Maxim Gaudette se confie sur la fin d'un projet important
Maxim Gaudette vient de nous offrir une finale marquante dans Mea Culpa, qui signe par le fait même la fin du projet. Puisqu’il sera de retour sur les planches dans la nouvelle programmation du Théâtre du Nouveau Monde, on en a profité pour prendre de ses nouvelles.
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Si on commençait par parler de ta contribution dans la pièce La vie de Galilée. Quel personnage joueras-tu ?
Les répétitions n’ont pas encore commencé, puisque la pièce sera jouée dans un an, mais nous nous sommes déjà vus pour une ou deux lectures. Quand Geoffrey Gaquère, directeur artistique du TNM et metteur en scène de la pièce, m’a abordé à ce sujet, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. C’était une œuvre que je n’avais jamais lue. Je savais de quoi il était question, mais je m’y suis plongé et j’ai trouvé ça très intéressant. À cette époque, on croyait que tout tournait autour de la Terre, qu’on était au centre de l’univers. C’était extrêmement difficile de défendre le contraire et d’aller au bout de cette idée. Je vais jouer le proche collaborateur de Galilée, interprété ici par Guillaume Cyr. Quand il me fait part des résultats de ses recherches, je lui dis de ne pas en parler, qu’il pourrait en mourir. C’est passionnant de se replonger dans cette époque-là, surtout avec une distribution aussi extraordinaire.
Être avec eux pour célébrer le 75e anniversaire du TNM, ce sera d’autant plus beau, non ?
Je trouve ça intéressant, parce que c’est un moment particulier. Le fait que ce soit Geoffrey qui prenne les rênes du TNM pour le 75e anniversaire rend la chose encore plus stimulante. Sa programmation est très intéressante. Après, le travail reste le même : on se plonge dans la recherche et dans la création de la pièce. Il y a peut-être une petite excitation supplémentaire, tout simplement. Je me compte chanceux.
Tu as joué dans pratiquement tous les théâtres à Montréal. Qu’est-ce qui t’intéresse, au TNM ?
Il me manque le théâtre de Quat’sous ! On met ça dans l’univers pour les prochaines années ! Mais le TNM, j’y ai un attachement particulier, parce que j’y ai joué très tôt dans ma carrière. À l’époque, j’avais un bon ami qui en était l’attaché de presse, un gars qui aimait profondément les interprètes et les acteurs. Il reste toujours cet esprit familial. On s’y sent accueilli chaque fois. Il y a aussi le lieu lui‐même : l’emplacement est mythique. Il y a un certain prestige à jouer au TNM, son histoire est forte. Ce que ce théâtre véhicule résonne encore très fort aujourd’hui. Avec la nouvelle direction, j’ai hâte de voir comment ça va évoluer, mais ça demeure un théâtre extrêmement pertinent.
Cette année, tu as d’ailleurs joué dans une pièce aux côtés de ta conjointe, Larissa Corriveau. Comment ça s’est passé ?
On était sur scène ensemble pour la pièce Une vie de femme, à l’Espace Go. C’était très agréable, mais dans un tout autre registre et un autre style que ce qu’on a présenté ce matin. J’aime beaucoup jouer avec ma blonde. C’est une grande actrice. On a des atomes crochus autant dans notre vie privée que sur scène. On se comprend très bien. La création n’est jamais simple : c’était une nouvelle pièce composée de sketchs, avec un ton à trouver, mais ce fut une très belle expérience.
Que peux-tu me dire de la finale de Mea Culpa, qui a marqué la fin du projet ?
J’ai trouvé que ça se terminait un peu rapidement. J’ai l’impression qu’il y avait encore de la place pour développer certaines relations. Une troisième saison aurait été agréable. Il y a tellement de moments difficiles dans la série et entre les personnages. C’est troublant. Ils ont vécu une tragédie, et plus la deuxième saison avançait, plus on se libérait de certaines choses. Les personnages ont pu se rapprocher. Ce que j’aimais de David, c’est qu’il n’était pas un récidiviste. Il faut en avoir peur quand même, mais il ne voulait pas refaire cette erreur. Il revient avec Bérénice, et j’en suis heureux. On ne sait pas pour combien de temps, mais on leur souhaite que ça dure. C’était une belle finale ; certains traumatismes vont s’apaiser.
Avec du recul, que penses-tu de l’expérience de Mea Culpa?
Ç’a été une expérience très enrichissante, encore une fois. La télé, ça va vite : on travaille à un rythme effréné. Dans le cas de David, c’était un personnage très complexe. Il y avait beaucoup de couches à jouer dans un espace-temps assez restreint. Les textes ne nous étaient pas donnés très longtemps à l’avance, ce qui rendait le défi double. Il fallait plonger rapidement dans quelque chose de très dense et avoir l’air que tout soit simple et naturel à l’écran. Mais je fais ce métier pour les défis, et là, j’en avais tout un ! Je suis très reconnaissant envers toute l’équipe de m’avoir choisi pour ce projet, ainsi qu’envers Chantal Cadieux pour l’écriture.
Tu avais mentionné que tu avais hésité à accepter ce rôle. Ces doutes étaient-ils fondés, finalement ?
J’avais déjà joué un grand méchant, un tueur de femmes, dans le film Polytechnique. On me proposait un rôle qui s’en rapprochait et j’étais déjà passé par là. Finalement, la scène du meurtre n’était pas jouée par moi, mais par le comédien incarnant la version plus jeune de David. Moi, je le portais 25 ans plus tard, à sa sortie de prison. Ça change quand même la donne. C’est un personnage qui a réfléchi en prison et qui continue de le faire. Il essaie de se réintégrer dans une vie normale. Comme je te le disais, le texte précise clairement qu’il n’est pas un récidiviste. Ça modifie complètement l’angle d’approche, et c’est ce qui m’a fait accepter. En rétrospective, ça a très bien fonctionné : on ne l’a pas perçu comme un grand méchant. Je n’ai pas envie de toujours jouer ce type de personnage, mais je suis très heureux d’avoir relevé ce défi.
As-tu de la difficulté avec les fins de projets ?
C’est toujours un deuil, bien sûr. En même temps, ça laisse de la place à autre chose. On a toujours envie de vivre de nouvelles expériences. C’est ça, le métier : on passe d’un rôle à l’autre. C’est aussi ce qui nous anime. Cela dit, quand tu interprètes un personnage sur une longue période, comme celui-ci, c’est assez rare. Tu développes un personnage avec lequel tu vis pendant quatre ou cinq ans. C’est très particulier et vraiment agréable à faire. À un moment donné, tu n’y penses plus : tu fais un avec le personnage et tu te sens libre. Quitter un projet, c’est un deuil, mais c’est la réalité de ce métier. Pour faire place à de nouveaux projets, il faut en quitter certains.
Y a-t-il autre chose qui s’en vient pour toi, prochainement ?
Pour l’instant, non. C’est le grand calme plat, et j’en profite.
Vis-tu bien avec ces périodes-là ?
Oui, ça va. Il y a toujours un petit questionnement, bien sûr. Je sais qu’il y aura autre chose, mais quand ? Ça, on ne le sait jamais vraiment. Je laisse les choses suivre leur cours. Pour le moment, je vais monter sur les planches du TNM dans un an, et je me donne le luxe de bien me préparer pour ce rôle.