Mehdi Bousaidan souhaite être un modèle pour les jeunes | 7 Jours
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Mehdi Bousaidan souhaite être un modèle pour les jeunes

Image principale de l'article Un modèle pour les jeunes
Kevin Millet

À titre de minorité culturelle, Mehdi Bousaidan n'aurait jamais cru en ses chances de devenir humoriste au Québec... Jusqu'à ce qu'il voit Anthony Kavanagh et Rachid Badouri à l'écran et qu'il se reconnaisse en eux. Devenu un incontournable de la scène artistique, il est à son tour un vecteur d'inclusion et d'éducation populaire.

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Med, Trop, M’entends-tu?, Bye Bye 2019 et 2020, Mon fils, Escouade 99, Rue King... Mehdi Bousaidan n’a cessé d’enchaîner les projets télévisuels ces dernières années. Il a même occupé la chaise du fou du roi à Tout le monde en parle, le 18 avril! Sur scène, il présente son premier one man show, Demain, à travers le Québec.

«J’ai commencé à triper sur l’humour quand j’ai vu Rachid Badouri, Sugar Sammy et Anthony Kavanagh. C’est à ce moment que je me suis dit: “Ah, c’est possible! Si ces gars-là ont été capables de se rendre là, pourquoi pas moi?” Encore là, ce n’était pas facile quand j’ai débuté, nous étions peu nombreux; il y avait Mariana Mazza, Richardson Zéphir et Adib Alkhalidey, pour ne nommer qu’eux. Nous étions une poignée issue de la diversité; ç’a été difficile de se tailler une place dans ce milieu.»

Des humoristes lui ont ouvert la voie et, aujourd’hui, il devient à son tour un modèle pour les jeunes. «Des garçons et des filles, surtout de la communauté maghrébine, m’écrivent parce qu’ils aimeraient devenir acteurs ou humoristes. Ils me posent des questions. Où doit-on aller? Qu’est-ce qu’il faut faire? Ils sont souvent un peu perdus et ils n’ont pas de points de repère. Je reçois presque tous les jours des messages dans lesquels on me demande comment j’ai fait pour percer. Je trouve ça dommage car, à leurs yeux, ça a l’air beaucoup plus difficile pour eux que pour un jeune Caucasien né ici.» 

Photo : Yan_Turcotte / TVA

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LA RICHESSE DE LA DIFFÉRENCE

Mehdi a accepté, récemment, le rôle d’ambassadeur de Découvrons-nous, une campagne en faveur de la diversité culturelle, de l’équité et de l’inclusion sur nos écrans. Elle vise à sensibiliser et à éduquer le public et l’industrie audiovisuelle sur la richesse de la différence. Adib Alkhalidey, Mélissa Bédard, Mariana Mazza, Cynthia Wu-Maheux, Jemmy Echaquan Dubé et Khate Lessard sont également ambassadeurs.

«Comme nous faisons à la fois partie de la minorité visible et du paysage culturel québécois, nous sommes un peu les porte-étendard de cette cause-là, constate Mehdi. Nous voulons voir plus de gens comme nous dans le milieu. Nous sommes une petite poignée à y œuvrer, mais il y en a beaucoup d’autres qui n’ont pas cette chance-là, et le but est justement de leur ouvrir la porte.»

L’artiste affirme qu’il s’agit d’un cercle vicieux. «Si tu ne te vois pas à l’écran, tu te dis que ce n’est pas pour toi. C’est comme n’importe quoi, si tu n’as pas de repères ou de modèles qui te ressemblent à la télévision, tu ne seras pas porté vers ce domaine. Et si tu n’y vas pas, il n’y aura pas de comédiens issus de la diversité, et s’il n’y en a pas, les boîtes de production ne pourront pas en embaucher. Je me suis donc donné comme mandat d’être un de ces modèles-là pour les jeunes comme moi qui regardaient la télé et qui attendaient de voir quelqu’un qui leur ressemblerait pour les inspirer.» 

Photo : Guy Beaupre Guy Beaupre

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UN RÉEL ENGAGEMENT

Nos artistes souhaitent, par cette campagne, obtenir un réel engagement de la part du public et de l’industrie pour soutenir la diversité culturelle et la relève artistique. «Il faut faire en sorte que les producteurs laissent plus de place aux gens issus de la diversité, qu’on donne la chance à plus d’acteurs de jouer et qu’on offre du contenu plus réaliste, plus représentatif du Québec d’aujourd’hui.

Nous avons l’impression de ne pas toujours être bien représentés, alors que nous sommes dans pas mal toutes les sphères: à l’école, au travail, dans les familles métissées. Bref, la diversité, nous la voyons partout, sauf à la télé, et je trouve ça un peu étrange.»

Toutefois, notre homme est optimiste. «La situation s’est améliorée depuis cinq ans, affirme le comédien. Quelques séries laissent plus de place à des gens des minorités visibles, et ç’a donné des résultats assez impressionnants. Comme M’entends-tu?, où il y a beaucoup de personnages issus des communautés minoritaires culturelles.

Pour ma part, il y a eu Med, où j’ai vraiment tripé. Ça m’a marqué qu’on donne le premier rôle à un Arabe, et que ce ne soit pas un personnage d’Arabe. Je jouais un ado comme un autre; j’ai trouvé ça très cool! Il y a eu également le Bye Bye 2020. Ce n’est pas arrivé souvent qu’il y ait des ethnies dans le Bye Bye; il y a même eu une année où des Blancs se sont déguisés en Noirs... Nous sommes vraiment sur une belle lancée. 

Photo : inconnu / VRAK


Par contre, il ne faut pas se contenter de ça; chaque pas est important et il faut continuer d’avancer. Le travail doit venir d’un peu partout: des productions, des grandes chaînes, et du public aussi.»

SURMONTER LA DISCRIMINATION

Optimiste, l’humoriste et comédien n’hésite pas à faire de la limonade avec des citrons. «La discrimination, il y en a à tous les niveaux, que tu sois une fille, un Arabe, petit, gros... Il y en aura tout le temps... Après, ce qui compte, c’est ce qu’on en fait. Évidemment, j’ai vécu plusieurs épisodes de discrimination ou de racisme, mais je pense que c’est plus du racisme systémique que du racisme pour blesser.

Se faire appeler “les races” ou “les bronzés” sur des plateaux de tournage, se faire traiter de terroriste à la blague, c’est arrivé assez souvent. Ou quand il y a deux Arabes sur le même plateau, les gens se trompent de nom, ils nous confondent... Ce sont des petites affaires comme ça, et nous passons à travers, mais à la longue, ça fait beaucoup de gouttes dans le vase...»

L’ÎLE DE L’AMOUR

Mehdi Bousaidan assurera la narration des épisodes de l’adaptation québécoise de Love Island, l’île de l’amour, à l’automne. Il n’hésitera pas à adopter un ton irrévérencieux et à dire tout haut ce que pensent la plupart des téléspectateurs.

«J’ai vraiment hâte! À la base, je ne suis pas un fan de téléréalités, mais celle-ci sera différente, parce qu’il y a un aspect humoristique intégré et que j’ai beaucoup de liberté là-dedans. Ça va être le fun d’avoir le point de vue de quelqu’un qui n’est pas nécessairement vendu aux téléréalités. Ça va donner un nouveau souffle à ce type d’émissions.»

Comme toujours, l’homme a le vent dans les voiles. «Je joue un rôle dans La face cachée du monde, une nouvelle émission qui devrait être annoncée sous peu. Sinon, j’ai plusieurs autres projets dont je n’ai pas le droit de parler pour l’instant, mais ce sont de beaux projets télé. Et je continue les représentations de mon show Demain et je travaille à l’écriture du deuxième. De plus, il commence à faire beau, alors pouvoir sortir un peu dans les parcs au lieu d’être enfermé chez soi, c’est très cool. J’espère qu’on pourra voyager bientôt, c’est la chose qui me manque le plus!»

 

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