Cuisiner avec les enfants: bon pour eux?
Parfois, préparer les repas devient machinal: nous le faisons sans vraiment y penser. Nous sommes si rapides à le faire que nous nous plaignons que nos enfants sont «dans nos jambes». Pourtant, les impliquer dans la cuisine est un investissement payant, même si cela nous demande patience et ajustements.
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C’est une vérité de La Palice: enseigner à nos enfants à cuisiner leur sera très utile plus tard. Mais ce n’est pas l’unique raison pour laquelle il faut leur transmettre nos connaissances. Selon une étude publiée par Santé Canada en 2011, le manque de compétences culinaires des enfants et des familles pourrait avoir un impact important sur leur santé. Moins nous cuisinons, plus nous allons au restaurant ou achetons des plats déjà préparés. Et ce n’est pas très recommandable pour notre santé et notre tour de taille. Une autre bonne raison de les impliquer en cuisine: c’est un jeu qu’ils adorent!
«C’est sûr qu’ils vont faire des dégâts, que ça va être une source de dispute entre frères et soeurs par moment, que ça va nous demander plus de temps, etc. Ce n’est pas toujours de l’aide, mais c’est un investissement», considère Stéphanie Côté, nutritionniste.
À quel âge faut-il commencer ces petits cours de cuisine? «Il n’y a pas d’âge pour commencer. Même lorsqu’ils sont très petits, les enfants peuvent s’installer près de nous (ou on peut approcher leur chaise haute du comptoir) pendant qu’on prépare les aliments, ou encore on peut les tenir dans nos bras pendant qu’on brasse une sauce», suggère Mme Côté.
Par exemple: donnez un bol de champignons tranchés à votre enfant de deux ans. Prenez-le dans vos bras, et approchez-le de la marmite de sauce à spaghetti (en étant vigilant, bien sûr). Il n’aura qu’à vider le contenu dans la marmite! Préparer une sauce à spaghetti avec papa, même à cet âge-là, c’est un moment inoubliable. «Verser la farine dans un bol pendant qu’on prépare des crêpes, ce n’est pas très compliqué, et ça fait participer les enfants, poursuit Stéphanie Côté. Quand ils sont plus vieux, on peut les faire couper quelques aliments à l’aide d’un couteau à beurre.» Ce dernier est moins tranchant et donc plus sécuritaire pour un enfant, mais il peut très bien servir à couper des concombres, entre autres!
Les ciseaux pour enfants peuvent leur permettre de couper les fines herbes ou la laitue et, à trois ans, un enfant est capable de manier cet outil. À cinq ans, il aura la motricité nécessaire pour pousser un aliment de bas en haut sur une râpe. Nous pensons ici bien sûr au fromage; râper une carotte est une tâche réservée à des enfants un peu plus vieux.
Des menus préparés en famille
Faire participer les enfants dans la cuisine, ça peut commencer dès la préparation des menus. «On peut leur demander ce qu’ils aimeraient manger. S’ils choisissent du macaroni au fromage du commerce, on peut dire oui à l’occasion. Si les autres repas de la semaine sont équilibrés, ce n’est pas un tel souper qui va gâcher leur alimentation», indique la nutritionniste.
«On peut feuilleter un magazine de cuisine avec eux et leur demander quelle recette ils aimeraient essayer. Les enfants voient la cuisine comme un jeu, et c’est bien! Cela contribue à leurs connaissances et à leur bonne alimentation sans qu’ils s’en rendent compte», souligne-t-elle.
Évidemment, si les deux parents travaillent, les leçons de cuisine ne seront pas toujours très éla borées les soirs de semaine! «On n’a pas autant de temps que le dimanche, mais si on leur demande seulement de touiller la salade, d’ajouter la vinaigrette ou de mesurer la quantité de pâtes, les enfants pourront poser de petits gestes qui les occuperont en attendant le souper.» Tout le monde y gagne!
Les cours de cuisine, une bonne idée?
Vouloir enseigner la cuisine à son enfant, c’est bien veau, encore faut-il savoir cuisiner. Stéphanie Côté nous encourage à ne pas mettre la barre trop haute. «Même si l’on ne fait que de l’assemblage, c’est déjà mieux que rien.» Par exemple, si vous faites cuire des pâtes et que vous y ajoutez une sauce du commerce, faites tout de même participer vos enfants. «C’est déjà mieux qu’un plat mis au four à micro-ondes!»
Il n’est jamais trop tard pour apprendre non plus. «Vous pouvez acheter un livre de recettes et apprendre en même temps que votre enfant», dit Stéphanie Côté. Il y a même des livres de recettes pour enfants, dont les préparations sont très simples. Quelle belle activité à faire en famille!
Si la cuisine vous intimide ou si vous sentez que vos enfants sont plus passionnés que vous, inscrivez-les à des cours! Renseignez-vous!
L’épicerie, on les amène ou pas?
Plusieurs parents préfèrent faire l’épicerie sans les enfants afin d’éviter les crises. Pourtant, l’épicerie peut aussi être un lieu d’apprentissage. «On peut les faire chercher des aliments, comme si c’était une chasse au trésor», suggère Stéphanie Côté. S’ils choisissent eux-mêmes leurs légumes, ils auront beaucoup plus d’intérêt à les manger. Nous pouvons orienter leurs choix en leur demandant par exemple: «Quel légume veux-tu avoir dans ton lunch: des carottes ou des poivrons?» L’enfant sera content d’avoir fait son propre choix, et vous aussi! «L’important est de ne pas classer les aliments comme étant bons ou mauvais», conseille la nutritionniste. C’est bien connu: les interdits sont toujours plus attirants. «Les enfants doivent respecter assez de règles comme ça dans la vie. Il faut que l’alimentation saine soit aussi une source de plaisir.»