Zelda fête ses 40 ans! | 7 Jours
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Zelda fête ses 40 ans!

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Cette année marque officiellement les 40 ans de The Legend of Zelda. Plus qu’une simple franchise de Nintendo, cette saga est devenue la référence du jeu d’aventure. Retour sur quatre décennies d’innovations qui continuent de fasciner toutes les générations de joueurs...

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Pour comprendre l’âme de Zelda, il faut remonter aux racines du jeu. Ainsi que l’explique en 1994 son créateur, Shigeru Miyamoto, Zelda n’est pas né d’une volonté commerciale, mais d’un pur élan de nostalgie. Enfant, Shigeru Miyamoto explore les collines et les forêts de Sonobe, près de Kyoto. Il n’a pas de carte, il n’a que son intuition. Un jour, il découvre une grotte. Il revient le lendemain avec une lanterne et s’enfonce dans l’obscurité. Ce moment précis — ce mélange de peur et de curiosité — constitue l’ADN de la série. « Je veux que les joueurs ressentent ce que j’ai ressenti : le frisson de la découverte sans guide », explique souvent Miyamoto. The Legend of Zelda est donc, par essence, un simulateur d’exploration enfantine.

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L’invention de la mémoire

L’histoire commence techniquement le 21 février 1986 lorsque le premier The Legend of Zelda déboule, comme titre de lancement pour le Famicom Disk System, une extension pour la Famicom utilisant des disquettes qui offrait plus de stockage et la possibilité d’inscrire des données. L’épopée nous place dans les pas de Link, un jeune garçon qui se dresse comme rempart aux ambitions du méchant Ganon. Ce dernier, déjà en possession de la Triforce de la Force, s’apprête à faire basculer le monde d’Hyrule dans l’ombre. Dans un acte de résistance désespéré, la princesse Zelda fragmente celle de la Sagesse en huit éclats qu’elle disperse aux quatre coins du royaume, avant d’être réduite au silence par son ravisseur. Le destin du monde pèse alors sur Link : il lui faut reconstituer l’artefact brisé, affronter les ténèbres du mont du Péril et arracher la princesse à son tourment. Le génie de cette aventure réside dans son commencement : Link apparaît totalement dénué de moyens, seul face à une plaine où s’ouvre une immense grotte.

C’est ici que le souvenir d’enfance de Shigeru Miyamoto se transforme en design. À l’instar de Super Mario Bros. — également développé par Shigeru Miyamoto —, le jeu refuse de dicter une direction par les mots, il préfère stimuler l’instinct. Pénétrer dans cette obscurité initiale, c’est déjà faire preuve de bravoure. En y recevant son épée, le joueur comprend immédiatement la loi fondamentale de cet univers : ici, l’exploration est le seul véritable moteur de la progression.

En conséquence, le monde d’Hyrule est immense pour un jeu de cette époque, composé d’un vaste Overworld menant à neuf donjons. Au total, le jeu compte 364 écrans ainsi qu’un mode Second Quest — débloqué en terminant le jeu ou en entrant « ZELDA » comme nom — qui propose des cartes de donjons différentes et plus difficiles. Toutefois, innover comporte des risques et Shigeru Miyamoto craint que les joueurs ne comprennent pas ce qu’ils doivent faire. « Une fois que nous avons décidé qu’il y aurait des énigmes, cela a généré beaucoup d’anxiété. Certaines énigmes sont assez difficiles à résoudre. Comme nous travaillions sur Super Mario en même temps, une fois celui-ci terminé, nous avons mobilisé les programmeurs de Mario pour Zelda, pour un sprint final de programmation. C’était vraiment intense. »

Mais le premier The Legend of Zelda, c’est aussi une révolution technologique majeure, puisqu’une pile interne au jeu permet au joueur de sauvegarder sa progression. Avant Link, le jeu vidéo est souvent une expérience immédiate, sans lendemain. Avec Zelda, le joueur possède enfin un futur. Shigeru Miyamoto introduit alors le concept de Hakoniwa — littéralement « le jardin en boîte ». L’idée est de proposer un monde miniature, clos mais incroyablement dense, où chaque buisson peut cacher un secret. Contrairement à Super Mario Bros., qui impose un défilement vers la droite, Zelda offre la liberté. On peut aller au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest dès les premières secondes. Cette non-linéarité devient la signature de la licence. On ne suit pas un script, on construit sa propre route.

La révolution de la 3D

Le compositeur de la musique, Koji Kondo.

Wikipédia

Le compositeur de la musique, Koji Kondo.

Si Zelda traverse les époques, c’est aussi grâce à sa capacité à se réinventer totalement en fonction des années. En 1998, Ocarina of Time définit la manière dont on joue en trois dimensions. Il invente des systèmes de caméra (le Z-targeting) que l’industrie utilise encore aujourd’hui. Mais ce passage à la 3D ne se fait pas sans douleur : l’équipe doit traduire l’immensité d’Hyrule dans un espace virtuel alors débutant. Mais le succès est total. Le jeu devient une référence absolue, souvent cité comme le meilleur jeu de tous les temps. Nintendo y perfectionne le concept de l’instrument de musique comme clé de progression. La musique n’est plus un simple fond sonore, elle devient un langage, un outil pour manipuler le temps et l’espace. Cet héritage musical, porté par le compositeur de Nintendo, Koji Kondo (à qui l’on doit aussi la musique de Super Mario Bros.), reste aujourd’hui un pilier de la culture populaire mondiale.

La liberté

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En 2017, avec Breath of the Wild, Nintendo brise les chaînes des mondes ouverts trop directifs. La firme supprime les marqueurs de quêtes omniprésents pour redonner au joueur le goût du risque. Ce « gameplay émergent », où les lois de la physique permettent de résoudre une situation de mille façons différentes, influence désormais tous les studios de développement.

En ce mois d’avril 2026, l’effervescence est à son comble. Car les rumeurs relayées par les médias spécialisés suggèrent que Nintendo prépare un hommage à la hauteur du mythe pour la fin de l’année. L’annonce d’un remake complet d’Ocarina of Time sur la nouvelle console de la firme nippone, la Switch 2, est le secret le mieux gardé de l’industrie. Pourquoi une telle attente ? Pour les investisseurs comme pour les joueurs, un nouveau titre est l’assurance d’une qualité poussée à l’extrême.

Zelda dépasse largement le cadre du salon. C’est aujourd’hui une marque globale. Un film en prise de vues réelles est officiellement en préparation, signe que Nintendo transforme sa légende en franchise multimédia. Les concerts symphoniques remplissent les plus grandes salles, prouvant que l’émotion dépasse le simple cadre du jeu vidéo. Et la BBC d’insister sur cet aspect intergénérationnel unique. Les parents qui ont découvert Hyrule en 8 bits transmettent aujourd’hui la manette à leurs enfants sur des écrans 4K. Et 40 ans après sa création, The Legend of Zelda n’a rien perdu de son éclat.

Zelda : La légende en chiffres

  • Date de naissance : 21 février 1986 (Japon)
  • Ventes mondiales cumulées : environ 145 millions d’unités
  • Record de vente : Breath of the Wild (plus de 32 millions)

Pourquoi Link reste-t-il muet ?

C’est une question récurrente qui trouve sa réponse dans l’étymologie même du personnage : Link est un avatar, un « lien » entre le joueur et le monde virtuel. En ne lui donnant pas de voix, Nintendo permet à chaque utilisateur de projeter ses propres émotions. « Je voulais créer un jeu où le joueur pourrait ressentir l’émotion de l’exploration en voyageant à travers le monde, en se familiarisant avec l’histoire de la terre et du monde naturel qu’il habite », explique Miyamoto.

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