Denis Bouchard s’ouvre sur sa relation amoureuse | 7 Jours
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Denis Bouchard s’ouvre sur sa relation amoureuse

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Daniel Daignault

C’est à sa maison centenaire, qu’il habite presque en permanence en Estrie, que nous avons rencontré Denis Bouchard. Sur son vaste terrain près de son lac, le comédien, auteur et metteur en scène a passé les derniers mois à préparer une série de spectacles, à travailler sur sa propriété et à profiter des largesses de la terre nourricière.

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Denis, au printemps vous présentiez Le dernier sacrement. Comme bien d'autres artistes, vous avez dû vous mettre sur pause...

En effet. On a remporté le prix Rideau de la tournée québécoise 2019 pour cette pièce, un honneur prestigieux, et ça lui a donné un second souffle. Au printemps, beaucoup de shows étaient prévus et, bien sûr, tout a été annulé. Ç’a d’abord été reporté à cet automne, puis en 2021. Je me retrouve presque avec une année sabbatique malgré moi. Or il y a un événement qui a été mis sur pied, Là maintenant, et on m’a offert d’aller lire une pièce devant un nombre réduit de spectateurs. Je leur ai dit que j’allais y penser... Après tout, un acteur, il faut que ça acte! Et passer six mois sans jouer avant de reprendre Le dernier sacrement... C’est une pièce tough. Tout seul sur scène dans un lit, ce n’est pas simple.

Vous avez accepté?
Des amis m’ont dit que je devrais relire ma pièce Bang!. C’est un texte prémonitoire, finalement: le gars est seul dans son condo, confiné, et il sort un soir, et c’est là que le trouble pogne! Je me disais qu’en effet, j’avais juste à mettre covid et confinement quelques fois dans le texte et c’était totalement d’actualité, mais je l’ai réécrite au complet, en deux mois, et j’ai ajouté des personnages. Quand je l’ai créée il y a 15 ans, Skype en était à ses débuts, et les gens se disaient: «Comment il fait pour parler avec des gens sur son ordinateur et les voir?» Moi, j’utilisais beaucoup Skype quand je travaillais avec les Russes et les Français. En Europe, c’était populaire. Par le temps qu’on finisse la pièce, après deux ans et demi, Skype était connu, et le public comprenait le principe. 

Il s’agit donc de la version 2.0 de Bang!?
Oui. Aussi, il y a 15 ans, les réseaux sociaux n’étaient pas aussi puissants. Instagram n’existait pas, Facebook débutait. Aujourd’hui, tu peux détruire la réputation de quelqu’un instantanément avec une fausse nouvelle. Bang! est donc une comédie à la base, mais c’est aussi dramatique. C’est la chute de quelqu’un, une trahison. Je joue, en tournée au Québec, toute la pièce qui dure une heure et quart. C’est un bon exercice.

Cette saison, vous remplacez Jacques Girard dans Discussions avec mes parents.
Oui, comme il a des problèmes de santé, il ne voulait pas prendre de risques. J’étais triste que Jacques parte. Je l’ai appelé pour avoir un peu sa bénédiction. Je joue Roch «chesseuze» Garneau, qui sera plus présent dans cette troisième saison. J’ai eu un plaisir fou à faire ça.

Avez-vous d’autres tournages en vue?
Non, je suis beaucoup moins demandé à la télé. J’ai eu mes grosses années, et c’est correct, ça ne me manque pas. Je fais beaucoup de théâtre, je passe beaucoup de temps à la maison.

Daniel Daignault


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Depuis combien de temps habitez-vous ici?

Ça fait 30 ans. Il y a une grosse côte avant d’entrer dans le village. Moi, mes problèmes restent en haut de la côte. Ici, c’est le coin le plus élevé du canton. J’ai l’impression de monter au paradis. Le problème, c’est quand je repars... Les problèmes m’attendent en haut.» (rires)

Vous devez être heureux de posséder ce bout de paradis!
Je me félicite surtout de ne pas avoir vendu. Il fut une époque où je faisais Annie et ses hommes la semaine, et le week-end, j’étais en Pologne avec Garou pour monter son show. Je n’étais jamais ici, je travaillais tout le temps. Je venais ici un week-end par deux mois. Je faisais des chèques à tout le monde qui s’occupait du terrain et de la maison, ça ne finissait plus. Je n’avais pas de fun. Je me disais souvent que j’allais m’en départir. C’est surtout Rémy (Girard, qui est son voisin) qui m’a dit: «Penses-y sérieusement avant de vendre, Denis, tu as de la terre.» J’ai bien fait de l’écouter!

En profitez-vous pleinement de la campagne?
Oui, on a notre viande des bois, et je vais me mettre bientôt à la chasse au dindon sauvage. En plus, on a notre potager, nos petits fruits, les pommiers produisent beaucoup, et on a des amis qui ont des poulets de grain. On vise de plus en plus l’autosuffisance. Notre congélateur est plein de nos produits. Caroline se lève à 6 h et elle va au jardin. Elle aime ça.

Caroline est votre nouvelle compagne?
Oui, on est ensemble depuis un an et demi. J’ai été seul trois ans, j’avais fait une croix là-dessus. Vieillir seul ne me faisait pas peur. Ça m’a pris du temps avant de vieillir comme du monde; tu ne peux pas être bien avec quelqu’un si t’es pas bien avec toi-même. Ma crise d’adolescence est officiellement finie, elle aura duré 40 ans! Ç’a été une belle rencontre. Caroline est extraordinaire! Elle aime travailler sur la terre. C’est agréable. Je commence ma vie de jeune adulte. J’ai dit à ma blonde: «Tu n’es pas ma première, mais tu es ma dernière!»

Avec le confinement, avez-vous passé l’été ici?
Oui, souvent au bord du lac. J’ai écrit, j’ai lu et je me suis reposé. Je m’en vais de plus en plus vers ça... Ça sera de plus en plus dur de me sortir d’ici! Il a fallu faire des travaux à la maison. Sinon, j’adore m’occuper du terrain. J’ai un gros trip: planter des arbres.

Et l’hiver, comment ça se passe chez vous?
J’aime ça, je fais des feux, je lis, je suis comme un ours. On a des pistes de ski de fond et de raquettes parce que l’hiver, si on ne fait pas de sport, ça peut être long longtemps. On a notre bois tout classé par essences, comme faisaient nos ancêtres. On a du bouleau pour janvier, et je garde le bois de pommier, de chêne et d’érable pour les gros froids.

On sent que vous vous plaisez beaucoup ici...
La covid a précipité les choses... C’était mon intention, dans un an ou deux, de venir vivre ici à temps plein et de me servir de mon condo à Montréal à l’occasion. Là, c’est en train de se concrétiser.

Denis Bouchard présente Bang! en tournée. En raison de la fermeture de certaines salles, allez sa page Facebook pour connaître les dates et vérifiez auprès des établissements concernés pour les représentations.

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