Pierre Gendron parle de son rôle dans «Les Armes» et de son enfance hors du commun | 7 Jours
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Pierre Gendron parle de son rôle dans «Les Armes» et de son enfance hors du commun

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Pierre Gendron signe un retour marquant au petit écran dans la série Les Armes, où il prête ses traits au ministre de la Défense, un homme de pouvoir déterminé à serrer la vis de l’escouade de la base militaire de Kanawata. Derrière le comédien, il y a aussi l’homme, père de quatre enfants, qui jongle entre une vie familiale bien remplie et une passion indéfectible pour son métier. Dans cette entrevue, il se raconte avec générosité, revenant sur les détours, les remises en question et les élans qui ont façonné son parcours.

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Tu es de la deuxième saison de la série Les Armes. Que peux-tu nous dire sur ton personnage ?

C’est encore un peu mystérieux, honnêtement. Mon personnage est le ministre de la Défense. Ça l’inscrit donc déjà dans une sphère très actuelle, très sensible. On ne sait jamais exactement jusqu’où ça va aller, parce que les auteurs suivent beaucoup l’actualité et, en ce moment, il y a énormément de matière ! Ça ouvre la porte à toutes sortes de développements possibles.

Ça faisait un moment qu’on te voyait moins à la télé...

C’est un métier extrêmement exigeant. Il faut être résilient. J’ai connu un beau début de carrière avec Le parc des Braves, Le grand remous, Ramdam et La vie, la vie ou plus récemment STAT et Indéfendable. C’est un métier où il y a des hauts et des bas. Mais quand tu joues, quand tu es sur un plateau ou sur scène, c’est tellement le fun que ça compense tout ! J’ai aussi la chance d’avoir une certaine sécurité financière grâce à un héritage. Ça enlève une pression énorme. Parfois, ça enlève peut-être un peu de sentiment d’urgence, mais ça me permet de choisir des projets qui me passionnent. Mon métier, je l’adore ! C’est viscéral. Le jeu reste un espace de liberté incroyable.

S’il y a eu moins de télé, il y a quand même eu la scène...

En effet, j’étais beaucoup sur scène. J’ai fait une longue tournée avec la pièce Ils étaient dix. On a donné plus de 150 représentations dans tout le Québec, ce qui est énorme. En parallèle, je suis très présent à la maison. J’ai quatre enfants, dont deux plus jeunes. Je me suis séparé il y a deux ans. Leur mère travaille énormément comme productrice en télé. Je suis donc un peu devenu le pilier du quotidien. Et, honnêtement, ça me plaît beaucoup.

Justement, parlons de tes enfants. Tes plus vieux suivent-ils une voie liée au milieu artistique ou médiatique ?

Oui ! Mon fils aîné, Victor, a 35 ans et il est régisseur à la Place des Arts. Il est dans le milieu, mais en coulisses. Ma fille Valérie, elle, est journaliste. Elle vient tout juste d’être engagée à RDI Montréal, ce qui est une grande fierté pour moi. Elle a travaillé très fort pour en arriver là. Elle a fait ses classes à Trois-Rivières, et même si elle habite à Terrebonne, elle faisait la route matin et soir. Ça prend une vraie passion pour faire ça.

Tu es aussi papa de deux adolescents. Comment te décrirais-tu comme papa ?

Je suis un père très présent. Ça n’a pas toujours été le cas. À une certaine époque, je travaillais énormément, j’étais dans une phase plus festive aussi. Mais aujourd’hui, dans la soixantaine, je me reprends, chaque jour. Mes deux plus jeunes, Thomas et ma fille Charlie, ont 17 et 15 ans. Ce sont de bons jeunes, très sportifs. J’essaie de leur laisser de l’espace. Je peux guider, suggérer, mais à l’adolescence ils doivent trouver leur propre voie.

Ton expérience auprès de tes enfants semble te servir aussi pour aider des jeunes...

Je fais du coaching depuis plusieurs années. J’accompagne des jeunes qui veulent entrer dans les écoles de théâtre, je les prépare pour leurs auditions. C’est quelque chose que j’adore, parce que je me reconnais un peu en eux. Je sais ce que c’est, l’angoisse des auditions, le désir de bien faire, le besoin d’être guidé. Et, en même temps, ça me garde connecté à la relève.

Tu parles avec beaucoup de lucidité de ton parcours de père. L’enfance que tu as eue a-t-elle influencé ta façon de faire ?

Énormément. J’ai été élevé par ma grand-mère et ma tante. Mes parents étaient là, mais pas de façon constante. À l’époque, c’était une génération différente, plus libre. Ils vivaient leur vie. J’ai compris que cela avait laissé des traces. Même si j’ai été aimé, bien entouré, il reste des blessures. Des questions qui ne disparaissent pas complètement. Avec le temps, j’ai dû faire un travail sur moi-même. Lire, consulter, comprendre mes patterns. Et oui, ça a influencé ma façon d’être père. J’ai voulu être présent.

Tu as également été un aidant natutel...

Quand j’étais enfant, mon père vivait en Floride. Il travaillait dans la construction. Ça faisait des années qu’on ne s’était pas vus. Je me souviens d’une scène presque irréelle quand j’avais huit ans. J’étais en Floride avec mes grands-parents, et par pur hasard, je suis tombé sur lui au bord d’une piscine, dans un hôtel voisin. C’était complètement improbable. On s’est retrouvés, on a passé quelques jours ensemble. Plus tard, je me suis aussi occupé de lui. J’ai été là pour lui jusqu’à la fin. Pour moi, c’était naturel. J’ai aussi accompagné ma tante, qui m’a élevé. Ça fait partie de moi, de ce que je suis.

Ton parcours personnel est marqué par des épreuves importantes, notamment la perte de ta mère...

Ma mère était une femme très libre, très originale. Elle parlait souvent de vouloir partir dignement. Lorsque son médecin lui a appris qu’elle ne pouvait pas participer à un voyage à cause de son état, elle a pris une décision très forte de mettre fin à ses jours. Elle nous a laissé, à mon frère et moi, une lettre, très belle. Sur le coup, je me suis écroulé, bien sûr. Mais avec le recul, je comprends son geste. Elle voulait garder sa dignité, son autonomie. Ça m’a amené à beaucoup réfléchir sur l’aide médicale à mourir.

En parallèle, tu vis aussi une nouvelle étape personnelle : depuis deux ans, tu es célibataire.

C’est une redéfinition. Aujourd’hui, mes enfants sont là, ils grandissent, et moi je me demande : qu’est-ce que je veux vraiment ? Le dating, c’est un autre univers. Je prends le temps. Je réfléchis à ce que je cherche, à ce qui me correspond. J’ai envie d’amour, bien sûr, mais différemment.

Tu continues quand même de créer, de développer tes propres projets ?

En ce moment, je travaille sur un projet qui me tient à cœur. J’adapte un roman jeunesse pour la scène, Une bulle en dehors du temps, de Stéphane Meunier. C’est une œuvre qui m’a profondément touché, et j’ai eu envie de lui donner une dimension théâtrale. Là, je suis dans tout le processus pour la produire. C’est beaucoup de travail, mais c’est stimulant.

Tu as également participé à un court-métrage très intéressant...

Récemment, j’ai tourné un court-métrage d’époque, très ambitieux avec Rémy Girard, Marilou Morin et Ève Lemieux. Massacrez les Louves, écrit par Philippe Cormier. Ça se passe en 1850, je joue un père dont les filles sont des femmes à barbe, perçues comme des monstres au village. C’est un projet dont je suis très fier. Sinon, je pars bientôt pour l’Autriche avec mon fils pour un tournoi de basketball, puis on ira à Venise et ma fille Valérie viendra nous rejoindre. Je songe à faire un voyage avec ma plus jeune, Charlie, plus tard. Peut-être à Paris. C’est précieux, ces moments-là.

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