Ce qui empêche William Cloutier d’avoir la grosse tête
Il embrasse la trentaine en récoltant des fleurs semées le long de la route qui mène au succès. Il goûte au bonheur avec un grand B (et n’a pas honte de l’exposer sur les réseaux sociaux). Il attend cela depuis tellement longtemps ! Mais William Cloutier arrive à garder les pieds sur terre... grâce à sa vie de papa et d’amoureux !
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Ces dernières années ont été intenses sur le plan professionnel. En France, il a été de Starmania, qui a repris vie en 2022 dans une mise en scène du réputé Thomas Jolly. L’an dernier, il a lancé son second album, L’amour, qui a séduit. Cet hiver, il a pris part à l’aventure Big Brother Célébrités et il a été élu coup de cœur des fidèles de l’émission. Et voilà que William Cloutier se lance dans une tournée qui l’occupera jusqu’en 2027. « Je me tiens en forme, je me garde occupé. Je crois beaucoup en mes capacités à flairer ce qui est bon pour moi. Des fois, il y a des projets qui m’effraient un peu, mais avec la peur, il faut foncer, parce qu’on en sort grandi !, croit-il. Moi, Starmania, ç’a été un vertige. Même chose pour Big Brother, c’était un terrain inconnu. » Celui qui se définit comme un gars de défis se découvre à travers ces expériences. « Il y a de belles révélations qui en découlent. »
Son terrain de jeu préféré est la scène. Y chanter ses propres chansons est une grande réalisation pour lui. « C’est le rendez-vous que j’attends depuis tellement longtemps ! J’ai 30 ans, mais j’en rêvais quand j’avais 16 ans, quand j’ai commencé à faire de la musique ! D’abord avec un public qui est au rendez-vous, puis un répertoire à moi. »
À 30 ans, le chanteur compte déjà 18 ans de métier. Il était enfant lorsqu’on l’a connu à l’émission La cour des grands, à TVA. Puis on a renoué avec lui quand il avait 16 ans, à Mixmania 3. Le public de Star Académie l’a retrouvé, jeune adulte, en 2021. « J’ai vu la pluie et le beau temps. Depuis que j’ai 12 ans, je fais de la télé. Les gens m’ont vu être adolescent, ils m’ont vu devenir adulte... Et si j’ai un côté rationnel qui me ramène trop vite sur terre, mon plaisir de chanter et d’être sur scène est toujours là !, se réjouit-il. Je suis vraiment rendu sur mon X, en ce moment. Tous les chemins que j’ai dû prendre pour me rendre là venaient avec leur lot de négatif. Mais, là, je ne suis plus au service d’une œuvre, d’une émission ou de quelqu’un. Là, tout d’un coup, cette année, je brille vraiment par mon talent, par mes chansons, par ma personnalité ! C’est comme si tout s’est aligné. Avant la trentaine, on dirait que je sentais qu’il me fallait toujours prouver que j’ai ma place et prouver ma valeur. Aujourd’hui, je n’en suis plus là et ça me rend heureux. »
Très actif sur les réseaux... et il s’assume !
Plusieurs puisent dans leur propre vie pour écrire des chansons. William, lui, s’inspire de sa communauté qui le suit sur les réseaux sociaux. « Il y en a beaucoup qui sont créées à la suite de témoignages de gens qui échangent avec moi et qui commentent mes publications. » En retour, il partage les fruits de ses créations avec ses abonnés sur-le-champ plutôt que de les faire patienter jusqu’à la sortie de l’album, comme le voudrait la maison de disques. « Je suis un peu “cheval sauvage” là-dessus. Et je suis vraiment content, quand j’arrive en salle de spectacles, d’entendre les gens chanter les paroles. Pour moi, c’est vraiment ma récompense ultime ! »
Le chanteur se donne corps et âme à son public. Dans ses échanges avec lui sur les réseaux sociaux, il est un véritable livre ouvert. « Des fois, on voit des chanteurs qui disent dans leurs vidéos : ‘’Mon agent m’a dit qu’il fallait que je sois plus présent sur les réseaux sociaux.’’ Mais moi, ce discours, je ne l’ai pas parce que j’aime profondément ça, admet-il. Je suis créatif. J’aime faire du montage vidéo. Dans une autre vie, j’aurais pu travailler en cinéma. J’avais même été accepté, à l’époque, à l’UQAM. Quand j’étais au cégep en communication, avant de faire l’école de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, j’avais suivi des cours optionnels de montage, de documentaire... J’aimais ça ! J’ai tout le temps aimé faire des projets où j’ai le contrôle de l’image et du son. C’est vraiment quelque chose qui me passionne. Alors pour moi, ce n’est pas contre-intuitif d’être actif sur les réseaux sociaux. »
Il chérit sa communauté virtuelle. « Elle a embarqué avec moi quand j’ai commencé à faire beaucoup de vidéos sur TikTok, en 2019 et pendant la pandémie. »
Les pieds sur terre
Son succès est enviable. William Cloutier pourrait se flatter l’ego, s’enfler la tête, sauter du côté des élus et des privilèges et s’étourdir dans les excès que peut offrir le star-système. Mais il arrive à garder les pieds sur terre. « Évidemment qu’avoir des enfants, ça ramène à l’essentiel tout le temps. Si je reçois un prix de la SOCAN pour la chanson de l’année, le soir, j’ai un pâté chinois à préparer ! Je ne peux pas partir sur une dérape. Des fois, j’ai des amis qui me demandent : “On part-tu trois jours pour aller fêter tel succès ?” Je dois leur dire non. »
Même s’il reçoit des tapes dans le dos pour ses accomplissements, le jeune homme a du mal à faire le constat de ses victoires et à les savourer. Heureusement que sa famille est là pour l’aider à arrêter son regard sur la beauté qu’il sème ! « Je performe ma vie. Parfois, j’oublie de la vivre. Je suis toujours en performance. Et je vois toujours le verre à moitié vide. Ma force, c’est d’avoir une famille et une merveilleuse femme qui, elle, voit le verre toujours à moitié plein et qui est aussi positive ! »
Son bonheur familial sous l’œil des internautes
Aujourd’hui, le jeune homme assume son étiquette de créateur de contenu. « J’ai un public que je fais travailler et évoluer avec moi. Je suis vraiment en paix avec ça. Avant même Star Académie! Parce que je savais que les réseaux sociaux, c’est quelque chose qui fait sortir le meilleur de moi. Oui, je suis un créateur de contenu, mais ce n’est pas forcé. La journée où ça le deviendra et que je n’aurai plus de plaisir à le faire, j’arrêterai, laisse-t-il tomber. Après, si je me fais bouder de l’élite musicale parce que je suis trop public, tant pis. C’est une décision que j’ai prise. À un moment donné, je me suis demandé : “Est-ce qu’il faut que je sois plus weird, secret, mystérieux ? Est-ce qu’il faut que je donne moins accès à ma vie privée ?” Et ma réponse a été non, parce que je n’aurais pas été authentique. »
Le chanteur n’hésite pas à exposer son bonheur familial, entouré de son amoureuse, Sara Dagenais, qu’il a épousée il y a trois ans, et de ses deux fils, Éloi, cinq ans, et Liam, neuf ans. « J’ai des petits garçons allumés, éveillés. On essaie de faire d’eux de bons humains. On fait notre possible pour leur transmettre de belles valeurs. »
Sa femme, Sara, travaille comme éducatrice dans un centre de la petite enfance. « Et c’est vrai qu’elle est beaucoup sur les réseaux. Au début, c’était à cause de moi, mais elle y a pris goût. Mais pas pour être dans la lumière. Elle aime partager ses bricolages, les rendre disponibles pour des parents et leurs enfants... Souvent, son contenu est relié à son métier. »
La transparence avec ses fils
Si, un jour, ses fils voulaient faire le même métier que lui, comment réagirait-il ? « Je serais transparent sur le fait que ce n’est pas facile, mais je n’aurais pas de réticences. » Il n’aurait pas peur des difficultés qu’ils pourraient rencontrer. « Je viens d’une famille de travailleurs. Ma mère coupait les cheveux et elle avait deux, trois jobs pour arriver, on ne vivait pas sur des héritages, on habitait en appartement... Et je suis parti à Montréal en autobus, à 12 ans, j’ai dormi chez une tante éloignée dont je ne connaissais pas le nom, la veille d’un tournage... Ça n’a pas été sans efforts, tout ça, alors si ça intéresse mes fils, je vais être capable de leur dire que le succès, ce n’est pas quelque chose qui est instantané. »
William Cloutier est en tournée à travers la province. Il présente son spectacle le 8 mai à l’Impérial Bell, à Québec, le 13 mai au Club Dix30, à Brossard, le 7 juin à Victoriaville, le 12 juin à Sherbrooke... Pour toutes les dates : williamcloutier.ca.