Grâce à Mario Pelchat, Christian Marc Gendron et Manon Séguin se sont trouvés et ont fondé une famille
Les billets pour les spectacles sont disponibles sur le site christianmarc.ca
Christian Marc Gendron est un piano man bien de chez nous, dont le talent a fait vibrer les cœurs, autant à l’étranger qu’au Québec. Avec sa voix, son jeu éclatant et l’énergie qu’il dégage sur scène, il brille, entouré de ses fidèles musiciens et souvent porté par la voix de sa compagne depuis 12 ans, la chanteuse Manon Séguin, ainsi que par la présence de leur fillette, Kara. À l’approche de Noël, le couple nous a ouvert les portes de sa maison des Laurentides, magnifiquement décorée pour les fêtes. Une rencontre intime avec une famille unie, lumineuse et profondément attachante.
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Nous arrivons chez vous au beau milieu de vos préparatifs de Noël...
Christian Marc: La période de fêtes est très importante pour nous, mais c’est surtout grâce à Manon. Avant elle, Noël était surtout une obligation pour moi. Je travaillais toujours en décembre. J’étais en tournée en Asie, aux États-Unis... là où j’avais beaucoup de travail. Je n’étais jamais présent, alors la magie s’était un peu éteinte. Manon décore tout, installe deux sapins... c’est elle qui m’a fait retomber en amour avec Noël.
Manon: La neige est arrivée tôt cette année, alors on est vite tombés dans l’esprit des fêtes. Regardez: au moment où on se parle, Kara s’amuse à mettre de la neige en spray avec des pochoirs sur les vitres. Hier, on a écouté le film Maman j’ai raté l’avion 2. On a commandé une pizza, comme dans le film. On adore être en famille à la maison quand on n’est pas en tournée sur la route.
Y a-t-il une tradition qui revient immanquablement chaque année?
M.: Le sucre à la crème! J’en fais toujours. L’autre jour, j’ai tenté une version avec du lait de coco... grosse erreur! (rires) Ça ne goûtait plus le sucre à la crème. Et cette année, je pense faire une première vraie dinde.
La venue d’un enfant change aussi le regard sur Noël...
C.M: Totalement. Avec la Kara, qui a maintenant six ans, tu revis tout. On essaie de garder la magie, le père Noël, les lutins, même si elle est vite; c'est plus difficile de lui en passer une! (rires) Kara ramène toute cette magie des traditions, des petites choses simples. Et puis, cette année, c’est mon premier Noël sans ma mère... alors ma famille prend encore plus de place.
Justement, tu as écrit une chanson très forte sur le deuil, Noël sans toi, qui figure sur votre album Noël à trois. Tu dis être en deuil; cette chanson résonne donc très fort cette année?
C.M: Oui. Ma mère est décédée le 30 décembre 2025. Elle souffrait d’emphysème. Quand c’est arrivé, j’étais en tournée sans arrêt. Je n’ai presque pas pu la voir à la fin. Le 29 décembre, on faisait notre dernier show et il y avait une captation télé. Ma blonde a demandé à l’équipe technique s’il y avait moyen d’envoyer les images à ma mère, juste pour qu’elle puisse voir la soirée. Finalement, ils lui ont envoyé toute la captation en HD. Elle a passé une magnifique soirée. Je pense qu’elle a vu ce qu’elle avait besoin de voir. Le lendemain, elle est partie. La chanson Noël sans toi, je l’ai écrite pour Manon, au moment où elle a perdu sa maman. Les gens nous parlent tout le temps de cette chanson-là.
M.: Mais c’est une chanson qu’on chante rarement. Je l’ai chantée deux fois dans ma vie, en studio et l’an dernier, dans une église en Ontario. Je ne suis pas capable plus souvent, car elle est trop chargée d’images, de souvenirs...
Ta mère a beaucoup contribué à ton succès, n’est-ce pas?
C.M: Elle m’a toujours dit que j’allais avoir un succès «comme Elvis». Ça me faisait rire... Je lui expliquais que ça ne marchait pas comme ça. Mais elle y croyait sincèrement. Elle m’habite beaucoup, encore aujourd’hui.
Tu as donc eu un parcours particulier grâce à elle et grâce à ton passage à l’école primaire Le Plateau, à Montréal, où environ 40 % du temps est consacré à l’apprentissage de la musique...
C.M.: Oui, ça a changé ma vie. J’étais le seul enfant d’Hochelaga-Maisonneuve à la fréquenter. Et, un jour, on a déménagé à Saint-Jérôme. Malgré la distance, ma mère me déposait à l’école avant d’aller travailler. C’était exigeant pour toute la famille. J’ai étudié le violon, fait du chant choral, puis, enfant, j’ai même chanté dans une chorale avec Francis Cabrel. Mes premiers cachets UDA! Ma mère mettait tout de côté pour moi. À 14 ans, elle m’a amené chez Steve Musique et m’a acheté tout un setup professionnel. Ça m’a permis de travailler très jeune.
Diriez-vous que votre petite Kara est un peu votre enfant inespéré?
C.M.: Oui! On n’était pas capables d’avoir un enfant. C’était très difficile. J’ai même écrit la chanson Kara un an avant sa naissance, comme si je l’appelais. On n’y croyait plus. Et c’est quand on a lâché prise que c’est arrivé. C’est souvent comme ça, hein? Même dans ma carrière, c’est pareil; le succès est arrivé quand je ne l’attendais plus.
Vous avez donc eu votre fille et le vent a tourné sur le plan de ta carrière?
C.M.: Oui! Un soir, j’ai dit à Manon: “My God, mon amour, it’s happening.” Je recevais des likes de Roch Voisine, de Véro Cloutier... Je savais que quelque chose se passait. Pianoman 2 a explosé, puis ça a continué avec Pianoman 3. Et là, la télé s’est mise à m’inviter davantage. Rien de tout ça n’était prévu.
Vous travaillez beaucoup ensemble, Manon et toi. Comment ça se passe?
C.M.: Ça nous soude encore plus. C’est drôle, mais on se fait plus parler de notre famille que de nos chansons! Les gens nous ont vus grandir ensemble, ils ont vu Kara toute petite, sur notre album intitulé Noël à trois. Pendant la pandémie, on faisait des lives avec elle dans nos bras. On ne s’attendait jamais à ce que ça touche autant les gens.
Vous travaillez souvent pendant les fêtes. Comment gérez-vous ça maintenant?
C.M.: Ça fait 30 ans qu’on travaille durant les fêtes. Le 31, ç'a été plus difficile à accepter cette année. Je suis en deuil, et j’aimerais être avec ma fille. Mais aller célébrer les 10 ans du théâtre Le Carré 150, qui nous a toujours soutenus, avec un spectacle qui s’intitule On éclate l’année!... ça faisait vraiment du sens et ça tentait à tous mes musiciens. Je vais donc célébrer le Nouvel An avec ma famille musicale.
Comment conjuguez-vous la parentalité avec la tournée?
M.: On est chanceux. La fille d’un de mes amis garde Kara à la maison quand on ne peut pas l’emmener en tournée, et lorsqu’elle nous accompagne, notre régisseur veille sur elle quand on est sur scène. Aussi, elle devient de plus en plus autonome. Elle grandit au rythme de notre métier.
Faire de la tournée, c’est souvent faire de la route...
M.: C’est plus difficile qu’avant avec le trafic. Et avec une enfant, il faut tout planifier. Heureusement, l’école de Kara est super compréhensive. Je la fais manquer seulement quand c’est nécessaire. Et elle adore l'école.
Kara s’adapte bien à ce mode de vie?
C.M.: Sur la route, elle est parfaite! Huit heures de voiture, aucun problème. C’est à la maison qu’elle est plus «demandante» (rires), comme n’importe quel enfant. Elle grandit dans nos métiers, avec les shows, les répétitions, les voyages... C’est sa normalité.
Manon, comment en êtes-vous venus, Christian Marc et toi, à travailler ensemble?
M.: C’est Mario Pelchat qui nous a réunis. Il nous connaissait séparément, mais quand il nous a vus chanter ensemble, il a tout de suite senti la connexion. Même nous, on n’en revenait pas. On respirait en même temps, on avait une vraie symbiose.
C.M.: Notre premier contrat ensemble était aux États-Unis. J’étais en couple depuis neuf ans, et ni elle ni moi ne voulions briser ça... mais la connexion était trop forte. En revenant, on s’était juré de ne plus se revoir. Puis Mario m’appelle: «J’aimerais ça vous avoir pour un soir.» Ce soir-là, tout a basculé, parce qu’il a tellement aimé ça qu’il nous a engagés pour quatre ans de tournée. On était toujours ensemble, on est tombés amoureux, puis on s’est mariés. Et devinez qui était notre célébrant? Mario! Ça fait 12 ans qu’on est ensemble.
Tu enchaînes les spectacles avec aisance, et ton agenda est rempli jusqu’à la fin janvier...
C.M.: Oui, en décembre, on présente une édition spéciale de Pianoman 3 au Casino de Montréal. Je monte également sur scène pour le spectacle Parapapam avec Mélissa Bédard et Vladimir Kornéev. On fête même le Nouvel An à Victoriaville! Honnêtement, je dois beaucoup à mes 10 musiciens. Ça fait 20 ans qu’on joue ensemble et ce sont mes amis avant tout. J’ai vu leurs enfants naître et grandir. Je suis convaincu que c’est parce qu’on offre un vrai show, généreux et solide, que ça marche autant. J’aime être en gang. Ils me rendent meilleur. Le soir où je suis un peu moins là, ils me poussent.
Qu’est-ce qu’on peut dire de ton tout nouveau spectacle, Trilogie, qui prend l’affiche à partir du 8 avril 2026?
C.M.: Ça va être mon plus gros projet en carrière. Je pense qu’après ça, je vais un peu ralentir. L’idée de Trilogie vient du fait que, lorsqu’on demande au public dans la salle qui sont ceux qui me voient en spectacle pour la première fois, il y a beaucoup de monde qui lève la main. Et la phrase qui revient tout le temps, c’est: «J’ai pas vu Pianoman Expérience, ni Pianoman 2... vas-tu les refaire?» Dans Trilogie, je revisite le meilleur des chansons de mes anciens spectacles et là, je pousse beaucoup plus loin. Avec ce spectacle, j’ai envie de marquer l’histoire pour moi. D’être fier, de pouvoir me dire: «Ça, c’est moi qui suis allé au bout de ce que je pouvais.»
Avec tout ce que vous avez vécu, comment voyez-vous la suite?
C.M.: On travaille beaucoup, mais différemment. On choisit mieux. On garde de la place pour notre fille, notre petite chatte... Oui, on a beaucoup de spectacles, mais on protège nos petits moments, ceux qui donnent du sens à tout le reste. C’est ça, notre vrai noyau.