Le comédien Jean-Simon Leduc dévoile sa passion peu banale
Jean-Simon Leduc multiplie les projets à la télévision et au cinéma. Entre deux tournages, le comédien s’intéresse à la survie en forêt, à la cueillette sauvage, au tir à l’arc et à l’univers médiéval de Bicolline. Rencontre avec un artiste aux passions multiples, toujours prêt à relever de nouveaux défis.
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Jean-Simon, qu’est-ce qui t’occupe en ce moment ?
Je viens de passer deux mois à Winnipeg, pour le tournage de la deuxième saison de la comédie Malgré moi. J’y campe un petit arnaqueur nommé JF, qui tente de reconquérir le cœur de sa copine, jouée par Mounia Zahzam. On va se dire les vraies affaires : Winnipeg n’est pas une ville des plus excitantes, mais j’ai bien aimé le fait de vivre dans une sorte de bulle avec l’équipe de Malgré moi.
Que veux-tu dire ?
Quand tu prends part à une production à l’extérieur de Montréal, tu apprends tes textes et tu passes du temps avec les autres membres de l’équipe. Je suis, entre autres, allé à la plage avec la comédienne Louise Portal. On s’est organisé de bons soupers ensemble. J’ai eu un gros coup de cœur pour elle.
Tu joues aussi dans la comédie noire Qui a éclaboussé le ministre ?, la suite de Qui a poussé Mélodie ?.
Après avoir enchaîné plusieurs personnages dramatiques ces dernières années, ça fait du bien un peu de légèreté ! (rires) Je campe un papa très fatigué, qui vient d’avoir un deuxième enfant. C’est Catherine Chabot qui incarne ma femme. On a vraiment beaucoup de plaisir à jouer ensemble.
On peut aussi te voir dans le film de Luc Picard, Rédemptions.
Lorsque j’étais à l’école de théâtre, les professeurs nous répétaient de ne pas attendre que le téléphone sonne. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé avec Rédemptions. J’étais chez moi, je faisais une sieste, le téléphone a sonné, et c’était Luc Picard. Au départ, je pensais que c’était une blague tellement c’était invraisemblable. Mais non, c’était bel et bien lui. Il m’a dit : « Je prépare un film et j’ai pensé à toi pour un rôle. » Je n’en reviens pas encore de faire partie de ce film exceptionnel.
Il y a quatre ans, tu as parcouru le monde pour animer la série documentaire Peuples souterrains sur TV5. Que retiens-tu de cette aventure ?
C’est une des plus belles aventures de toute ma vie. Pendant un an, je suis allé à la rencontre de communautés qui habitent sous terre, dans huit pays différents. Ça va de survivalistes qui habitent dans des bunkers aux États-Unis, aux peuples berbères dans le désert tunisien qui vivent sous terre pour se protéger du climat aride, en passant par des mineurs en Australie. Cette émission-là m’a fait réaliser qu’il y a tellement de façons différentes de vivre sa vie. Je suis acteur, j’habite à Montréal. Mais si je le voulais, je pourrais prendre un billet d’avion et aller vivre dans une grotte en Espagne.
Est-ce à la suite de cette expérience que tu t’es lancé le défi de survivre dans le bois quelques jours ?
Non. J’ai ce projet depuis des années et je l’ai enfin réalisé l’an dernier. Le but était d’aller tester mes connaissances, de vérifier si je pouvais subsister dans le bois, sans nourriture ni tente. Je me suis dit : « Si ça ne fonctionne pas au bout de deux jours, je rentre à la maison, tout simplement. » Finalement, j’ai tenu le coup pendant une semaine.
D’où te vient cette fascination pour la nature ?
Petit, j’adorais jouer dans le bois. Aujourd’hui, je chasse et je pêche. J’essaie le plus possible de le faire de façon éthique, en protégeant les ressources vivantes. J’aime aller cueillir des champignons, des cœurs de quenouilles, du sumac de vinaigrier et autres trésors sauvages.
Où as-tu acquis toutes ces connaissances sur la cueillette forestière ?
Je suis loin d’être un expert, mais je suis curieux. Il faut dire que je partage ma vie entre Montréal et les Laurentides. Là-bas, j’ai la chance d’avoir des amis passionnés de plantes comestibles. À force de traîner avec eux dans le bois, j’ai eu envie d’en apprendre plus sur le sujet. Je me suis acheté des livres, j’ai suivi des formations. D’ailleurs, en septembre, je me suis inscrit à un cours à l’école de survie Les Primitifs, pour fabriquer mon premier arc traditionnel.
Aurais-tu aimé vivre à une autre époque ?
Je pense que oui. D’ailleurs, une de mes grandes passions, c’est le rassemblement de Bicolline. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un village médiéval fantastique grandeur nature, situé en Mauricie. J’ai découvert cet endroit par pur hasard, il y a quatre ans. À l’époque, je pratiquais un sport qui se nomme le combat d’archers.
De quoi s’agit-il ?
En gros, ça ressemble au ballon chasseur, sauf qu’il faut réussir à toucher les joueurs avec des flèches en mousse. C’est assez méconnu comme discipline, mais il y a des tournois un peu partout au Canada. Notre équipe a été invitée à jouer à ce sport, lors d’un événement à Bicolline. La thématique était : venez affronter ces archers dans l’arène. Évidemment, comme c’était notre sport, nous étions les meilleurs archers sur place ! (rires)
Comment as-tu trouvé l’univers de Bicolline ?
J’ai vraiment tripé sur les films Le Seigneur des anneaux et la série Game of Thrones, donc j’avais l’impression d’être dans ces films. J’ai tellement adoré l’expérience que j’essaie de ne pas manquer un événement. Je peux joindre mes passions, parce que lorsque je chasse, je garde les fourrures des animaux, pour les intégrer à mes costumes.
En terminant, tu fais partie d’une pièce de la programmation 2026-2027 du Théâtre du Rideau Vert !
Oui. Je vais jouer dans Motel Hélène avec Anne-Élisabeth Bossé. Après ma graduation en 2012, j’ai fait beaucoup de théâtre, mais ces dernières années, j’ai surtout joué dans des films et des séries télé. J’ai donc hâte de renouer avec les premières lectures, les répétitions, la scène, les représentations devant public. Je suis à la fois excité et stressé... mais c’est un bon stress !