Patrice L’Ecuyer revient sur ses 40 ans de carrière | 7 Jours
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Patrice L’Ecuyer revient sur ses 40 ans de carrière

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Photo : Julien Faugere / TVA Pub

On dit souvent que le temps file à vive allure, mais il ne semble pas avoir d’emprise sur Patrice L’Ecuyer, qui vient de célébrer ses 61 ans. En voilà un qui a eu une carrière très diversifiée depuis ses débuts dans la LNI, et qui est encore très présent à la télévision à titre d’animateur de jeu.

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Patrice, es-tu du genre à t’en faire avec l’âge et les années qui s’accumulent?
L’âge, je n’ai jamais vraiment fait attention à ça. Le seul chiffre qui va vraiment me donner un choc, ce sera 70. Sinon, je ne peux pas croire que j’ai 61 ans, même si ça peut sembler un cliché de dire ça. Moi, j’ai encore 30 ans dans ma tête! Par contre, quand je revois des choses que j’ai faites et dont je ne me souviens pas, c’est assez particulier. Un jour, j’ai été reçu à l’émission Ici Louis-José Houde, dans laquelle il montrait des extraits de choses que j’avais faites. Dans un d’eux, je me souvenais de la veste que je portais, qui était vraiment laide, mais je n’avais aucun souvenir de la scène. C’est quelque chose! J’ai aussi fait Les enfants de la télé récemment, et il y a plein d’affaires qu’on me montrait dont je n’avais aucun souvenir.

Je suppose que, quand tu as débuté dans le métier, tu étais loin de te douter que tu animerais autant de jeux au cours de ta carrière...
Animer, ça n’existait pas pour moi; c’était quelque chose d’impossible. C’est vraiment arrivé par accident, comme la plupart des affaires que j’ai faites, comme la LNI (Ligue nationale d’improvisation).

Ah oui, c’était un hasard?
J’ai joué une première année dans la LNI, mais je n’étais pas très bon. Puis, un jour, on m’a appelé parce que des joueurs partaient faire une tournée en Europe, soit 45 spectacles en huit semaines, et Normand Brathwaite avait quitté deux semaines avant. Ça leur prenait quelqu’un pour le remplacer, quelqu’un qui était libre tout l’automne et qui avait un passeport valide. J’ai dû être le 35e qu’ils ont appelé, et j’ai accepté. Le fait de participer à autant de parties m’a fait prendre de l’expérience et découvrir le joueur que je pourrais être.

Photo : / TELE QUEBEC


Tu as ensuite connu du succès, au point d’être le champion compteur à deux reprises!
J’ai été chanceux, parce que quand ma carrière de joueur d’impro a vraiment décollé, les matchs ont commencé à être présentés à la télé. Les gens ont le souvenir de moi en tant que bon joueur, mais durant plusieurs années, j’ai été très ordinaire.

Puis les choses se sont enchaînées, tant pour le jeu que pour l’animation?
J’ai commencé ma carrière d’acteur à 21 ans, puis l’animation à 27 ou 28 ans, avec la radio et Les détecteurs de mensonges.

Pour un gars plutôt timide, tu as quand même réussi à te démarquer grâce à l’impro...
Pour être bon en impro, c’est comme sauter en bungee : il faut se lancer dans le vide. Si ça nous allume, on devient bon, et si ça nous terrorise, on fige et on ne fait plus rien. Je pense que c’est la même chose pour l’animation et même, la vie en général : on ne peut pas faire les choses à moitié. On essaie des affaires, mais si ce n’est pas pour nous, il faut faire autre chose. Quand des jeunes me demandent des conseils, je leur dis d’être eux-mêmes, de ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre. Les gens vont nous aimer s’ils aiment notre personnalité. Il ne faut pas essayer d’être Patrice L’Ecuyer. Si quelqu’un agit comme ça, les gens vont le savoir et ils ne l’aimeront pas.
Le fait d’avoir été catalogué comme animateur depuis tant d’années a-t-il fait en sorte que le comédien en toi a été mis de côté?
On m’a offert des rôles dans des séries, mais j’ai refusé parce que ces rôles étaient trop gros et que je ne voulais pas être surexposé. J’ai toujours eu une ou deux émissions de variétés en soirée, en plus d’un jeu en fin d’après-midi, alors je ne voulais pas écœurer le monde! Je me souviens quand on m’a appelé pour faire Unité 9. Le réalisateur Jean-Philippe Duval m’a dit qu’il avait un rôle à me proposer, mais que ça ne nécessitait pas beaucoup de jours de tournage. Je lui ai dit que je pouvais accepter le rôle justement pour cette raison. L’animation, c’est un choix que j’ai fait par besoin de sécurité. Ainsi, je savais, un an ou deux à l’avance, ce que j’allais faire. J’adore animer, j’ai beaucoup de plaisir à le faire, et comme comédien, je vais rejouer à un moment donné, ce n’est pas un stress.

À quand un rôle dans une comédie à la télé pour toi?
On pense à moi pour des trucs... Maintenant que je suis moins présent en ondes, je recommencerai peut-être à jouer. On est en train de regarder ça...

Imagine qu’on te propose de jouer le père de Pier-Luc Funk dans une série. Il y a un lien de ressemblance entre vous. Ce serait super, non?
Je lui ressemblais plus jeune, et j’ai déjà dit à Pier-Luc que la seule différence est que j’étais encore plus maigre que lui. À son âge, je pesais 20 livres de moins que lui et je mesure quatre pouces de plus que lui, ça te donne une idée! Mais c’est vrai qu’on se ressemble et que je pourrais jouer son père. 

Photo : Julien Faugere / TVA Pu



Ça te dirait d’animer de nouveau un talk-show, comme tu l’as fait pendant sept ans, dans les années 1990?
J’avoue que j’y pense. Je ne dis pas que ça va arriver, mais c’est effectivement quelque chose que j’aimerais faire.

Dans le livre À la recherche du bonheur, paru il y a quatre ans, tu confiais que tu consacrais trop de temps à ton travail au détriment de ta vie privée. As-tu réussi à trouver un équilibre?
Oui. Ça explique en grande partie pourquoi il y a non seulement des bouts de ma carrière, mais aussi des bouts de ma vie dont je ne me souviens pas. Je travaillais tellement! Ma vie, c’était ma job, et ç’a été comme ça pendant des années. Avec le temps, j’ai réussi à maintenir une vie sociale plus active, c’est plus équilibré. Quoique dans le contexte actuel, je ne vois personne depuis un an! (rires)

Le bourreau de travail en toi s’est donc assagi?
J’ai ralenti en vieillissant, parce que ce qui me stimule, ce n’est pas l’ambition d’en faire plus, mais l’amour de ce que je fais. Aussi, à l’époque, j’avais l’impression que si je refusais un contrat, je risquais de ne plus jamais travailler. C’est dur pour le moral quand on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Tu parles peu de ta vie personnelle et de tes filles, mais tu m’as dit un jour que tu souhaitais leur apprendre à se faire confiance...
En effet. Moi, plus jeune, j’étais un gars timide et anxieux, et pendant les 15 premières années de ma carrière, je l’étais encore. Je le suis toujours, mais pas de façon maladive comme à l’époque. Donc, pour ce qui est de mes enfants, je ne peux pas te dire si j’ai réussi, mais j’espère que oui. On verra ça dans les prochaines années. Mes parents me disaient : « Tu découvres réellement qui sont tes enfants quand les autres t’en parlent. » 

Silence, on joue!, en semaine à 17 h 30, à Radio-Canada. Prière de ne pas envoyer de fleurs, vendredi 20 h, à Radio-Canada.

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