Jean Maheux se confie sur le sort de son personnage de Ti-Bill dans «Indéfendable» | 7 Jours
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Jean Maheux se confie sur le sort de son personnage de Ti-Bill dans «Indéfendable»

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Jean Maheux se fait aborder pratiquement tous les jours par les fans d’Indéfendable, qui s’inquiètent du sort de Ti-Bill, le père de Léo MacDonald. Pour cause, la situation que vit son personnage met le doigt sur une question à laquelle beaucoup de gens sont confrontés : faut-il ou non placer un parent en perte d’autonomie ?

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Depuis la saison 1 d’Indéfendable, diffusée à l’automne 2022, les téléspectateurs se sont pris d’affection pour Ti-Bill, le père de Léo MacDonald. « Je suis très content parce que j’adore mon personnage. J’ai eu un coup de foudre pour Ti-Bill dès le départ, quand j’ai auditionné. Je me sentais des affinités avec lui. Je voulais le jouer », relate Jean Maheux. Cette saison-ci, son personnage a de quoi inquiéter puisqu’il en perd de plus en plus sur le plan cognitif, et que son fils Léo et sa conjointe sont à bout de ressources pour le garder à la maison. « J’ai vécu des choses, ces dernières années, avec mes propres parents et ceux de ma conjointe. Il n’y a pas de similitudes, mais c’est certain que comme la majorité du monde, on rencontre ce genre de situations... Je veux rendre hommage aux auteurs qui travaillent sur l’émission, qui restent fidèles au personnage et à l’évolution de sa situation. Son cas pourrait être réglé assez vite, mais les auteurs prennent la peine de traiter de cette réalité-là et de faire évoluer la situation presque en temps réel, en montrant les hauts et les bas. C’est tout à leur honneur de mettre ça en scène. Le fait de voir ça dans une dramatique, j’imagine que ça résonne chez les gens. C’est une sorte de soulagement de voir qu’on peut parler de quelque chose qui est difficile à vivre pour tout le monde. »

Le sort de Ti-Bill

Quand son personnage a fait un AVC à la deuxième saison, le comédien s’est préparé en amont en discutant de la situation que vivait Ti-Bill avec la productrice et scénariste de la quotidienne, Izabel Chevrier, et avec son beau-frère, qui est médecin. « Je voulais être crédible. J’aime ce personnage-là, alors je lui dois d’être vrai », dit-il. Maintenant, l’intrigue portée par Ti-Bill touche à une autre réalité, soit celle de se questionner à savoir s’il faut placer nos parents ou non, et si ce changement est pour leur bien ou le nôtre. Aujourd’hui, les parents du comédien sont décédés — son père en janvier 2023, et sa mère en novembre 2025 —, mais il est arrivé un moment où son frère, sa sœur et lui ont compris que leurs parents n’étaient plus en mesure de vivre en résidence privée pour aînés. « On a eu la chance de trouver un endroit où mes parents étaient bien entourés, et ça nous a sécurisés parce qu’on ne pouvait pas les prendre avec nous. » Pour ce qui est de Ti-Bill, sa situation déclinante suscitera des inquiétudes lors du dernier épisode de la saison d’Indéfendable, le 23 avril. « Je ne veux pas trop en dévoiler, mais c’est certain qu’il n’y a pas de miracles pour sa condition et que la situation demeure tendue avec son fils. Les téléspectateurs qui m’abordent à l’épicerie et un peu partout sont inquiets du sort de Ti-Bill. Ils se font du souci pour le personnage et ça me fait plaisir. » Au moment où nous lui avons parlé, il ne pouvait pas confirmer s’il reviendrait la saison prochaine...

Réaliser ses utopies

Comédien et chanteur, Jean Maheux chante depuis fort longtemps. « J’ai appris à marcher et à chanter en même temps ! (rires) Dans ma famille, ça chantait. » C’est son père qui lui a inculqué l’amour de la musique et très jeune, il a chanté dans des chorales. Puis, à l’adolescence, il a découvert le théâtre. « J’ai compris que ça serait ma vie d’être sur une scène, mais pas juste pour chanter. » Durant sa formation à l’École nationale de théâtre, au début des années 1980, il a eu comme professeure de chant Pauline Vaillancourt, fondatrice de la compagnie lyrique de création Chants Libres. Il a ensuite eu le bonheur de travailler sur plusieurs productions avec elle, dans les années suivant sa sortie de l’école. « J’ai rencontré des pointures de la musique et j’ai appris à affiner mon oreille et ma culture musicale, à savoir c’est quoi la musique contemporaine. » Il a par la suite travaillé près de 10 ans avec l’artiste pluridisciplinaire Dulcinée Langfelder à créer des chorégraphies incluant la danse, le théâtre et la chanson. Une des compositions dans un spectacle était Don Quichotte à Dulcinée, de Maurice Ravel. Ce personnage du roman de Cervantes a suivi Jean à plus d’une reprise dans sa carrière. À la fin des années 1990, il a joué, dans la série pour enfants Tohu-Bohu, le rôle de Don Quichotte, puis de 2002 à 2009 et en 2019, il l’a à nouveau joué dans le théâtre musical L’Homme de la Mancha. « Ce personnage-là m’a accompagné de façon déterminante dans ma carrière », dit-il, en évoquant que Don Quichotte est l’incarnation même de l’utopie. « Ç’a été un moteur pour moi de jouer le personnage de Don Quichotte. Il n’y a pas de limites à ce qu’il peut avancer, proposer. Je suis marqué par ce personnage-là. Ce n’est pas toujours facile de faire notre métier et de croire qu’on a encore notre place. À un moment donné, je me suis dit qu’il fallait que je revienne à cet esprit-là, de réaliser mes utopies. C’est comme ça que je me suis remis à l’ouvrage pour faire le spectacle Espérer. Il fallait que je continue à chanter, à me produire sur scène et à écrire », affirme l’acteur et chanteur, qui a commencé à travailler sur le projet il y a deux ans avec la pianiste Marianne Trudel. C’est en 2007 qu’il a fait connaissance avec elle, alors qu’elle était la coach vocale du spectacle théâtral L’Iliade, auquel il a participé. Ensemble, ils ont composé des chansons et poèmes. Le spectacle revisite aussi des pièces du répertoire québécois francophone d’artistes comme Félix Leclerc, Jean-Pierre Ferland et Gilles Vigneault, ainsi que des chansons françaises. « On décompose les chansons pour les recomposer à notre guise et actualiser le propos. Il y a une prise de conscience générale dans la population, étant donné les circonstances politiques et historiques qu’on traverse, mais on doit continuer à vivre. On n’est pas uniquement dans le divertissement, dans le spectacle. On est aussi dans une affirmation selon laquelle la vie est plus grande que ce que l’actualité nous donne sans arrêt, et qui est réducteur. » D’où le lien avec le titre Espérer, qui est aussi un poème qu’il a écrit.

L’artiste n’en est pas à sa première grande création. En 2009, il a fait le solo Pas de silence. Un peu plus de 10 ans plus tard, un autre spectacle voyait le jour, mais il n’a toutefois pas eu une longue vie sur scène en raison de la pandémie. Sa production Espérer sera présentée à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, les 21 et 22 mai prochains. « On a la possibilité d’une troisième soirée à la salle Claude-Léveillée si les billets se vendent bien, et je suis allé rencontrer d’autres diffuseurs. On espère qu’il y aura une suite. »

Une maison ancestrale particulière

Il y a une quinzaine d’années, il a acheté une maison ancestrale qui a jadis appartenu à son arrière-grand-oncle, dans sa Beauce natale. L’ancien propriétaire la lui a vendu pour une bouchée de pain, sachant l’histoire familiale de la propriété. « J’ai une vue sur les Appalaches du Maine. C’est magnifique. C’est devenu un lieu de réflexion et de création. » Il y passe du temps en compagnie de sa conjointe, Geneviève, avec qui il partage sa vie depuis un peu plus de 10 ans. Cette dernière est dans l’enseignement. Ils se sont connus par l’entremise d’une amie commune. « C’est une femme admirable. Je suis heureux avec elle. On essaie tous les deux de réaliser nos utopies chacun dans nos disciplines et on se retrouve à travers ça. »

Indéfendable, du lundi au jeudi, 19 h, à TVA.

Le spectacle de chansons et poésie Espérer sera présenté les 21 et 22 mai, à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts.

Découvrez les livres de Nathalie Simard ci-dessous :

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