Karine Gonthier-Hyndman s'ouvre sur ce que ça lui fait de tourner avec son ex | 7 Jours
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Karine Gonthier-Hyndman s'ouvre sur ce que ça lui fait de tourner avec son ex

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Photo : Julien Faugere / TVA Pu

En 2023, Karine Gonthier-Hyndman célébrera ses 15 ans de métier. Une carrière qui s’est dessinée lentement, mais qui, depuis quelques années, lui propose nombre de projets exaltants. Malgré cette carrière enviable, l’actrice ne tient rien pour acquis. Le sentiment d’urgence qui l’habite et sa crainte de manquer de temps — pour le métier, ses passions, la vie — l’amènent à savourer chaque moment avec intensité.

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Karine, la troisième saison de C’est comme ça que je t’aime s’annonce fort prometteuse...

Oui, mais je n’ai encore rien lu. Cette année, Patrice Robitaille et François Létourneau réaliseront la série. Ça créera une ambiance différente. J’ai très hâte de les retrouver et de voir où cela nous mènera. Nous tournons tous les deux ans pour que François ait le temps d’écrire. C’est un projet qui nous permet de nous déployer en tant qu’acteurs. Nous sommes beaucoup dans l’action, constamment en mouvement. Comme la série se déroule dans les années 1970, l’emballage est différent: coiffure, maquillage, costumes. J’ai de la chance de pouvoir incarner Micheline Paquette, qui est à la fois violente et aimante. Les personnages de la série commencent à s’ancrer dans l’imaginaire collectif. À l’Halloween, les gens nous envoient des photos d’eux déguisés comme les quatre personnages. Je me dis que nous devons avoir réussi quelque chose. 

Tourner avec ton ex dans Entre deux draps pose-t-il des défis?

Non, pas du tout. Guillaume (Girard) et moi avons entamé cette série alors que nous étions déjà séparés. Nous l’avons abordée comme un couple d’amis. Ce n’est absolument pas un terrain glissant pour nous. Nous tournons dans la bonne humeur et le plaisir de travailler nos liens autrement, comme deux collègues de travail, mais surtout comme deux amis. Nous avons beaucoup de plaisir à faire ce projet. 

JULIEN FAUGÈRE

En 2023, on te retrouvera aussi au théâtre, si je ne m’abuse?

Oui, je serai en tournée avec Le roman de monsieur de Molière. Je serai aussi au Théâtre Denise-Pelletier dans la pièce Le faiseur, une adaptation d’une pièce de Balzac, Mercadet. C’est la première fois que je travaille avec Alice Ronfard, une femme de théâtre exceptionnelle. J’ai toujours aimé les gens qui ont une pensée singulière. J’aime sa façon d’aborder le travail avec une part de risque. Le théâtre est le lieu du risque, et c’est quelque chose que je retrouve chez Alice. La tiédeur, ce n’est pas pour moi. Le risque fait partie de notre travail. 

As-tu des modèles qui t’inspirent par leur audace?

Le modèle que tout le monde connaît à travers le monde, c’est Madonna. Je ne suis pas une grande fan de sa musique, mais l’artiste qu’elle est m’inspire. Elle a défoncé toutes les portes et a toujours été en marge, refusant de se soumettre aux normes. Elle a ouvert le chemin avec une parole tellement forte, non seulement pour les femmes, mais aussi pour les queers et bien d’autres. On peut critiquer ses chirurgies, mais elle incarne profondément ce qu’elle a envie d’être. Elle n’est jamais irrespectueuse. C’est un modèle fort. Depuis le début de sa carrière, elle a fait évoluer tellement de choses...

Il semble que tu célébreras tes 15 ans de carrière en 2023.

Oui, je suis sortie de l’école en 2008. J’ai l’impression d’avoir commencé à travailler hier... Les débuts ont été tardifs; j’ai commencé à travailler à 30 ans et j’en ai maintenant 38. Durant les années qui ont précédé le début de ma carrière, je travaillais quand même: je faisais du théâtre, de la voix, du doublage, des ateliers de jeu. Je m’entraînais, je joggais. Je me préparais pour le jour où ça viendrait...

Puis ta carrière a littéralement explosé!

Oui, mais je ne fais pas partie des acteurs qui sont des têtes d’affiche sur tous les projets. Ma carrière évolue lentement. J’ai beaucoup travaillé depuis huit ans, mais toujours en douceur. J’ai fait partie de groupes, pas nécessairement mise à l’avant-plan, et ça me plaît. J’ai 15 ans de carrière, mais j’ai toujours cette fougue, ce feu intérieur. Je me souhaite de rester vivante et heureuse dans mon métier. 

Initialement, avais-tu des rêves précis, et si oui, les as-tu réalisés?

J’ai fait plus encore! Avant mes 30 ans, je me suis dit que je n’allais peut-être jamais vivre de mon métier. Pouvoir en vivre, et même être reconnue par mes pairs, c’est inespéré. Nos désirs et nos envies grandissent au fur et à mesure qu’on se déploie. J’ai donc de nouveaux besoins, de nouvelles envies, de nouvelles ambitions. Parfois, j’aurais envie de me dire: «Ça va! Basta, les croquettes!», mais avec le temps qui passe, l’urgence est encore plus grande.

Ce rythme plus lent te permet-il d’apprécier particulièrement tout ce qui t’arrive?

Oui, et je ne tiens rien pour acquis. J’ai tellement galéré que chaque contrat que je décroche est comme une bénédiction. La peur de ne plus travailler ou de moins travailler sera toujours présente. La peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas me renouveler aussi. Cela fait partie de moi. C’est peut-être même un moteur dans mon travail. J’ai par contre des moments de répit. Quand je sais que mon année est remplie, c’est rassurant. Mon métier est vraiment ma passion, j’en ai besoin. J’ai besoin de consommer de la culture et d’en faire.

JULIEN FAUGÈRE

Le fait de cheminer vers la quarantaine te force-t-il à jeter un regard neuf sur le temps qui passe?

Tout à fait! Ce qui me fait peur dans le fait de vieillir, c’est de ne plus travailler. Sinon, j’aime bien vieillir. Je me sens plus posée et plus calme qu’avant. Je me sens plus en paix avec mes choix. Plein de choses bouillonnent en moi. J’ai envie d’explorer différentes choses, mais j’ai peur de manquer de temps. J’ai toujours été ainsi, même enfant. Ma mère me disait que je ne voulais pas me coucher, que je manquais toujours de temps. J’ai continué à ressentir cette urgence durant toute ma vingtaine et ma trentaine: j’ai de la difficulté à m’arrêter. Je voudrais que les journées soient plus longues. Alors ce qui m’inquiète, c’est de manquer de temps. Aurai-je le temps de voyager comme j’en ai envie? De rencontrer ceux que j’ai envie de rencontrer? De faire les projets que j’ai envie de faire? 

Habites-tu toujours la belle maison que tu as rénovée?

Oui, c’est mon havre de paix. Je me suis fait un nid dans lequel, beau temps, mauvais temps, bien-être ou mal-être, me trouver là me calme. Je me sens bien chez moi. J’ai beaucoup de plantes, je jardine beaucoup. Ça fait partie des choses qui m’apaisent. 

Sinon, qu’est-ce qui occupe tes temps libres?

Je consomme du cinéma, je vais au musée, je vois mes amis. J’adore faire mes courses au marché, cuisiner. Je suis particulièrement épicurienne. Autant j’ai besoin de me retrouver seule chez moi pour me ressourcer, autant j’aime être entourée, inviter mes amis à la maison. J’ai eu l’occasion d’aller en Grèce l’automne dernier. Ça m’a rappelé à quel point ça fait du bien de changer de contexte, de s’ouvrir à autre chose. La vie est courte. Ça me fait réaliser que je ne dois pas tout miser sur le travail et qu’il faut que je prenne du temps pour moi. Ça fait partie de mes résolutions pour la nouvelle année: profiter des moments d’accalmie pour me ressourcer plutôt que de stresser parce que je n’ai pas de travail... 

La pièce Le roman de Monsieur de Molière est en tournée du 18 janvier au 9 février. tnm.qc.ca La pièce Le faiseur sera présentée au Théâtre Denise-Pelletier du 25 janvier au 18 février.

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