Laurence Jalbert se confie sur sa façon d'aborder la soixantaine | 7 Jours
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Laurence Jalbert se confie sur sa façon d'aborder la soixantaine

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À 61 ans, Laurence Jalbert entre dans la catégorie des gens qui n’ont pas d’âge. Débordante d’énergie et de passion pour son métier, la chanteuse garde encore cette fougue qui l’a toujours caractérisée. Cette grande amoureuse de la vie se confie sur ses plus grands bonheurs: ses enfants, ses petits-enfants et ses amitiés.

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Laurence, sur le plan professionnel, comment ça se passe pour vous?


Bien. J’ai eu la chance de faire mes shows pour la Tournée TD musiparc. Par contre, ceux des tournées Mouskouri, Ma caravane country et du ROSEQ ont été reportés à l’année prochaine. Certains ont même été annulés. J’en avais des dizaines de prévus! Par contre, mon album Au pays de Nana Mouskouri fonctionne super bien. C’est un beau projet de Mario Pelchat qui a changé ma vie. Toutes ces chansons me rappellent de doux souvenirs... J’ai envie de recommencer à écrire des chansons; ça ne m’avait pas préoccupée depuis des années.

Avez-vous bien composé avec ces reports de shows?

Oui, parce que je ne m’étais jamais arrêtée depuis que j’ai commencé à faire de la musique à l’âge de 15 ans. J’ai fait une pause quand j’ai été malade et quand j’ai donné naissance à mon fils, car il a failli mourir. Lorsque ma fille est née, j’étais malade, mais je travaillais quand même dans les bars.

Vous n’avez pas eu un parcours facile...

Je crois que nous avons le choix, non pas de nos épreuves, mais de notre façon d’y réagir. C’est la somme de toutes ces expériences qui fait en sorte qu’on devient ce qu’on est. Alors cette pause m’a été bénéfique. J’ai eu 61 ans le 18 août. Je dois admettre que j’en avais beaucoup... Je ne me plains pas, mais ça commence à jouer sur ma santé. J’ai des spécialistes autour de moi qui font en sorte que je puisse continuer, dont un qui me soigne pour ma fibromyalgie depuis 18 ans. Cette maladie me crée des faiblesses. Je reçois de l’acupuncture, des massages, des traitements en ostéopathie. J’ai aussi fait de l’hypnose.

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Pourquoi avez-vous tenté cette expérience?


Il fallait que j’aille au fond de certains problèmes. Après ma dépression, j’ai voulu aller plus loin. J’avais des images dans la tête. Je voulais investiguer. En thérapie, on peut le faire jusqu’à un certain point, mais l’hypnose m’a beaucoup aidée. Et si quelque chose peut me faire du bien, je le fais. J’ai toujours vécu la pédale au fond. Je mange trop, mais heureusement je mange bien.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé la soixantaine?

Lorsque j’ai eu 60 ans, l’an dernier, j’avais tellement de shows au programme durant cette période que le lendemain, je marchais à quatre pattes, à cause des douleurs... (rires) Le lendemain, c’est le seul soir où je n’étais pas sur scène. Je suis allée manger avec ma famille. J’ai vu mon monde. C’est sûr qu’atteindre cette décennie pour une femme, ça fesse fort... Mais je ne me suis pas écroulée.

Qu’est-ce qui a changé dans votre vie?


J’ai du plaisir comme je n’en ai jamais eu. Je ris du ridicule, de ce que j’ai pu penser de la séduction, du désir d’être impeccable pour plaire. Vouloir être parfaite, je trouve ça vraiment ridicule aujourd’hui...

Vous êtes mère d’un garçon et d’une fille. Combien de petits-enfants avez-vous?


Nathan n’a pas encore d’enfant. Ma fille en a cinq, son conjoint a un fils. Elle s’est toujours occupée de ses enfants, sans jamais les faire garder. Peut-être est-ce en lien avec le fait que je l’ai beaucoup fait garder? Quand elle était mal prise, c’est moi qui m’en occupais. Ma fille d’amour, c’est mon idole. Elle s’est construite à travers une vie de fous. Je suis fière de mes enfants, de la manière dont ma fille élève les siens. Parfois, on peut ne pas être d’accord avec la façon de faire de nos enfants, mais ce n’est pas mon cas. Ma fille est droite et solide. Elle tient la barre de son bateau. Elle a été abandonnée par son père et a traîné le syndrome de l’abandon pendant longtemps, mais elle a vraiment soigné ses blessures. Avec mon métier et sans père à mes côtés, je n’ai pas toujours été là pour elle...

Le confinement vous ayant obligée à garder vos distances, comment avez-vous traversé cette période?

Je me suis énormément ennuyée de ma famille! J’ai pris les choses au sérieux: nous avons évité les rapprochements. J’ai réuni ma famille pour la première fois au début de l’été. J’étais tellement heureuse de les voir... C’est dans ces moments que je me rends compte que mon métier est extraordinaire, que le public me suit et me fait confiance, et c’est très précieux! Mais le plus important, c’est la famille. Quand on arrive au bout de sa vie, c’est tout ce qui compte... Il y a les conjoints, les amis, mais la famille nous reste pour toujours.

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L’amitié compte beaucoup aussi pour vous?


Oui, et j’ai de longues amitiés. J’ai perdu Guy, après 38 ans, et aussi une amie d’enfance récemment. Nous avions grandi dans le même village, nous étions voisins. Elle a reçu l’aide médicale à mourir. Je lui ai tenu la main jusqu’à la fin. Nous avons chanté et ri jusqu’à sa dernière injection... À quelques minutes de son départ, elle ne regrettait rien. Malgré la pandémie, son mari, sa fille et moi avons pu l’accompagner. Je remercie le ciel d’avoir pu être à ses côtés. En accompagnant quelqu’un jusqu’à son dernier souffle, on réalise que le corps n’est qu’une enveloppe... Je vis un deuil et un deuil doit prendre le temps de guérir...
 

Laurence Jalbert a lancé l’album Au pays de Nana Mouskouri. Elle sera sur scène à l’Auberge La Fascine le 5 septembre (lepointdevente.com).

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