des personnages réguliers de la série et j’adore ça. C’est un défi sur les plans tant personnel que professionnel. J’ai de plus en plus de beaux défis à relever au fur et à mesure que l’émission avance, et ça m’apporte beaucoup de satisfaction.      

À quel moment as-tu su que ton personnage allait devenir un membre de la gang du district 31?
Honnêtement, je ne m’y attendais pas du tout. En 2020, il y avait apparemment beaucoup de messages sur les réseaux sociaux qui disaient: «Pourquoi Jacob n’est pas dans la gang?» Dans la série, mon personnage est même venu faire ses adieux parce qu’il s’en allait travailler au Bureau des enquêtes indépendantes. Un jour, j’avais entendu Luc (Dionne) dire en entrevue: «Jacob ne sera jamais au 31, j’aime trop l’avoir en périphérie pour faire suer le monde.» Ça me plaisait aussi que ce personnage n’appartienne à personne, qu’il soit un genre de cow-boy solitaire. Je pense que, finalement, il y a eu un concours de circonstances qui a joué en faveur de ce rôle. Michel Charette partait pour un petit bout et Luc cherchait quelqu’un qui puisse remplacer son temps d’antenne. À un moment donné, j’étais chez mon beau-père en train de travailler des tables en bois, parce qu’on a une petite shop à bois en Mauricie, et Luc m’a dit: «Ton beau-père te laisserait-tu ton automne tranquille? J’aurais besoin de toi...» C’est sûr que j’ai sauté dans le projet à pieds joints. Je ne savais pas comment ça allait se développer, on sait seulement quelques semaines d’avance ce qui va se passer avec notre personnage. Moi, je prends chaque semaine comme un énorme cadeau et j’en profite.

C’est particulier, parce que les téléspectateurs ont changé d’opinion face à ton personnage, n’est-ce pas?
Oui, au début, Yves Jacob était destiné à être un mal-aimé, mais on ne peut pas aborder notre personnage en le détestant nous-même. Au départ, j’essayais de lui trouver des motivations pour ce qu’il faisait, une certaine humanité, quelque chose qui expliquait son rapport avec les autres. Je pense que, même si c’était tout petit, j’ai réussi à planter une graine de compréhension chez les téléspectateurs. Ça faisait en sorte qu’ils le détestaient, mais sentaient qu’il n’était pas un pourri. On répétait souvent que ce n’était pas personnel, qu’il faisait sa job; je suppose qu’on avait réussi à implanter ça. Il y a beaucoup de génie dans l’écriture de Luc Dionne, il a réussi à placer ces phrases dans des situations qui ont permis au public de changer son point de vue. Au départ, Yves Jacob n’appartenait à aucune gang et [Luc] a réussi à tranquillement le faire connaître. Il a aidé Bruno dans certaines situations, Daniel dans d’autres. Avec le génie de Luc et un peu de sensibilité de ma part, on a voulu en faire quelqu’un d’humain.

La popularité du personnage et de la série a-t-elle changé beaucoup de choses pour toi?
Évidemment, il y a beaucoup de choses auxquelles je dois m’habituer. Par exemple, ne plus être anonyme quand je vais à l’épicerie ou à la pharmacie. (rires) Je vis bien avec ça, je trouve le monde gentil, au Québec. Les gens aiment la série et les personnages de District 31, ils passent quatre jours par semaine avec nous dans leur salon et ils savent bien nous le rendre. Il y a aussi eu une adaptation à faire sur le plan de la famille, mais c’est vraiment le métier que j’aime. Je ne voulais pas faire ce métier pour devenir quelqu’un de connu, mais avant tout pour défendre des personnages. Le succès d’une série ou la popularité d’un personnage vient avec tout ça, et c’est le public qui nous rend le plaisir de nous voir à la télé. 

L’époque où tes enfants se faisaient demander par leurs amis dans quelle série jouait leur père, c’est fini?
Oui! (rires) En effet, les gens le savent. Ma fille a déjà joué à la télé lorsqu’elle était plus jeune et ma femme était réalisatrice. Elle s’est réorientée en ayant son studio de yoga, à Longueuil, qui fonctionne très bien. J’ai aussi beaucoup d’amis musiciens, donc mon métier n’a jamais été quelque chose qui impressionnait mes enfants.      

Photo : Patrick Seguin


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On le sait, l’horaire de travail sur District 31 n’est pas de tout repos. T’y es-tu habitué?
Ça m’a pris du temps, parce qu’avant, j’étais vraiment un nocturne, je me couchais à minuit ou une heure du matin. J’avais l’habitude de lire, de jouer de la musique (il est guitariste) jusque tard le soir. Quand j’ai appris que j’entrais dans ce beat-là, j’ai décidé qu’il fallait que je sois discipliné, que je me lève une heure et demie avant de quitter la maison pour avoir le temps de faire mon jogging, promener le chien et faire du yoga. Ce sont de grosses journées, mais quand on fait ce qu’on aime, on ne compte pas les heures. Moi, je suis debout à 4 h et de retour à la maison à 18 h 30 ou 19 h. J’aide un peu les enfants dans leurs devoirs, puis on se colle et on va faire dodo à 20 h 30. Mes journées ressemblent à peu près à ça. 

Ce rôle a-t-il entraîné des retombées professionnelles pour toi?
Il doit y avoir un petit lien, parce que je joue dans Le bonheur — encore avec la merveilleuse équipe d’Aetios! Par contre, j’avais passé des auditions pour jouer ce rôle, ce n’est pas un cadeau qui m’a été fait. J’ai une carrière tardive comme acteur: mon premier rêve était d’être comédien et je me suis lancé à l’âge de 30 ans, après avoir fait des études de droit et de la musique professionnellement. Lorsque les gens te voient à la télévision, ils pensent un peu plus à toi et ils voient aussi ce que tu es capable de faire. Il y a tellement d’acteurs et d’actrices de talent au Québec, ce n’est pas ça qui manque! Je pense juste que j’ai fait preuve de persévérance durant toutes ces années-là.

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Finalement, ta décision de te lancer à temps plein dans ton métier de comédien a été profitable?
On va se croiser les doigts et toucher du bois! Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai vraiment travaillé fort au cours des dernières années. Quand j’arrivais sur District 31, même pour une seule scène, j’étais très préparé. Je me suis toujours arrangé pour avoir une bonne réputation sur les plateaux. Pour moi, c’est important d’être à l’heure, de savoir son texte et d’être là pour les bonnes raisons. Dernièrement, j’ai appris à jouer avec les réseaux sociaux, j’ai compris que le monde veut suivre ce qui se passe avec moi. Je suppose que le fait que mon rôle ait pris de l’envergure a permis que toutes les pièces du puzzle se mettent ensemble. Pour combien de temps? On ne sait jamais non plus, mais j’espère que ça va être pour un bout intéressant. 

District 31, du lundi au jeudi 19 h, à Radio-Canada.
Le bonheur, mercredi 21 h 30, à TVA.
L’effet secondaire, vendredi 17 h, à Radio-Canada.
Lac-Noir est offerte en exclusivité sur Club illico.

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