«Inoffensifs, mes implants?»: Une enquête choquante | 7 Jours
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«Inoffensifs, mes implants?»: Une enquête choquante

Lundi 1er décembre 20 h, Radio-Canada

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Après avoir elle-même choisi de demander le retrait de ses implants mammaires pour des raisons de santé, la Dre Isabelle Gaston nous entraîne dans sa quête de vérité sur le risque véritable que représente une telle intervention. Une recherche de longue haleine, qu’elle mène au nom de la transparence et du bien-être des Canadiennes.

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Dans sa façon d’exercer son métier de médecin de famille, la Dre Isabelle Gaston se décrit comme une femme prudente et diligente. Afin de donner le meilleur d’elle-même, cette professionnelle assiste à tous les congrès qui lui sont proposés et ne compte pas les heures de formation afin d’être en mesure de donner l’information la plus précise et à jour à ses patients. Après tout, il lui apparaît important que ceux qui lui confient leur santé possèdent toutes les données nécessaires pour prendre des décisions éclairées.

Or, celle qui a reçu des implants mammaires macro-texturés de la compagnie Allergan, en 2008, a eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’on ne lui avait peut-être pas dit toute la vérité au sujet de l'intervention qu'elle a subie. Après une période d’arrêt de travail liée à des ennuis de santé, elle a mené des recherches qui l'ont amenée à découvrir que le risque de développer un cancer lié à ces prothèses était plus significatif qu’elle ne l’avait d’abord cru. En 2023, elle a ainsi choisi de se faire enlever ses implants, qui avaient été retirés du marché du Canada en 2019. «En fait, je ne me sentais vraiment pas bien, se souvient-elle. Et j’ai appris sur les réseaux sociaux que l’émission Enquête avait présenté un reportage sur les implants en 2018. Je l’ai écouté et, de fil en aiguille, je suis allé voir ce qui avait été fait en Europe. C’est à ce moment que j’ai vraiment commencé à m’interroger.» C’est sur cette quête, qui l'a amenée à la rencontre de nombreuses femmes ayant vécu des expériences similaires, qu’est construit ce documentaire produit par Julie Snyder.

La maladie des implants mammaires

Au fil de ses recherches, la Dre Gaston a multiplié les appels pour finalement comprendre que certains symptômes dont elle était affligée pouvaient être liés à ce qu’on appelle aujourd’hui la maladie des implants mammaires. Celle-ci peut se manifester par des symptômes comme de la fatigue, des douleurs articulaires, des problèmes de mémoire ainsi que le développement de maladies auto-immunes, dont la polyarthrite rhumatoïde, le syndrome de Sjörgen et la thyroïdite de Hashimoto. Tout ça, sans compter le risque accru de développer un cancer, une information nouvelle qui ne lui a jamais été transmise. «Je croyais que les instruments médicaux étaient soumis aux mêmes règles que les médicaments, qu’on suivait les mêmes étapes au Canada, mais ça n’est pas le cas. Certains produits bénéficient de clauses grand-père, alors la voie est beaucoup plus rapide pour les mettre en marché. Comme médecin, nous recevons régulièrement des messages de Santé Canada qui nous informe que nous devons faire attention à tel ou tel médicament, mais là, rien du tout.»

En apprenant l’existence de ces dangers, la Dre Gaston a non seulement pris du recul par rapport à la procédure qu’elle a subie une décennie plus tôt, mais elle a aussi pensé aux nombreuses femmes qui, comme elle, n’avaient peut-être pas toutes les données en main quand elles ont pris leur décision. «J’ai pensé aux autres femmes qui ont reçu des implants et qui sont passées dans mon bureau, dit-elle. Je me suis demandé si je n’avais pas manqué un diagnostic. Je me suis mise à stresser.»

Un registre réclamé

Si la Dre Gaston a connu sa part de moments difficiles par le passé, elle a tout de même choisi de se lancer dans un important combat contre la puissante industrie des implants mammaires, ce qui, on le devine, lui a demandé beaucoup de temps et d’énergie au cours des dernières années. Tout ça, dans le but de nourrir la discussion à une époque où de plus en plus de jeunes femmes se tournent vers la chirurgie plastique, et de pousser les détenteurs du pouvoir politique à créer un registre des prothèses afin de mieux protéger les Canadiennes.

«Du côté de Santé Canada, on nous dit encore qu'on doit soumettre la question à des experts avant de décider si ce serait une bonne mesure, alors que dans le G7, nous sommes les seuls à ne pas avoir de registre sur tous les implants médicaux», rappelle-t-elle. En 2023, une centaine de cas de cancer, possiblement liés à l’utilisation de certaines prothèses en silicone, ont été recensés au pays, et trois personnes en sont décédées. Faudra-t-il que le bilan s'alourdisse pour que le message passe?

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