Jean-Charles Lajoie se confie sur son dernier moment très émouvant passé auprès de Rodger Brulotte | 7 Jours
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Jean-Charles Lajoie se confie sur son dernier moment très émouvant passé auprès de Rodger Brulotte

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C’est au stade IGA, anciennement connu sous le nom de stade Jarry, premier domicile des Expos de Montréal, que proches, amis et gens du public ont dit un dernier « Bonsoir, il est parti » au légendaire Rodger Brulotte, dont la dépouille était exposée en chapelle ardente, le 9 avril dernier.

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Rodger Brulotte aimait le monde et le monde aimait Rodger. Ce n’est pas surprenant que plusieurs personnalités et gens du public ont tenu à saluer une dernière fois, au stade IGA, le légendaire commentateur et chroniqueur sportif qui s’est éteint le 20 mars dernier, à l’âge de 79 ans. Habituellement, il s’agit d’un terrain de tennis, mais le lieu avait une tout autre allure cette fois-ci. Tout, dans la chapelle ardente, a été pensé, telle une mise en scène, jusqu’aux moindres détails. On pouvait facilement sentir la présence de Rodger Brulotte, qui brillait par son absence, alors qu’on entendait sa voix jumelée à celle de Denis Casavant à la description du dernier match des Expos de Montréal au stade olympique, le 29 septembre 2004. En faisant la file, les gens pouvaient voir le dernier match sur un écran, alors que d’autres écrans passaient en boucle un diaporama de photos de cette légende du baseball à divers moments de sa carrière et de sa vie. Sur le cercueil pendait un drapeau au logo des Expos de Montréal, auquel on y a ajouté l’inscription « Bonsoir, je suis parti ! Rodger » et tout en haut, deux photos de Rodger Brulotte, accrochées tels des fanions, et une autre banderole avec son nom et le « Bonsoir, je suis parti ! Rodger » en guise d’épitaphe. À côté des gerbes de fleurs, trois chandails à son nom aux couleurs des Expos, des Canadiens et des Alouettes, arborant le 7, son chiffre fétiche, étaient encadrés. C’était aussi le numéro de son joueur préféré, Mickey Mantle, des Yankees de New York, et celui que Rodger portait quand il jouait au baseball. Le Québec pleure Rodger Brulotte, mais également Youppi. Comme un enfant pleure la perte de son père, la mascotte des Canadiens de Montréal et autrefois celle des Expos, née de l’imaginaire du commentateur sportif, a pris quelques minutes pour se recueillir devant la dépouille de son créateur. Un moment très touchant à un homme qui a laissé sa marque bien au-delà du baseball.

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Une pluie d’hommages pour le commentateur sportif

Des derniers instants émouvants pour Jean-Charles Lajoie

Photo Agence QMI / Joël Lemay

« C’est un peu irréel, tout ça. J’ai encore beaucoup de difficulté à comprendre qu’il est parti. J’ai toujours l’impression qu’il va appeler comme il aimait le faire. Ça ne fait toujours pas de sens pour moi, malgré le décorum, qui est extraordinaire », a indiqué Jean-Charles Lajoie. L’animateur à TVA Sports a connu le légendaire commentateur sportif il y a 20 ans, à la défunte station de radio CKAC sports. « C’est devenu un collaborateur qui est devenu par la suite un bon ami. Rodger appelait quand ça allait bien, mais c’était aussi le premier qui appelait quand ça allait mal. Il avait toujours le bon mot. » La dernière fois qu’il lui a parlé est le mercredi 18 mars. « Précisément 44 heures avant son dernier souffle. J’ai terminé ma quotidienne (à TVA Sports) et j’ai eu un feeling. J’ai appelé Pascale (Vallée, la conjointe de Rodger) et je lui ai demandé si ça le dérangerait si je passais le voir. C’est la soirée où il a été confirmé qu’il s’en allait vers des soins de confort, de fin de vie. J’ai eu un choc quand je suis arrivé au huitième étage du CHUM parce que c’était écrit “Soins palliatifs”. Mes genoux ont plié. Rodger n’était pas complètement là, mais il a serré ma main quand je lui ai parlé. C’était particulier de me retrouver là, aux côtés de Pascale, à l’annonce du médecin traitant qui disait qu’il s’en allait en soins de confort. Je n’avais jamais vu un médecin pleurer comme ça de toute ma vie. »

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

« Il était très près de Ginette et moi quand notre fils (Charles) est décédé, et après aussi. Je l’ai côtoyé maintes et maintes fois dans les corridors de TVA et dans des endroits publics, pour toutes sortes de raisons. À chacune de nos activités, à la fondation Charles Bruneau, il était toujours là. Quand j’ai su qu’il était malade, l’année passée, je l’ai vu. Je me rappelle qu’il m’avait parlé de ses maux de dos, mais on ne savait pas que ça allait dégénérer aussi rapidement. C’est le cours de la vie. On passe tous par là, mais avant d’y arriver, il a bien semé ce qu’il avait à semer dans sa communauté sportive et, plus largement, dans la communauté québécoise. »

Le plus beau des anniversaires pour François Legault

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

François Legault, qui était en fin de mandat au moment de la chapelle ardente, a vécu le plus beau des anniversaires avec Rodger Brulotte, grâce à sa femme, Isabelle Brais. « Elle avait invité Rodger Brulotte à la maison avec Michel Bergeron et quelques commentateurs sportifs et on a jasé de sports pendant des heures. C’était tout un conteur. Il avait des anecdotes du temps des Expos. Ç’a été une de mes belles fêtes et c’était un bonheur de connaître Rodger. Je pense que beaucoup de Québécois ont eu une vie plus belle grâce à Rodger Brulotte. »

« C’était un frère, un confident » - Michel Bergeron

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Michel Bergeron, son grand ami depuis 64 ans, était très émotif au moment où il a pris la parole devant les médias. « Je m’attendais à ce que ce soit émotif, mais la réalité nous frappe en plein visage. J’ai de la difficulté à prendre le dessus depuis la mort de mon chum. Soixante-quatre ans qu’on est ensemble », a indiqué le Tigre. « C’était un vrai chum, un frère, un confident. Il était toujours là dans mes moments difficiles. Quand on avait besoin d’un service, on appelait Rodger. Il avait le numéro de téléphone du premier ministre, du plombier, du comptable, du notaire. Je pense que tout le monde a une histoire avec Rodger. J’ai le goût de parler des belles choses, mais je me suis aussi pogné avec lui, des chicanes à n’en plus finir. Des fois, je l’écoutais au baseball et je le textais pour lui dire que ce qu’il avait dit n’était pas vrai et il me répondait pendant le match. Il avait un maudit défaut : il était tout le temps en retard. (rires) Il avait tout le temps une raison. Maudit qu’il va nous manquer. »

« C’est un pilier important que nous avons perdu » - Pierre Karl Péladeau

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

« Rodger, c’était quelqu’un qui était près des gens. Savoir qu’il y a autant de monde qui l’apprécie, ça fait chaud au cœur. Ça illustre l’importance de la contribution de Rodger à la ville de Montréal, mais à bien d’autres choses aussi. C’est un pilier important que nous avons perdu. On ne peut faire que le remercier pour les immenses contributions qu’il a faites à la société », a fait savoir le président et chef de la direction de Québecor.

« Il me téléphonait tous les matins » - Ménick

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Le barbier des sportifs, Ménick, Domenico Perrazino de son vrai nom, a reçu Rodger Brulotte de nombreuses fois à son salon, sur la rue Masson. « Il me téléphonait tous les matins à 7 h 30. C’était le départ de la journée. Les journées où je n’étais pas de bonne humeur, il me replaçait ça, puis ça allait bien. »

« C’était un grand joueur de tours » - Claude Raymond

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

« C’est triste parce que quand un joueur ou quelqu’un du baseball nous quitte, c’est comme si c’était un membre de notre famille. Rodger a fait tellement pour le Québec et au Canada qu’il est dans notre famille. On perd un gros morceau. On a eu tellement de plaisir ensemble. C’était un grand joueur de tours. Il nous en a joué, mais on s’est repris souvent. C’est au parc Jarry que les Expos ont commencé. J’ai décidé de porter mon dernier uniforme lorsque j’étais instructeur des Expos en 2004 en l’honneur de Rodger. Il doit être en haut et dire “Merci, Frenchie (surnom de Claude Raymond)”. Moi je dis : “Rodger, merci pour tout ce que tu as fait pour le baseball, pour nos jeunes au Québec.” », a mentionné l’ancien joueur et instructeur des Expos de Montréal.

« Il a été un des premiers à croire en moi » - Justine St-Martin

Photo Martin Chevalier

« C’était important pour moi d’être ici parce que Rodger est un collègue spécial qui croit en la jeunesse et en toi à la seconde où tu mets les pieds dans le milieu. Il a été un des premiers à me tendre la main et à voir un grand potentiel. C’est la dernière chose qu’il m’a écrite quelques jours avant son décès. C’était un collaborateur extrêmement précieux pour moi. Tous les samedis matins, on prenait plaisir à vouloir faire rire les gens et surtout à transmettre notre passion pour le baseball. C’est plus qu’un collègue qui est parti au mois de mars », nous a confié la journaliste sportive à Salut Bonjour week-end.

« Rodger a toujours été disponible pour ma famille » - Denis Casavant

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Son acolyte à la description des matchs de baseball pendant 40 ans, Denis Casavant garde de beaux souvenirs de Rodger Brulotte, avec qui il a décrit un tout dernier match avec lui le 9 septembre dernier. « C’était plus qu’un collègue de travail. On était des amis. On ne se voyait pas nécessairement beaucoup à l’extérieur du cadre de travail, mais on se parlait régulièrement. J’appelais Rodger pour n’importe quelle raison et il me répondait tout le temps. Il était toujours disponible. Il a toujours aidé ma famille, mes enfants, si on avait besoin de quelque chose. » Le descripteur de sports l’a vu une toute dernière fois deux jours avant son décès, alors qu’il venait tout juste d’être transféré aux soins palliatifs du CHUM. « Je voyais à ce moment-là que ça n’allait pas bien, mais c’était un choc de le voir comme ça. Je l’avais vu une couple de fois pendant l’hiver et je voyais que la maladie l’avait vraiment affecté, mais j’avais toujours l’impression qu’il était sur le point de revenir. Je me disais que bientôt, il allait aller en centre de réadaptation et revenir travailler dans quelques mois. Mais, malheureusement, ça n’a pas été le cas. »

« C’était quelqu’un d’impressionnant dans sa modestie » - Jean-Luc Brassard

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

L’ancien olympien Jean-Luc Brassard s’est beaucoup inspiré de la fibre de communicateur de Rodger Brulotte dans sa propre carrière d’athlète. « Du temps où il faisait des commentaires au baseball, il réussissait à aller chercher tous les publics, pas juste les adeptes du sport, en allant chercher des petits potins croustillants que le monde aime, en parlant de la blonde ou la femme d’un des joueurs, des activités mondaines des autres joueurs, et ça venait toucher tout le monde. Ça faisait en sorte que même si les Expos avaient une baisse de régime, on écoutait le baseball pareil parce qu’on écoutait Rodger. C’était un communicateur hors pair. Quand il y a eu une tuerie dans une école secondaire au Colorado, il était affecté au match de baseball au Colorado et les médias se sont tournés vers lui pour avoir les impressions de ce qui se passait. C’est là qu’on a vu le communicateur en lui. Ce n’était plus juste ce qui se passait qu’il racontait. C’était des faits journalistiques livrés avec un aspect humain où il nous parlait de la douleur des personnes qui étaient là et qui vivaient la catastrophe. Je me suis dit que c’était ça, la communication, et quand j’ai commencé à faire des compétitions et à répondre à des questions, je donnais un petit aspect technique, un historique et un potin, parce que c’était la manière de faire partager le sport pour aller rejoindre tout le monde. C’était quelqu’un qui était impressionnant dans sa modestie. »

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