Chantal Machabée comblée par son nouvel emploi au sein du Canadien | 7 Jours
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Chantal Machabée comblée par son nouvel emploi au sein du Canadien

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Photo : Julien Faugere

Chantal Machabée, il n’y a rien qui l’arrête! Au petit écran, elle a trouvé sa place dans le milieu compétitif du journalisme sportif et dans le cœur des Québécois. Trente-huit ans plus tard, elle accède aux hautes sphères du Canadien à la vice-présidence des communications hockey. J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec cette femme qui n’a pas froid aux yeux, et dont l’amour pour la Sainte-Flanelle remonte à longtemps!

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Chantal, comment te sens-tu depuis ton embauche?
Je tripe... c’est hallucinant! Je me pince chaque fois que j’arrive à mon bureau à Brossard et que je vois les coupes Stanley, les cadres de Guy Lafleur, de Serge Savard, d’Yvon Lambert, de Maurice Richard... C’est extraordinaire! On a beaucoup de demandes de médias de partout, pour tous les joueurs et membres de l’organisation. Je suis rendue à plus de 55 entrevues depuis que j’ai été nommée! Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si intense, mais j’y prends plaisir.

À quoi ressemble ton nouveau quotidien?
Je me lève tôt, j’arrive au bureau vers 8 h 15 et je prépare ma journée. Je regarde les disponibilités pour les entrevues. Il y a la réunion avec les joueurs, puis je parle avec Graham Rynbend (le thérapeute du sport en chef) pour avoir les mises à jour médicales; ça fait partie de mes fonctions. Mon travail diffère de celui de Paul Wilson (vice-président principal, affaires publiques et communications); je suis vice-présidente des communications hockey. Je veux conjuguer mon expérience journalistique avec mon nouveau rôle. L’organisation m’a beaucoup parlé de transparence. C’est pourquoi je m’assure de ce dont on peut parler avec les joueurs et l’équipe médicale, comme la nature de certaines blessures. Pour les joueurs qui sont blessés à long terme, ça en vaut la peine, sinon ça laisse place à plein de rumeurs. 

Et ça, Chantal, tu l’as vécu!
Oui! Par exemple, quand Jonathan Drouin a été blessé, j’écoutais les émissions et ça allait dans toutes les directions! J’ai donc conseillé à Graham de dire que Jonathan était seulement blessé à un poignet car, de toute façon, il ne reviendrait pas tout de suite sur la glace. On a pu en parler, et ça a soulagé les joueurs. J’ai pu aussi parler de Joel Edmundson, qui a des problèmes au bas du dos, car plusieurs rumeurs circulaient. Le décès de son père l’a beaucoup affecté, ils étaient très proches. Il doit donc composer avec son deuil et sa blessure qui tarde à guérir. Quand on sait ça, on juge moins sévèrement les joueurs et il y a moins de rumeurs.

Dans quelle situation vaut-il mieux ne pas dévoiler quelque chose?
Dans certains cas ou quand c’est une évaluation quotidienne, on ne veut pas donner un avantage à l’adversaire ou un désavantage à l’athlète. C’est important d’être le plus transparent possible. On y va pas à pas pour changer les mentalités au sein du Canadien, et je vois une belle ouverture d’esprit de la part de tout le monde.

Comme ancienne journaliste, est-ce éprouvant de «traverser de l’autre côté»?
Au contraire! Chaque jour, je me dis: «Wow!» RDS me manque, c’est sûr. J’ai changé de travail, mais j’ai gardé le même environnement. Ça facilite beaucoup les choses. Le fait d’avoir été journaliste pendant longtemps m’aide vraiment. C’est une transition qui se fait lentement, car quand je vais parler aux joueurs et à l’équipe, j’ai tendance à parler des médias au «on», comme si j’en faisais encore partie! Je n’ai pas eu à refuser beaucoup de demandes d’entrevues jusqu’à présent. C’est sûr que les «gars de beat» sont ma priorité, car ils voyagent avec nous quotidiennement. Ils sont importants, et je leur donne le plus d’informations possible. 

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Comment tes fils vivent-ils avec le fait que leur mère fasse partie de l’organisation du Canadien?
Quand France Margaret Bélanger m’a appelée le 30 novembre pour m’offrir le poste, je lui ai dit que j’allais la rappeler. J’ai regardé mon fils Hugo et je lui ai dit ce qui venait de se passer. Il m’a répondu: «Sérieux, mom? Rappelle-la maintenant pour lui dire que tu dis oui!» (rires) J’ai pris un peu de temps pour peser le pour et le contre. Je ne voulais pas m’embarquer sur un coup de tête. Mais pour eux, ce n’était pas le moment de réfléchir! Un mois et demi plus tard, quand je leur ai dit que j’allais avec le Canadien, mes deux fils, Simon et Hugo (qui ont 27 et 26 ans), avaient les yeux dans l’eau. Ils étaient très fiers de moi.

Chantal, tu as carrément mené la vie d’un joueur de hockey! Comment es-tu arrivée à concilier travail et vie de famille?
Dans les premières années de mes enfants, j’étais animatrice et j’avais un horaire de 10 h à 18 h 30. Mon mari et moi avions engagé une nounou, Lise. J’avais dit à Lise qu’aussitôt que je revenais à la maison, c’était moi qui m’occupais des enfants. Je soupais avec eux, j’aidais pour les devoirs, je me levais la nuit lorsqu’ils étaient malades. Le beat du hockey est arrivé plus tard, en 2001. J’animais les matchs du Canadien le samedi et je travaillais six jours sur sept. À cette époque, on sortait huit fois par année et je voyageais avec l’équipe. Le dimanche, j’étais à l’aréna avec mes enfants qui jouaient au hockey. Quand RDS m’a offert de suivre le Canadien, ils étaient adolescents, et je les ai consultés. Je suis très proche de mes fils... J’ai une symbiose extraordinaire avec eux. 

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Que peut-on te souhaiter d’ici la fin de la saison — saison assez difficile — du Canadien?
J’aimerais que l’équipe se replace un peu et qu’on réussisse à être compétitifs, qu’on offre un bon spectacle aux partisans. Je veux restaurer le lien entre les partisans et le Canadien, mais c’est avec les victoires que ça se fera. Je pense qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. C’est une belle gang, il n’y a pas de dissensions et je suis toujours là avec eux. J’aime ce que je vois dans cette équipe et quand les blessés vont revenir, ça va changer les choses. L’équipe doit redonner espoir aux partisans pour l’an prochain. 

 

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