Laurie Babin s'ouvre sur sa carrière en pleine expansion | 7 Jours
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Laurie Babin s'ouvre sur sa carrière en pleine expansion

Parce que le père de Laurie Babin travaille dans le cinéma, il n’était pas chaud à l’idée de voir sa fille se diriger vers ce métier dont il connaît les difficultés. Comme tous les acteurs et actrices, la jeune femme a essuyé des refus en audition, mais plutôt que de la décourager, ils l’ont fortifiée à plusieurs égards. Avec le recul, celle qui a cru qu’elle avait été dotée d’une nature éparpillée se rend compte que la multiplicité de ses centres d’intérêt est plutôt une force.

Laurie, en cette nouvelle saison de L’Échappée, qu’est-ce qui préoccupe ton personnage?
À la base, Joëlle était une fille déterminée, mais elle a été complètement brisée par une année de captivité avec David. Des choix s’imposeront. Elle va devoir prendre une décision entre son passé de victime et celui de fille qui a un peu plus d’assurance. On verra ce qui va l’emporter. Je suis aussi de la série Le 422. C’est le premier tournage que j’ai fait en sortant de la pandémie. Chaque jour, je me levais en étant super reconnaissante. C’est une équipe formidable et un projet qui l’est tout autant. C’est cool de penser qu’il va traverser l’océan. Je suis aussi dans Toute la vie. À la base, j’ai auditionné pour un autre personnage, mais on m’a proposé Berthe. C’est donc un rôle qui m’est tombé dessus. Elle est plus jeune que moi et son background familial est loin du mien. Elle fait partie du Top 3 des personnages qui m’ont le plus marquée... À chaque projet qui fonctionne, j’ai envie de dire que c’est mon projet préféré...      

Photo : Yan Turcotte

Que peux-tu nous dire sur la série Lac-Noir, dans laquelle tu joues?
C’est un autre projet dont je suis vraiment fière. Nous avons tourné en extérieur. La série se passe dans un camp de vacances désaffecté. Ce n’est pas une série policière ordinaire... C’est très surprenant, mais je ne peux en dire plus à ce sujet. La vie compliquée de Léa Olivier revient aussi cette année, et j’y campe une adolescente, comme dans Toute la vie. Ça me fait revivre une deuxième adolescence. Je me sens vraiment choyée. Comme je n’ai pas fait d’école de théâtre, j’ai le sentiment d’avoir un parcours privilégié. J’ai commencé jeune, mais j’ignorais si je voulais faire ce métier. Je suis chanceuse que ça ait fonctionné. J’ai l’air jeune, mais j’ai une certaine maturité qui vient avec mes 23 ans. Il m’arrive d’auditionner pour jouer une fille de mon âge et de me faire dire que j’ai l’air trop jeune pour le rôle... (rires) Dans quelques années, ce sera réglé. J’ai hâte de jouer des personnages de mon âge. Ça ne m’est pas encore arrivé. 

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À quel moment as-tu débuté dans le métier et dans quelles circonstances?
J’ai débuté à l’âge de neuf ans, avec la série Zooville, une émission jeunesse à Radio-Canada. Mon père travaille dans le cinéma, alors je l’accompagnais sur les plateaux. Dès l’âge de six ans, j’ai su que je voulais travailler sur un plateau de tournage. J’ai commencé à insister auprès de mes parents. Parce que mon père connaissait la réalité du métier, il savait que c’était épuisant et parfois même difficile émotivement pour les enfants. Il ne voulait pas que je fasse ce métier. Ma mère était moins réticente. Il a fallu plusieurs années avant qu’ils acceptent de m’inscrire dans une agence, un peu à reculons. Ils pensaient que c’était une lubie temporaire de ma part... (rires) J’ai décroché Zooville rapidement, mais j’ai mis des années avant de décrocher un vrai premier rôle. C’était dans En thérapie, alors que j’avais 15 ans. Par la suite, j’ai travaillé sur 30 vies et je me suis arrêtée. Je ne voulais plus faire ce métier, mais j’ai repris à 19 ans et les choses ont déboulé. 

Comment tes parents composent-ils avec ton choix de carrière?
Je pense qu’ils sont heureux. Je crois qu’à la base, ils avaient peur pour moi. Ils étaient conscients que c’est un métier dans lequel on se fait refuser beaucoup de choses. Ça m’a beaucoup appris. Il y a eu beaucoup de sentiment de rejet. J’ai essuyé plusieurs refus, mais ça m’a rendue plus forte. Aujourd’hui, ils constatent que je vis bien cela et que c’est un métier qui me rend heureuse. Ils m’encouragent beaucoup. Parce que mon père travaille dans le cinéma, il est fier, non pas que je sois actrice, mais que je fasse quelque chose que j’aime. Disons qu’il ne suit pas ma carrière à la télé. 

Photo : INCONNU /



C’est un métier comme un autre, pour lui?
Oui, tout à fait. Mon père est directeur artistique. Ma mère est dans la communication et elle a une certaine sensibilité à l’art. J’ai quand même été élevée dans une famille artistique. Lorsque j’étais jeune, ma belle-mère était perruquière pour le théâtre. J’ai vu beaucoup de théâtre quand j’étais enfant. C’est par la suite que j’ai réalisé la chance que j’avais eue: les arts ont été très accessibles pour moi. Compte tenu de toutes ces influences, le fait que je me dirige vers ce métier était quasiment naturel. 

As-tu des frères et sœurs qui ont de l’attirance pour les arts?
J’ai deux sœurs. L’une est en sciences humaines au cégep, l’autre étudie en anthropologie et en graphisme. Elles sont plus réservées et introverties que moi. Elles n’ont jamais eu envie d’être sur un plateau ou devant les caméras. 

Photo : MARTIN LIPMAN

De ton côté, as-tu laissé tomber tes études?
En ce moment, je suis encore à l’université. Je n’ai jamais vraiment mis ça de côté. C’est pour cette raison que je ne me sens jamais actrice à 100 %, car il y a encore une porte ouverte sur les études. J’ai l’impression de mener une double vie. Je suis actrice, mais je fais aussi un bac en littérature et en histoire. À travers mes projets, je travaille aussi en traduction de temps en temps. J’ai terminé une majeure en traduction à McGill. Ce sont pour moi deux choses parallèles. Toute ma vie, j’ai été très éparpillée, c’est d’ailleurs la grande tragédie de ma mère! (rires) J’essaie d’assumer cette facette de ma personnalité et de me dire que c’est possible de faire plusieurs choses en même temps. J’ai l’impression de puiser une certaine force dans la multiplicité de mes activités. Ça me nourrit tellement d’étudier, de travailler, d’apprendre de nouveaux instruments! J’ai longtemps joué du violon et, durant la pandémie, je me suis mise au violoncelle. J’écris également de la poésie et j’ai publié un recueil, Vivarium, aux éditions du passage. Je fais aussi du yoga. J’ai envie d’assumer l’éventail de mes passions...      

L’Échappée, lundi 20 h, à TVA.
Toute la vie, mardi 20 h, à Radio-Canada.
Lac-Noir, dès le 3 février, sur Club illico.
La vie compliquée de Léa Olivier (saison 2), dès le 24 février sur Club illico.
Les épisodes du
422 sont disponibles sur le site de Télé-Québec.

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