Anthony Kavanagh a choisi de faire sa vie au Québec, pour ses enfants | 7 Jours
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Anthony Kavanagh a choisi de faire sa vie au Québec, pour ses enfants

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Anthony Kavanagh prête sa voix à un capitaine de bateau dans le film d’animation Lydia et le vaisseau des tempêtes, tout en parcourant le Québec avec les toutes dernières représentations de son one man show Happy. Heureux de la vie familiale qu’il a bâtie ici, il a pourtant flirté récemment avec l’idée de retourner vivre de l’autre côté de l’océan.

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Anthony, comment as-tu décroché le rôle du capitaine dans Lydia et le vaisseau des tempêtes?

À mon grand bonheur, ils m’ont offert le rôle. Quand j’ai vu Chadio en photo, je me suis dit que ce personnage d’homme noir, musclé comme un Dieu, dans la quarantaine, barbe et cheveux longs, charismatique à souhait m’allait comme un gant ! (rires) J’ai accepté immédiatement de plonger dans l’aventure, puisque l’histoire était intéressante, mais surtout, les producteurs étaient québécois.

À quoi ressemble le travail de doublage pour un projet de bande animée ?

Contrairement à l’idée que se font les gens d’une session de doublage, je suis seul dans un petit cubicule et je me donne sans lendemain pour transmettre les émotions de mon personnage, inspiré par ses répliques et ses expressions. Je passe donc la journée complète non seulement à parler seul, mais aussi à hurler, crier, rire, pleurer. Mon âge mental en studio d’enregistrement est de six ans ! (rires) Une fois de retour à l’hôtel, je suis complètement crevé !

Est-il possible d’ajouter un peu de ta personnalité à ton personnage ?

Bien sûr ! Dans le film Moana, j’incarnais le demi-dieu Maui. Dans la version anglaise, c’est nul autre que Dwayne Johnson qui prêtait sa voix à ce personnage, une production de Disney. Lorsque je suis arrivé en studio, en bon élève, j’essayais de reproduire ce qu’avait fait l’acteur américain. Mais rapidement, on m’a dit de rester moi-même, de prendre la liberté, de donner ma couleur à ce personnage. Et en toute humilité, la version francophone est bien meilleure, plus authentique, plus sentie.

Ton fils Mathis fait-il encore du doublage ?

Après une première incursion dans le doublage, il souhaite poursuivre l’aventure, maintenant qu’il est âgé de 15 ans. D’ailleurs, il vient tout juste de signer avec une nouvelle agence, ici au Québec. Pour ce qui est d’Alice, qui a neuf ans, elle désire tenter sa chance en mannequinat. Elle est belle comme un cœur et dégage une forte énergie en photo. Même si mes enfants ne veulent pas faire ça de leur vie, ils ont visiblement tous les deux hérité de ma fibre artistique.

Dans Lydia et le vaisseau des tempêtes, tu incarnes le capitaine de bateau Chadio. As-tu le pied marin ?

Certainement. J’ai suivi ma certification pour conduire un bateau lorsque j’habitais en Suisse. Ce permis de navigation est beaucoup plus difficile à décrocher qu’au Québec, car il faut suivre une série de cours théoriques et pratiques. Comme la Suisse se situe aux frontières de la France, de l’Italie et de l’Allemagne, il fallait apprendre par cœur les différentes étendues d’eau qui se trouvent à proximité, ainsi que les différentes lois selon les pays. Je me souviendrai toujours de mon examen final, alors qu’il faisait tempête sur le lac Léman. C’est fou comme ça brassait, je me sentais comme dans le film Seul en mer.

Serais-tu un bon capitaine de bateau ?

Depuis des années, je répète sans cesse qu’on est le capitaine de notre propre vie, mais je ne suis assurément pas le capitaine de ma famille. (rires) Demandez à ma femme, Alexandra, avec qui je partage mon quotidien depuis presque 23 ans. C’est elle qui tient le fort lors de mes nombreux allers-retours en Europe.

Patrick Seguin / TVA Publications

L’éloignement devient-il plus facile maintenant que les enfants sont plus grands ?

C’est ce que je pensais qui allait se produire, mais non. Chaque fois que je pars deux ou trois semaines de l’autre côté de l’océan, c’est dur pour eux et c’est dur pour ma femme, qui doit assurer toute la charge mentale de la vie familiale. Même si Alexandra et moi, nous nous sommes mis d’accord sur mon rythme de vie atypique, ça ne l’empêche pas de se plaindre un peu chaque fois que je pars. (rires) De mon côté, lorsque je suis en Europe, on pourrait penser que je mène la belle vie. Je fais des FaceTime avec ma femme, je suis en train de manger en t-shirt sur une terrasse sous le chaud soleil de Nice, alors qu’une vague de froid frappe de plein fouet le Québec. J’ai l’air de bien m’amuser, mais en réalité, je tourne en rond, je souffre de solitude lorsque je suis loin de mes proches.

(Après réflexion, Anthony ajoute)

Cela dit, c’est la vie que j’ai choisie. Si j’étais soldat, camionneur, homme d’affaires ou capitaine de bateau, j’aurais souvent à quitter la maison. Et comme tous ces hommes et ces femmes qui doivent s’absenter pour le travail, lorsqu’on revient à la maison, on doit tranquillement replonger dans la routine familiale, sans trop bousculer l’équilibre de nos proches.

Julien Faugere / TVA Publications

Après avoir habité plusieurs années en Europe, tu es revenu t’installer au Québec avec ta famille en 2017. Prévoyez-vous retourner vivre de l’autre côté de l’océan un jour ?

Avec toutes les représentations de ma tournée Happy en Europe, ma femme et moi avons sérieusement discuté de l’éventualité de retourner vivre là-bas. Notre réflexion a duré un bon six mois. Qu’est-ce qui nous a convaincus de rester ici ? Les enfants. Mon fils, qui a été un bon soldat jusqu’à présent, nous a suivis dans trois déménagements, dans trois pays différents. Chaque fois, il n’a rien dit, il s’est toujours adapté. Mais là, il est à l’école, entouré d’amis, tout se passe bien, il a de bonnes notes. Ça lui briserait le cœur de quitter le Québec.

Et qu’en est-il de ta fille ?

Ma fille serait prête à déménager, mais à une seule condition : si on habite proches de ses grands-parents et de ses cousins, en Suisse. Sinon, pas question de bouger ! (rires) Même si nous avons décidé, Alexandra et moi, de rester ici pour le bonheur des enfants, il n’est pas impossible qu’on retourne vivre en Europe, une fois que Mathis et Alice seront grands.

Pour quelle raison ?

Ma femme est d’origine suisse. Elle en est à son 9e hiver ici et elle n’en peut tout simplement plus ! (rires) Oui, il y a de la neige en Suisse durant la saison hivernale, mais la température est beaucoup plus douce qu’ici. Outre l’hiver, il y a aussi le système de santé qui est beaucoup plus efficace et accessible là-bas. Bref, pour se rapprocher de sa famille et pour 1001 autres différentes raisons, il y a de fortes possibilités qu’on retourne un jour vivre en Europe.

Tu t’apprêtes à dire adieu à ton spectacle Happy. Est-ce difficile de quitter un spectacle que tu as aimé présenter ?

Après 500 représentations en Europe et en France, le temps était venu pour moi de plonger dans l’écriture d’un nouveau one man show. J’ai trouvé le filon principal, j’ai déjà écrit quelques numéros et je vais attaquer le rodage en Europe à la mi-mai. Cela dit, ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que je présente les dernières représentations de Happy au Québec, puisque j’aimais cette vibe de bonheur.

En terminant, quels sont tes petits bonheurs au quotidien ?

Conduire une voiture de luxe, posséder un yacht à deux millions d’euros, avoir des villas dans plusieurs pays différents à travers le monde.... Mais non, je vous taquine ! (rires) Sincèrement, souper avec ma femme, mes enfants et des amis, avoir de belles discussions, ça ne m’en prend pas plus pour être heureux. Difficile à croire, mais dans des moments comme ceux-là, je ne suis pas celui qui parle de plus ! J’observe les gens autour et je mesure ma chance de passer du bon temps avec les gens que j’aime, d’exercer un métier qui me fait autant vibrer, d’être en santé et d’avoir des projets qui m’allument autant à 56 ans.

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