Un documentaire à voir sur la crise d’octobre | 7 Jours
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Un documentaire à voir sur la crise d’octobre

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Félix Rose connaît le parcours de son père depuis longtemps, mais il s’est toujours demandé comment Paul Rose est devenu un felquiste impliqué dans l’enlèvement et la mort du ministre Pierre Laporte. Afin de répondre à cette question, il a fouillé le passé pour réaliser le documentaire Les Rose.

Dans les livres d'histoire du Québec, le nom de famille des Rose est associé aux frères Paul et Jacques, des membres du Front de libération du Québec (FLQ) mêlés aux événements tragiques de la crise d’octobre 1970. Voilà un fardeau qui aurait pu être lourd à porter pour Félix Rose si son père, Paul Rose, n’avait pas été l’homme aimant qu’il a connu. 

«Quand j’ai compris, à six ans, qui était mon père, ç’a été un choc, parce qu’il ne ressemblait pas à l’image du tueur, explique le réalisateur de 33 ans. C’était quelqu’un de très tendre avec ses enfants, et le Paul Rose que je découvrais dans les médias était présenté comme un terroriste, un révolutionnaire. J’avais besoin de comprendre comment un homme aussi doux pouvait poser un geste aussi grave que celui d’enlever une personne et d’entraîner sa mort.» 

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Promesse tenue
Dans le but d’obtenir des réponses, Félix a l’idée de faire un documentaire sur son père alors qu’ils visitent l’Irlande ensemble. Malheureusement, le réalisateur doit promettre à son père de continuer le projet sans lui, puisque Paul Rose est emporté par un AVC en 2013.      

Sept ans plus tard, Félix remplit sa promesse après avoir accumulé une cinquantaine d’entrevues, plus de 500 heures d’archives vidéo et audio ainsi qu’une foule de documents inédits, dans lesquels il voit se dessiner l’histoire méconnue de ses aïeux. 

«Les Rose, c’était une famille ouvrière qui avait des conditions de travail très difficiles, et mon père a été marqué par la pauvreté. Pour un militant pacifiste comme lui, la lutte nationale des années 1960 était un moyen de descendre dans la rue pour demander une justice sociale. Alors, quand les militants ont perdu le droit de manifester, certains se sont dit qu’il ne leur restait plus que la clandestinité, et ils se sont inspirés des luttes en Amérique latine pour aller plus loin. Ça permet de comprendre leur geste, mais ça ne veut pas dire que je suis d’accord», souligne-t-il. 

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Au-delà du mythe
Dans son documentaire, Félix expose les circonstances sociopolitiques qui ont mené à la radicalisation de son père et de son oncle, dévoilant ainsi tous les secrets du FLQ. Par exemple, Jacques Rose nous apprend que la mort de Pierre Laporte était accidentelle et que Paul n’était pas sur les lieux du crime, contrairement à ce que dit la légende. «Les quatre responsables de l’enlèvement se sont dit qu’ils devaient assumer ça ensemble, parce qu’ils ne voulaient pas que les tribunaux décident que l’un était plus coupable qu’un autre. Ça a créé un mystère», confie Félix.

Tandis que le réalisateur éclair- cit ce mythe, il raconte aussi les premières réalisations culturelles et politiques de son père, telles que la création de la Maison du pêcheur, à Percé. De plus, il évoque l’imaginaire poétique de Paul ainsi que sa lutte pour les droits des détenus, menée pendant ses 10 années d’incarcération avec le soutien de sa mère, Rose Rose. 

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Rencontrer les fantômes

Cette militante avant-gardiste et grande dame oubliée de l’Histoire occupe une bonne place dans le documentaire Les Rose, même si Félix n’a pas eu la chance de la connaître. «À mon avis, la révélation du film, c’est ma grand-mère, raconte-t-il. Elle a transmis ses valeurs de solidarité et d’altruisme à sa famille et elle s’est battue pour ses fils. Mais c’est devenu plus que ça; les conditions carcérales sont devenues le combat de sa vie, et ç’a été com- plètement obscurci, parce qu’on parle juste de Paul Rose.» 

Grâce à son documentaire intimiste et détaillé, Félix Rose espère redorer le blason de Rose Rose et de ses fils, dont la vie ne se limite pas au FLQ. Avec beaucoup d’empathie, il brosse le portrait d’une famille aimante et idéaliste, qui s’est parfois égarée sur le chemin menant à l’égalité.

À NOTER
TVA présente une version écourtée du documentaire; la version intégrale sera offerte sur Club illico.  

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