Estelle Fournier: d’«Indéfendable» à «Casse-Gueule», portrait d’une actrice en pleine ascension | 7 Jours
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Estelle Fournier: d’«Indéfendable» à «Casse-Gueule», portrait d’une actrice en pleine ascension

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Estelle Fournier n’a que 21 ans, mais, au cours des derniers mois, le public a appris à découvrir une actrice au grand talent et à la maturité artistique impressionnante. Interprétant la fille de Me Cadet dans Indéfendable, on pourra la retrouver cette fois-ci dans la nouvelle série Casse-Gueule.

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Parle-moi de ton personnage dans Casse-Gueule.

Zoé a grandi à la campagne, élevée par sa mère. On comprend assez vite que son père, Clovis (Émile Schneider), a été absent toute sa vie. Elle ressent le besoin de renouer avec lui et de comprendre qui il est réellement. Zoé est un personnage qui porte de beaux enjeux et qui est très fonceuse. Elle vient d’avoir 18 ans ; on sent qu’elle veut découvrir de nouveaux horizons, mais qu’elle reste une ado qui se cherche. J’ai eu beaucoup de plaisir à la jouer, avec les piercings et le maquillage assez intense. Ça me sortait de mes habitudes.

Comment s’est passée ton expérience sur le plateau ?

J’ai vraiment été très bien accueillie par cette équipe, qui est devenue une famille. C’était super intense, puisqu’on tournait de longues journées dans de petits espaces et il faisait très chaud. On aurait dit que tout le monde avait été charmé par le projet : chacun a donné le meilleur de lui-même.

Bruno Petrozza / TVA Publications

Comment abordes-tu ton arrivée sur un nouveau tournage ?

J’ai commencé très jeune dans le métier, mais ça reste toujours intimidant d’arriver sur un nouveau plateau avec des artistes de renom. Au début, j’y vais doucement, mais je fais un gros travail en amont. Dans ce cas-ci, mon personnage a été élevé en anglais, donc j’ai suivi des cours pour m’assurer que mon accent correspondait bien. Je suis allée observer un peu en cuisine, mais rien de comparable aux deux acteurs principaux, qui ont passé des heures derrière les fourneaux. En tournage, je regardais énormément et je posais des questions : comment ils abordaient leur texte, comment ils organisaient leur horaire. J’ai beaucoup appris.

On t’a également vue jouer, dans Indéfendable, la fille de Me Cadet, et ton personnage a beaucoup fait réagir. Est-ce que ça t’a surprise ?

J’ai tourné le tout à l’automne et ce rôle a été une très belle surprise, je ne m’y attendais pas du tout. C’est sûr qu’arriver sur un plateau pour quelques épisodes seulement, c’est différent, puisqu’on est de passage. Mais l’équipe a été tellement accueillante ! Même si tout va extrêmement vite, je me suis sentie incluse dès le départ. Avec Héloïse, cette ado rebelle, je me suis vraiment amusée ! C’était libérateur de jouer un tel personnage, parce que je ne me permettrais jamais de parler aux gens comme elle le fait.

Ça te fait tout de même deux rôles d’adolescente un peu rebelle. Es-tu étonnée qu’on te fasse camper ce genre de personnage ?

Je voulais vraiment jouer ce genre de rôle. Depuis quatre ans, je suis dans la série jeunesse Comme des têtes pas de poule, où j’interprète Victoria, une bonne petite fille. J’ai toujours voulu incarner un personnage plus trouble, avec une enfance difficile, et la vie m’a écouté. Je remarque aussi cette tangente, mais c’est plaisant. Je sors à peine de l’adolescence, donc pouvoir prendre un pas de recul et revisiter cette période de ma vie, c’est intéressant.

Bruno Petrozza / TVA Publications

À ton adolescence, as-tu vécu une période plus trouble ?

Un peu, oui... vers 15 ou 16 ans, j’avais un petit côté comme ça. J’ai eu un passage un peu emo ! (rires) J’avais un piercing dans le nez, une adolescence un peu plus rock’n’roll. Avec la pandémie, j’ai l’impression de ne pas avoir pu vivre cette période à fond. Mais je peux aller puiser dans certaines émotions que je connais bien.

Parle-moi un peu de ton parcours...

J’ai grandi avec la télévision québécoise et, à un moment, j’ai compris que c’étaient des enfants de mon âge qu’on voyait à l’écran et que je pourrais le faire moi aussi. Avec l’aide de mes parents, je me suis inscrite auprès d’une agente et j’ai commencé par des publicités et des courts métrages. Le doublage est venu ensuite. J’ai eu la chance d’avoir une mère qui a toujours cru en moi et en mon rêve. Mon amour du jeu s’est développé avec le temps. Aujourd’hui, j’aime particulièrement travailler la psychologie de mes personnages.

Tu as commencé dans des émissions pour la jeunesse. As-tu trouvé difficile la transition vers des productions grand public ?

Oui, mais c’était une tellement belle opportunité de travailler sur des plateaux comme ceux-là : c’est très formateur. Dans Comme des têtes pas de poule, mes parents dans la série sont devenus des mentors pour moi. Je suis tout de même contente d’en sortir. Ma hantise, c’était d’être enfermée dans un seul type de rôle. Cela dit, on s’éclate, en jeunesse ! J’en referais n’importe quand, mais mon objectif reste de diversifier mes personnages.

Bruno Petrozza / TVA Publications

Le doublage occupe aussi une grande place dans ta vie professionnelle.

J’ai commencé à 11 ans, puis j’ai suivi une formation au Conservatoire et je continue de me perfectionner un peu partout. J’en fais encore en parallèle de ma carrière d’actrice et j’adore prêter ma voix à différents personnages. Le doublage est une grande leçon d’humilité, parce qu’on est au service d’un personnage déjà créé. On est là pour s’effacer afin que le résultat paraisse le plus naturel possible.

Tu as récemment parlé, dans une vidéo destinée aux jeunes, d’une relation toxique dont tu as réussi à te sortir. Est-ce important, pour toi, de faire partager ton vécu pour rejoindre ce public ?

Ç’a été un grand dilemme pour moi. J’avais déjà collaboré avec MAJ, l’actualité pour les jeunes, sur différents projets, et on m’a proposé de participer à une série abordant plusieurs enjeux. J’y ai longuement réfléchi, parce que c’est un défi très personnel. Ce métier vient avec une certaine visibilité médiatique, et je crois qu’il faut l’utiliser à bon escient. J’ai vécu cette relation toxique pendant mon adolescence, qui correspond à l’âge du public cible de la vidéo. Si je pouvais sensibiliser ne serait-ce qu’une personne, c’était important pour moi de le faire. J’aurais aimé entendre ce genre de témoignage à l’époque où je traversais cette épreuve.

Comment va ta vie personnelle, maintenant ?

Je suis une grande cinéphile et mélomane. J’ai une belle collection de vinyles que je conserve depuis l’enfance et j’adore le cinéma québécois. En ce moment, je m’intéresse beaucoup aux films des années 1960. Sinon, j’aime passer du temps avec mes amis et voyager. J’aimerais partir plus souvent, mais j’ai toujours peur de manquer des opportunités professionnelles. C’est un aspect sur lequel je dois encore travailler.

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