Benoît McGinnis révèle des détails sur son personnage dans «Une autre histoire» | 7 Jours
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Benoît McGinnis révèle des détails sur son personnage dans «Une autre histoire»

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Photo : Julien Faugere

Benoît McGinnis fait beaucoup de théâtre et a joué quantité de rôles à la télé, mais force est d’admettre que son personnage de Sébastien dans Une autre histoire, atteint d’alzheimer précoce, touche beaucoup le public. L’acteur nous parle de ce rôle marquant, pour lequel il a fait une grande rencontre qui l’a beaucoup inspiré.

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Benoît, c’est un beau personnage que vous jouez dans Une autre histoire...
Oui, et plus les années passent, plus le monde en parle; les gens s’attachent vraiment à ce qui se passe. Surtout que Sébastien vit des choses assez intenses, et c’est l’fun pour moi d’avoir à jouer ces scènes. Je reçois beaucoup de beaux commentaires et je trouve les gens bien généreux de prendre le temps de m’écrire. Ils trouvent la série captivante et que ça avance plus vite qu’avant. L’idée au départ était de bien prendre le temps d’installer les deux familles. On est tellement habitués à ce que ça aille vite dans les séries télé. 

Les gens sont-ils aussi curieux d’en savoir plus sur l’évolution de la maladie chez Sébastien, sur comment il va réagir?
En effet. Chantal Cadieux (l’autrice) est d’une telle précision! Mon personnage a des gènes particuliers qui font en sorte qu’il a plus de symptômes alors qu’il est encore jeune. Ça aurait pu attendre avant de se développer, mais il est comme un cas spécial. C’est encore plus troublant.

Avez-vous quelqu’un dans votre entourage qui souffre de cette maladie?
Non. Évidemment, j’ai des amis ou des connaissances qui ont perdu leur mère ou leur père à cause de cette maladie, mais je n’ai pas côtoyé cette réalité-là de près.

Vous avez pu parler avec Sandra Demontigny, qui est aux prises avec l’alzheimer précoce. Elle a d’ailleurs écrit un livre sur le sujet.
Chantal Cadieux et moi, on l’a vue quand elle était de passage à Montréal. Elle est tellement hot! Elle a une énergie incroyable. Elle faisait des suggestions à Chantal pour l’émission, des choses qui lui étaient arrivées. Elle est très généreuse et parfois, c’était totalement déstabilisant. À la fin de la rencontre, j’étais vraiment ému.

Qu’est-ce qui vous a le plus touché?
Je me disais que je retournais à ma vie de tous les jours, et avec Sandra et Chantal, c’était comme si on avait fait un débreffage d’une émission de fiction. Mais pour elle, c’est vrai, c’est ce qu’elle vit. 

C’est particulier d’avoir accès à une personne qui souffre du même mal que son personnage, non?
Oui, c’est délicat de faire de telles démarches pour aller chercher de l’inspiration pour nos rôles. Souvent, au théâtre, je fais des recherches sur le Web si j’ai à jouer, par exemple, un schizophrène. Je regarde des choses qui mettent en vedette du monde loin d’ici. Dans le cas de Sandra, une Québécoise avec qui on a pu s’asseoir et discuter, il faut y aller avec beaucoup d’humilité et de discrétion. Elle a un moral incroyable, et j’ai réalisé que c’était possible qu’une personne ait cette maladie et qu’elle décide de prendre une avenue plus lumineuse pour le temps qu’il lui reste, comme elle le dit. 

Yan Turcotte


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Sébastien, par contre, ne voit pas les choses ainsi...
Non, vraiment pas. Il n’est pas du tout dans l’énergie de Sandra. Il se fait du mal et s’autosabote avec sa maladie, plutôt que d’adopter une attitude très positive.

Diriez-vous que le fait de lui avoir parlé vous a permis de rendre votre personnage plus vrai?
Sans aucun doute. Je dirais même que ça m’a changé, moi, en tant qu’humain. Je suis choyé d’avoir fait sa connaissance! On s’écrit de temps en temps. On a plusieurs points en commun, dans nos vies, dans notre caractère et notre façon de fonctionner. Je la trouve très inspirante. Ç’a été une grande rencontre dans ma vie personnelle. Sur le plateau, je pense à elle. J’essaie de voir ce qui appartient à mon personnage et je m’inspire aussi un peu d’elle.

Vous faites beaucoup de scène. Comment ça s’est passé en 2020?
Mon horaire théâtral a pris le bord! Cet automne, on a finalement fait une captation de La nuit des rois, qui a été mise en ligne sur le site du TNM quelques semaines. Ce mois-ci, je devais jouer dans Hedwig et le pouce en furie. En avril ou en mai, on devrait amorcer le tournage de nouveaux épisodes d’Une autre histoire, on verra.

Comment vivez-vous avec tous ces chambardements?
Avec difficulté, je dirais. Je me concentrais beaucoup sur mon travail, et tout à coup, je réalise que toute ma vie est centrée là-dessus, parce que c’est ce que j’aime faire. Il y a une petite angoisse qui s’installe. Je vais passer un hiver à marcher dehors et à travailler sur des textes. Je trouve ça dur pour mon moral, comme bien d’autre monde, et j’essaie de me construire une vie en cherchant à m’occuper.

Comme vous ne pouvez plus jouer au théâtre, trouvez-vous bizarre d’avoir toutes vos soirées libres?
Absolument! Je finissais de répéter à 18 h, je rejoignais un ami pour souper, puis j’allais ailleurs et je rentrais chez nous tard, et ça recommençait le lendemain. Mon horaire était tout le temps rempli de répétitions, de projets et de rencontres, et c’est ce que j’aimais. Quand j’ai réalisé ça, je me suis dit que j’allais redécorer ma maison. J’ai peinturé mes murs, j’ai sablé mon patio, j’ai fait des choses que je ne fais pas normalement. C’est cool aussi, parce que faire du travail manuel me fait penser à autre chose. Je ne rénoverais pas une maison au complet, mais j’aime faire des choses de mes mains.      

Ç’a toujours été une passion chez vous?
En fait, mon père a toujours été très manuel. Dans la ville où il habite, c’est l’homme de main du coin; tout le monde l’engage. J’ai toujours vu mon père travailler et je l’ai souvent accompagné, même si ça ne me tentait pas quand j’étais ado. Je suis capable de faire des petits trucs. J’ai appris du boss! 

Courtoisie



Voyez Une autre histoire, le lundi à 20 h, à Radio-Canada.

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