Micheline Bernard avoue trouver le manque de travail difficile | 7 Jours
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Micheline Bernard avoue trouver le manque de travail difficile

Micheline Bernard cumule 45 ans de métier. Hormis un passage à vide au tournant de la soixantaine, l’actrice a régulièrement joué et continue de le faire, pour son plus grand bonheur, mais aussi pour le nôtre. Cet hiver, on la découvrira dans le rôle de la grand-mère d’Antoine dans la série À propos d’Antoine, sur Club illico.

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Micheline, en plus de la série Léo, vous serez de la distribution d’À propos d’Antoine, dont l’histoire tourne autour d’un enfant lourdement handicapé au sein d’une famille reconstituée. Qui camperez-vous dans cette série?
J’incarne la grand-mère, c’est-à-dire la mère de Claude Legault, Hugues Frenette et Sylvain Marcel. C’est une femme qui adore sa famille, ses enfants, ses petits-enfants, notamment Antoine, un enfant polyhandicapé. Antoine, de qui est inspirée la série, a joué son propre rôle. Mon personnage vit sur le même palier que sa famille, car cette femme habite un logement à côté de son fils. Ils s’adorent, mais ils sont toujours en train de s’engueuler un peu... C’est beaucoup grâce à mon personnage qu’on rit dans la série, car elle est un peu TDAH. Je trouve que c’est un très beau rôle. À la lecture du scénario, je souriais, j’étais touchée, comme le public devrait l’être. 

Avez-vous autre chose à l’agenda?
Actuellement, c’est assez tranquille. J’ai de petites choses ici et là, notamment des laboratoires de théâtre. Quand il n’y a pas de travail, ce sont toujours des moments difficiles. Quand un beau projet m’est proposé, je suis tellement reconnaissante!

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI



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Avec le temps, vous êtes-vous habituée aux fluctuations du métier?
Oui, avec le temps, et surtout à 67 ans. C’est vrai qu’à mon âge il y a moins de rôles. C’est entre autres pour cette raison que j’étais heureuse de pouvoir tenir celui-ci. Les actrices de mon âge vont comprendre: il n’y a pas tant de beaux personnages pour nous. On incarne souvent la grand-maman qui écoute les doléances de tout le monde, mais qui n’a pas de vie finalement. C’est quand même ce qu’on voit généralement à la télé.

Ça rejoint tous les préjugés qu’on peut avoir envers les gens qui sont dans la soixantaine et plus...
Oui, comme s’ils n’avaient pas de vie... Alors quand on nous propose un beau personnage comme celui-là, c’est formidable! J’ai 45 ans de métier. Ce qui compte le plus, c’est l’écriture et les rencontres.

Avez-vous réalisé la plupart de vos objectifs de jeune comédienne?
Je n’en avais pas tant que ça. Je n’avais pas de plan défini. J’étais de Québec. Au début, j’ai fait beaucoup de théâtre. Quand j’y repense, je me dis que je faisais mes classes. Il y a des jeunes qui sont des stars en débutant. Moi, je n’aurais pas été de ce genre. Je suis contente d’être passée par le théâtre, qui est très exigeant et qui demande de faire preuve de beaucoup de rigueur. Ça m’a permis d’apprendre.

En 45 ans, avez-vous parfois eu envie de quitter le métier?
Quand j’ai eu 60 ans, il n’y avait plus rien. Zéro. Aucune offre. C’est toujours des passages difficiles. Celui-là a duré deux ans. J’ai pris le téléphone et je me suis rappelée à certaines personnes, notamment Denise Filiatrault, qui est une fidèle. Quelques mois plus tard, je recevais un appel pour jouer dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?. Ça m’a remise en selle. Ça m’a fait du bien. 

Le Journal de Québec



Croyez-vous qu’aujourd’hui on laisse plus de place aux femmes de 50 ans et plus?
Je crois que oui. Actuellement, on voit différents corps, on accepte la différence sous toutes ses formes. Mais il y a aussi l’âge. C’est aussi ce que la série À propos d’Antoine va nous apporter: comprendre un autre type de différence. Je n’étais pas habituée à jouer avec un polyhandicapé. Au début, j’étais complètement déboussolée. Ç’a été une aventure humaine formidable! Je ne savais pas comment m’y prendre... Mais j’ai appris.      

Sur le plan de la différence, le dernier tabou serait-il lié à l’âge?
Moi, je dis toujours à mes amies que c’est à nous de montrer l’exemple. Avoir 60 ans aujourd’hui, ce n’est plus comme avant. J’ai toujours eu de beaux exemples près de moi, à commencer par ma mère. Elle était coiffeuse et elle a toujours eu son salon. C’était une femme d’affaires qui a longtemps travaillé. Elle adorait son métier! Même quand elle vivait dans une résidence pour personnes âgées, alors qu’elle avait plus de 80 ans, elle avait encore des clientes. Elle adorait les coiffer! C’était aussi une femme autonome. Mes tantes aussi ont été de beaux modèles.

Dites-vous votre âge?
Oh, oui! J’ai 67 ans et je ne m’en cache pas. Je n’ai aucun problème avec ça...

Que faites-vous pour garder la forme?
Je ne fais pas beaucoup d’exercice, mais je marche. J’adore marcher! Je marche vite. C’est une activité que j’aime beaucoup et qui me fait du bien. On peut vieillir, mais il faut rester allumé. Personnellement, c’est ce que je souhaite. Je vais au musée, où je peux passer des journées entières. Je vais au cinéma, au théâtre. À Montréal, nous sommes gâtés sur ce plan. Je pense que les choses changent en vieillissant: avant, je ne m’intéressais pas beaucoup à Riopelle. L’année dernière, il y a eu une exposition au MBAM, qui m’a émue. C’est bon de vieillir. Avec les années, les goûts changent, la façon de voir et de sentir aussi. Je suis de plus en plus sensible: j’ai la larme facile et je suis facilement touchée. Il y a des avantages à vieillir. On peut choisir. Et peut-être que, plus que jamais, on a besoin de beauté... 

À propos d’Antoine sera disponible dès le 19 janvier sur Club illico.
La saison 4 de
Léo est offerte sur Club illico et sera diffusée dès le mercredi 11 janvier à 21 h 30, à TVA.

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