Maladie de Crohn et colite ulcéreuse : en hausse au Canada | 7 Jours
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Maladie de Crohn et colite ulcéreuse : en hausse au Canada

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Les maladies inflammatoires de l’intestin (MII) regroupent des affections pouvant causer l’inflammation et l’ulcération d’une partie du tube gastro-intestinal. La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse sont les plus répandues. Ce sont toutes deux des maladies auto-immunes pour lesquelles il n’existe toujours pas de traitement curatif.

Au Canada, environ 300 000 personnes vivent avec une maladie inflammatoire de l’intestin (MII) et, de ce nombre, plus de 7000 jeunes de moins de 18 ans en sont atteints. Or la prévalence de ces deux maladies chez les enfants canadiens a augmenté de plus de 50 % au cours des 10 dernières années, ce qui inquiète la communauté scientifique, puisque les causes exactes demeurent inconnues. Voici en quoi consistent ces affections.

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La maladie de Crohn

Liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif, cette maladie inflammatoire chronique du tube digestif (de la bouche à l’anus) se traduit par une muqueuse intestinale fragile, où se forment des ulcérations plus ou moins profondes pouvant aller jusqu’à la perforation. Lorsque l’anus est atteint, on peut souffrir d’abcès, de fissures et de fistules anales. La maladie de Crohn évolue souvent par des phases d’activité appelées «poussées» suivies de périodes de rémission. 

Les symptômes

De la diarrhée (parfois sanglante), des douleurs abdominales et anales, une perte de poids, de la fièvre et de la fatigue font partie des symptômes communs. Or, lorsque la poussée est sévère, les symptômes le sont aussi, et on peut souffrir d’hémorragie, de difficultés à s’alimenter et de fatigue importante. L’hospitalisation est le plus souvent nécessaire. 

Les facteurs de risque

Si on ignore les causes exactes de la maladie de Crohn, les chercheurs ont déterminé que le tabagisme joue un rôle majeur dans l’apparition et dans l’aggravation de l’affection. De plus, si la science affirme que la maladie de Crohn n’est pas héréditaire, elle n’exclut pas un certain lien génétique, car il semble que les personnes apparentées au premier degré à un individu atteint de cette maladie aient plus de risques de la développer à leur tour que le reste de la population. Il semble également que les personnes touchées par la maladie souffrent de dysbiose, soit la modification de la composition du microbiote intestinal, mais on ignore s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence de l’inflammation chronique qui sévit dans l’intestin. Enfin, les personnes très sédentaires seraient plus touchées que celles qui sont actives.

Le diagnostic

Il est établi d’une part au moyen de prises de sang, d’une endoscopie œso-gastro-duodénale et d’une colonoscopie. Par la suite, le médecin pourrait avoir recours à une tomodensitométrie, à une échographie ou à une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour vérifier s’il y a des complications à l’intestin grêle, comme des abcès, une perforation ou une sténose (rétrécissement d’une partie de l’intestin). 

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Les traitements

En cas de tabagisme, l’arrêt du tabac demeure la première recommandation des médecins afin de réduire l’apparition des poussées et de prévenir les complications, surtout postopératoires. Ensuite, pour contrôler ou éliminer l’inflammation, plusieurs types de traitements existent, dont la corticothérapie, le plus souvent prescrite pour de courtes périodes, car elle a des effets secondaires indésirables, notamment la prise de poids, des éruptions cutanées, l’ostéoporose et le diabète. Des médicaments immunosuppresseurs peuvent aussi être prescrits pour calmer les réactions inflammatoires ainsi que des antidiarrhéiques pour aider à réduire la diarrhée. La chirurgie est souvent utilisée pour réséquer la partie de l’intestin malade ou pour réparer une complication (fistule, sténose). Dans certains cas, une stomie (anus artificiel) est pratiquée temporairement, rarement de façon permanente.

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La colite ulcéreuse 

Cette maladie commence presque toujours par affecter le rectum avant de se propager au côlon. Si les chercheurs ne savent pas les causes exactes de la colite ulcéreuse, on sait qu’il s’agit d’une maladie auto-immune, c’est-à-dire qu’elle survient à la suite d’une réponse immunitaire inappropriée de l’intestin qui, pour se «défendre» contre de faux agresseurs, attaque sa propre paroi. 

Les symptômes

Voici les principaux:

  • Crampes ou douleurs abdominales;
  • Diarrhée chronique;
  • Gonflement de l’abdomen;
  • Envie constante d’aller à la selle;
  • Saignement rectal,
  • Fièvre;
  • Déshydratation;
  • Fatigue; anémie;
  • Perte de poids;
  • Douleurs articulaires; 
  • Ulcères dans la bouche.

Les facteurs de risque

L’hérédité, l’alimentation et certaines infections pourraient favoriser le développement de la maladie. De même, la prise d’anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène, pourrait augmenter la récurrence des poussées. 

Le diagnostic

Bien souvent, les symptômes révélés au médecin sont suffisants pour établir le diagnostic de colite ulcéreuse. Mais d’autres tests peuvent être prescrits comme les analyses sanguines, un test d’échantillons de selles, une colonoscopie, un tomodensitogramme, un lavement baryté et une imagerie par résonance magnétique (IRM). 

Les traitements

Puisqu’on ne guérit pas de la colite ulcéreuse, l’objectif des traitements est de réduire les symptômes et les périodes de crise ainsi que de prolonger les intervalles entre les poussées. Il existe plusieurs traitements médicamenteux:

• les anti-inflammatoires intestinaux;

• les corticostéroïdes;

• les immunosuppresseurs;

• les antibiotiques en cas d’infection;

• les antidiarrhéiques.

À la médication s’ajoute parfois l’intervention chirurgicale, laquelle est envisagée quand le traitement médical n’est pas suffisamment efficace, qu’il y a présence de complications ou qu’il s’agit d’une forme sévère de la maladie.

Elle consiste alors à enlever une partie de l’intestin affecté. Il semble qu’environ une personne atteinte de colite ulcéreuse sur trois subira un jour cette chirurgie. Bien qu’elle offre une solution curative, celle-ci peut toutefois entraîner des conséquences à long terme, notamment le port d’un sac externe pour recueillir les selles qui ne peuvent plus être évacuées. 

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