Denis Bouchard est dans un tournant très important de sa vie | 7 Jours
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Denis Bouchard est dans un tournant très important de sa vie

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Photo : Sébastien Sauvage / Les

En ralentissant la cadence dans le contexte de la pandémie, Denis Bouchard a constaté qu’il était temps qu’il s’arrête. Cette période l’a incité à réfléchir sur sa vie et à en remettre en question plusieurs aspects. Avec sa blonde, il s’est installé en Estrie, où il a renoué avec la nature et ses bienfaits, une décision qu’il se félicite d’avoir prise, se sentant en harmonie avec son nouveau rythme de vie.

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Denis, on peut vous voir dans plusieurs séries en cette rentrée automnale.
Je suis dans District 31. Luc Dionne m’a écrit un beau personnage de policier retraité. C’est un pince-sans-rire qui reprend du service pour donner un coup de main. Je suis aussi de Discussions avec mes parents, qui est toujours un bonheur à jouer. On me verra aussi dans Audrey est revenue, sur illico. C’est l’histoire d’une fille qui a été dans le coma pendant une dizaine d’années et qui en sort. Elle n’est plus dans le même monde, ses parents ne sont plus ensemble. C’est une série magnifique! 

Photo : Patrick Seguin / TVA Pub


Et qu’en est-il de votre pièce Le dernier sacrement?
Nous avions le vent dans les voiles en 2019. Nous avons remporté la bourse Rideau pour la meilleure pièce présentée en province. Nous étions très excités et émus. La pièce a eu une deuxième vie, j’avais des supplémentaires qui ont été reportées et reportées. Je me suis tanné et j’ai tout reporté à 2022. C’est bien, car ça me permet de faire District 31. La pièce a été traduite en anglais. Elle doit aussi être présentée à Paris avec des acteurs français. Il est également question de tournée pancanadienne. 

En temps de covid, une pièce sur la mort vous semble-t-elle plus pertinente que jamais?
Oui. J’ai craint qu’elle devienne obsolète, puis j’ai réalisé que c’était tout le contraire! Les questions sur le fait de mourir dignement et mourir à la maison se posent encore plus aujourd’hui. Avec tout ce qu’on a vu dans les CHSLD et compte tenu de la qualité des soins de santé, cette pièce est plus d’actualité que jamais.

Photo : Sébastien Sauvage / Les

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Comment avez-vous traversé la dernière année et demie?
Je suis obligé de dire que la covid a été un tournant. Pendant un an et demi, je n’ai presque pas travaillé. J’ai pu prendre soin de moi, m’occuper de ma maison qui avait besoin d’amour après toutes ces années, vendre mon appartement à Montréal. Je vis à présent en Estrie, et pour de bon. On ne quitte pas une ville où on a vécu pendant 50 ans du jour au lendemain! J’avais beaucoup de choses à donner. Ç’a été l’occasion de réfléchir à ce que je voulais garder.

Cette rupture de rythme a-t-elle été difficile?
Oui, parce que j’étais habitué à ce rythme. J’ai recommencé à jouer au golf, au tennis avec ma blonde. J’en ai profité pour faire tout ce que je n’aurais pas fait normalement. Je ne reviendrais pas en arrière. J’y ai pris goût. Et il était temps que j’arrête; mon corps me le disait, mais je ne l’écoutais pas. J’ai été obligé de l’écouter. Ç’a été un moment important dans ma vie. Ça ne m’était jamais arrivé depuis 40 ans. Je veux me garder en santé, voir passer le temps. Mon corps, ce n’est plus une jeune machine, il faut y faire attention, ce que je n’ai pas fait avant.

C’est une chance de faire ce changement avant qu’il y ait un signal d’alarme...
Oui, c’est vrai, mais il était quand même minuit moins une pour moi... Avant que ça empire, je devais prendre soin de moi. Je ne travaillerai plus comme avant. Ça, c’est fini. Il n’y a pas que le travail dans la vie. J’en suis là. Je veux passer du temps avec ma blonde, voir les choses autrement. La seule chose qui me manque, c’est de pouvoir voyager. 

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Vivre en Estrie vous sied-il bien?
Oui, ça fait quand même 30 ans que j’ai cette maison. Quand la covid a commencé, en mars 2020, je me suis installé là-bas. Je n’avais aucune raison de rester en ville. Montréal sans culture, sans restaurants, c’est un endroit sans intérêt. J’ai pris goût à l’Estrie. Il y a beaucoup de choses à faire. J’ai un grand terrain, une vieille érablière et une vieille écurie qui était en train de tomber. Je l’ai rénovée avec ma blonde. Honnêtement, quand je viens à Montréal, je ne me sens plus montréalais.

Et votre fils, que devient-il?
Léo a 19 ans. Venir vivre à la campagne ne l’intéressait pas. Il est allé habiter à temps plein chez sa mère, avec sa sœur, et je le comprends. Tout est à Montréal pour lui.

Qu’avez-vous retenu de cette période étrange collectivement?
Je pense que les choses ne seront plus jamais pareilles, surtout pour les gens un peu plus vieux, comme moi. Le système de santé ne s’en remettra pas avant 50 ans! Il ne faut pas s’attendre à avoir des soins de santé adéquats. Les opérations ont pris des années de retard. Ce n’est pas le temps de tomber malade. Face à ce constat, il faut s’organiser pour rester en santé. Ce sont les grandes leçons que j’ai tirées: restons en santé et devenons autonomes. Cela vient du désir de me rendre la vie plus facile et d’effectuer un certain renoncement volontaire.

Suivez District 31 du lundi au jeudi à 19 h, à Radio-Canada. Denis joue dans Discussions avec mes parents, le lundi à 19 h 30, à Radio-Canada. On pourra voir Audrey est revenue dès le 18 novembre sur Club illico.


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