Un nouveau projet bien spécial pour Paul Doucet | 7 Jours
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Un nouveau projet bien spécial pour Paul Doucet

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Photo : Bruno Petrozza

Paul Doucet multiplie les projets: il vient de tourner dans un film en anglais, il sera aussi d’une nouvelle série télé, et voilà qu’on pourra le voir au grand écran dans le film Les vieux chums, du réalisateur Claude Gagnon, aux côtés de Patrick Labbé. Un film dans lequel un homme gravement malade demande à son ami de l’aider à bien finir ses jours.

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Paul, Les vieux chums est vraiment un beau film. As-tu aimé le résultat final?
Oui. L’histoire est belle, humaine. C’est un sujet qui est quand même lourd, mais traité avec beaucoup d’humanité et de légèreté. Ce sont quand même deux chums qui ont toutes leurs connivences, toutes leurs histoires, et ils ont des moments qui sont très agréables. C’est beau. Les plans de caméras sont magnifiques!      

Dans ce film, ton vieil ami sait qu’il va mourir et fait appel à toi pour finir ça en beauté. Il y a beaucoup d’émotions qui passent par les regards, votre façon de bouger à Patrick et à toi...
J’aime beaucoup le silence au cinéma. Less is more: des fois, on en dit trop. Mais il y a un bel équilibre dans le film de Claude. Il y a des moments où Patrick trouvait qu’il en disait beaucoup, quand il raconte son histoire, alors que mon personnage est dans l’écoute durant la première partie du film. Ensuite, ça bascule, ça devient la réalité de mon personnage d’être confronté à la demande de son vieux chum. Il se demande s’il va en être capable, s’il va pouvoir passer à travers. C’est intéressant, ce sont des sujets qui sont le fun à aborder du point de vue humain. C’est pour ça que j’aime ce métier, ce sont des situations qu’on n’aura pas nécessairement à vivre, mais par l’entremise d’un personnage, on peut les expérimenter jusqu’à un certain point. C’est enrichissant. La première fois que Claude Gagnon et moi avons parlé de ce personnage-là ensemble, il m’a dit: «L’histoire de Jacques, c’est mon histoire, j’ai un chum à qui c’est arrivé.»

Sur ce film, tu as retrouvé Patrick Labbé, avec qui tu avais déjà joué. Il m’a dit que tu lui avais fait découvrir le scotch?
Oui, j’ai créé un monstre! (rires) Je n’ai aucune responsabilité là-dedans; le reste, c’est son histoire, ce n’est pas la mienne. (rires) On était à Halifax et on tournait sur Octobre 70. Quand on a des tournages à l’extérieur comme ça, on n’a pas de quotidien, on ne retourne pas chacun chez nous dans nos affaires. On est à l’hôtel ou dans un petit appartement, on passe beaucoup de temps ensemble. On se regroupe. Et on a eu beaucoup de plaisir à Halifax. Ça fait des années, et une véritable complicité s’est installée entre nous. C’était donc facile pour nous deux de jouer cette amitié-là dans Les vieux chums.

Quel est ce tournage de film en anglais que tu viens de terminer?
Il s’agit de Snow Angel, un film de Catherine Bérubé avec son chum, Gabriel Allard. Ça fait six ou sept ans qu’ils travaillent là-dessus. On a tourné dans les monts Chic-Chocs, dans le coin de Cap-Chat. C’est un film de genre en anglais. Je suis la figure paternelle pour le personnage de Catherine, une ancienne championne de snowboard coachée par son père. L’histoire est intense, c’est le fun et bien ficelé. Ça devrait éventuellement être présenté au cinéma.

Es-tu en pause en ce moment ou tournes-tu bientôt?
J’ai un tournage, quelque chose qui s’en vient pour la télé, mais je ne peux rien dire pour l’instant. Vous allez en entendre parler à un moment donné. Par contre, je peux parler d’un spectacle de théâtre avec lequel je pars en tournée. C’est un one man show que j’ai écrit et que je continue à peaufiner et à écrire. C’est une amie qui est directrice artistique au Centre de Création Diffusion de Gaspé qui m’a contacté au mois d’octobre dernier. Elle m’a dit: «J’ai envie de produire du théâtre, j’ai pensé à toi, il faut que ce soit simple, que ce soit covid proof. Tu as carte blanche, tu fais ce que tu veux, ce que tu penses.» On a discuté des pistes à suivre et finalement, on en est arrivés à un show qui s’appelle Trajectoire(s) de Paul Doucet, qui se veut un regard sur le parcours d’acteur. Ce n’est pas une rétrospective. On n’est pas dans la nostalgie, mais dans le travail, les inspirations, les influences, la progression, les embûches, les expériences personnelles, les plaisirs coupables. On est dans tout ça.      

Tu ne joues donc pas de personnage sur scène?
Je suis moi, et je vais aussi m’adonner à quelques numéros de plaisirs coupables, de personnages, mais quand j’entre sur scène, c’est moi. Je revisite des personnages que j’ai joués, je vis dans des personnages que j’aurais aimé jouer. Il y a beaucoup de choses à couvrir, ça fait depuis 1994, presque 30 ans, que je joue. C’est un spectacle d’une heure trente et c’est excitant et énervant aussi. J’ai près d’une dizaine de représentations en mai, notamment en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et aux Îles-de-la-Madeleine.

C’est intéressant. Tu t’es toi-même créé un spectacle sur mesure!
C’est vrai, en espérant que ça plaise. C’est vraiment ça mon but et, honnêtement, je le ferais gratos! Ça m’a demandé du temps et de la réflexion, c’est super intéressant à faire. Il y a une part d’impro, une part spontanée, sur le moment, selon le feeling de la salle, et il y a des bloc sdu spectacle que je peux mettre de côté certains soirs, faire des changements de tableaux. C’est Katia Gagné, une amie de longue date, qui fait la mise en scène et qui sera avec moi. On va s’ajuster selon le moment. 

Photo : Bruno Petrozza

Tu vois cela comme une belle expérience de plus pour toi?
Oui, et j’en ai vécu une autre belle, car je viens de terminer un livre audio. C’est nouveau pour moi. J’ai auditionné en octobre dernier et j’ai décroché le rôle pour La mariée de corail, de Roxanne Bouchard. Elle était en train d’écrire un troisième tome de la même série policière et j’ai fait trois livres audios. Le dernier, intitulé Le murmure des hakapiks, est sorti le 28 avril.

Parle-moi de ton personnage d’Arthur Buies dans Les pays d’en haut. As-tu eu de la peine que ça soit terminé?
Oui, c’est triste parce que c’est une réalité économique d’arrêter de faire une émission qui marche et qui aurait pu continuer à être populaire pendant des années. Il y a encore tellement à raconter... Il y a des choix qui se font, ce sont des deuils. Moi, j’ai vécu ce deuil-là il y a presque trois ans, quand j’ai perdu Antoine. J’ai perdu mon curé à la saison quatre et, dans la saison cinq, je n’étais presque pas là, mais j’ai sauvé la ville en courant des vaccins partout à travers la province! Je savais qu’ultimement, c’était notre dernière saison. Ce sont de beaux personnages qu’on a laissés. Ce n’est pas le premier que je quitte, ça fait partie du métier, mais je pense que c’est sans doute Vincent qui a pris ça dur. Il nous a livré un personnage extraordinaire. Quel beau Séraphin! 

C’est vraiment une série qui aura marqué les gens!
J’ai une amie qui n’avait jamais vu la série et qui a regardé tous les épisodes des six ans d’un coup. Elle m’envoyait des textos et me disait qu’elle haïssait Séraphin, mais je lui ai dit: «Attends, tu vas continuer à le haïr, mais tu vas arriver à le comprendre.» Vincent, c’est ce qu’il a fait: il a réussi à nous faire comprendre que sa haine vient de sa détresse, de sa tristesse, de ses manques, et il nous a joué ça. On sent sa douleur et son conflit. Des fois, il est acerbe, ça n’a pas de bon sens, alors on se dit: «Quel salaud!» Et après ça, il nous ramenait à d’autres sentiments.

Sur un plan plus personnel, comment vont tes fils?
Ils vont avoir 16 et 20 ans cet été. Mon plus vieux, Jeremy, fait 6 pi 2 po, c’est un gardien de but au hockey. Il a terminé son cégep à Sorel, il a fait une 13e année au secondaire en Ontario puisque le hockey l’a amené là-bas. Il est revenu au Québec et il devrait déjà être à l’université, mais il a suivi sa passion. On va voir la suite. Son but serait de jouer dans les rangs universitaires américains. La pandémie vient scraper tout ça, mais il y croit encore. Il termine ses études en sciences de la nature, il fait des démarches pour le hockey et il s’est inscrit à Polytechnique.

Et Gabriel, ton autre fils?
Il est en quatrième secondaire, il est musicien, et lui aussi fait 6 pi. Je ne sais pas s’il veut suivre mes traces, mais quand il était plus jeune, il a joué mon personnage jeune, dans le film C’est le cœur qui meurt en dernier. Il a bien aimé son expérience. Il vit à la maison et ces temps-ci, il parle de son cours de conduite automobile. C’est cool.

Sinon, cet été, comptes-tu faire d’autres activités que celles liées à ton métier?
Il faut que je recommence à jouer au tennis. C’est mon sport, j’ai déjà beaucoup joué, mais j’ai cessé et je m’en ennuie. Tout comme le golf. À chaque début d’été, je me dis que cette année, je me prends en main, que je vais jouer beaucoup et à la fin de l’été, j’ai joué à environ six reprises! Je me donne comme objectif de jouer huit fois cet été. 

Et entre la pratique de ces sports, tu vas tourner?
Oui, dans le projet dont je ne peux parler, mais dans lequel j’ai un super beau rôle. Je suis content parce que je sais à quel point c’est difficile pour tout le monde en ce moment, et moi, j’ai pu travailler. J’ai même touché à quelque chose de nouveau avec les livres audios, et ç’a été super le fun. Je suis vraiment chanceux, je n’ai aucunement le droit de me plaindre.      

Les vieux chums, en salle dès le 21 mai dans les régions où les cinémas sont ouverts.
Le spectacle
Trajectoire(s) de Paul Doucet a commencé sa tournée à travers le Québec le 29 avril.

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