Le TDA/H, un trouble qui dure toute la vie | 7 Jours
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Le TDA/H, un trouble qui dure toute la vie

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Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est un trouble neurodéveloppemental chronique qui toucherait de 5 à 9 % des enfants et de 3 à 5 % des adultes du pays. Il serait aussi plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité affecte le champ d’attention et la concentration, et il s’accompagne parfois d’impulsivité et d’hyperactivité. Le TDA/H a plusieurs impacts sur la vie de l’enfant: à l’école, où il peut faire preuve d’inattention, d’impulsivité ou d’agitation, et à la maison, où il peut avoir des comportements négatifs envers les membres de sa famille. L’enfant peut alors faire montre de colère, d’agressivité, d’une faible tolérance à la frustration, d’instabilité émotionnelle, d’une propension à s’obstiner et à entrer en conflit, et d’une faible estime de soi. C’est souvent à l’école qu’on détecte le TDA/H chez l’enfant s’il a manifesté six comportements d’inattention, d’hyperactivité ou d’impulsivité au cours des six derniers mois.

Comportements d’hyperactivité

  • Il bouge sans cesse et ne reste pas assis longtemps. 
  • Il court souvent ou il grimpe aux arbres ou aux structures plus que les autres enfants.
  • l parle de manière excessive. 
  • Il a de la misère à jouer tranquillement.

Comportements d’impulsivité

  • Il accepte difficilement d’attendre son tour. 
  • Il interrompt les gens.
  • Il répond à une question qui n’est pas encore entièrement posée.
  • Il s’immisce dans les jeux des autres.

Comportements d’inattention

  • Il ne porte pas d’attention aux détails ou il fait des fautes d’inattention dans ses travaux scolaires, voire durant les jeux ou les activités. 
  • Il est facilement déconcentré durant une tâche ou une activité. 
  • Il semble ignorer la personne qui lui parle.
  • Il ne suit pas les consignes et ne termine pas ses travaux.
  • Il évite les tâches qui demandent un effort mental soutenu.
  • Il perd souvent ses affaires.

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Les causes du TDA/H

Si on ne sait pas véritablement quelles sont les causes du TDA/H, on lui associe des facteurs génétiques. Ainsi, les enfants qui sont nés dans des familles où il y a des antécédents de TDA/H risquent davantage que les autres d’en recevoir un diagnostic. D’autres facteurs pourraient aussi en être responsables:

  • de faibles taux de dopamine et de sérotonine, deux neurotransmetteurs dans le cerveau; 
  • un déficit des lobes frontaux, zones responsables de l’attention, de l’organisation et du contrôle; 
  • certains facteurs environnementaux, comme le tabagisme durant la grossesse, les pesticides ingérés ou respirés. 

Les chercheurs ont toutefois fait la preuve que le TDA/H n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ni par des problèmes psychosociaux. 

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Le diagnostic

Comme il n’existe pas de test ou d’examen médical permettant de poser un diagnostic clair, la démarche diagnostique doit être faite par un spécialiste (médecin, psychologue, neuropsychologue) qui connaît bien le TDA/H, et elle consistera à évaluer l’enfant et son milieu de vie: son développement depuis sa naissance, son comportement à la maison et ailleurs, ses symptômes et ses difficultés à l’école. Le professionnel de la santé pourra aussi se servir de tests psychologiques, de tests neuropsychologiques et d’échelles comportementales pour poser son diagnostic. Dans bien des cas, il fera aussi appel au personnel de l’école qui est en contact régulier avec notre enfant pour obtenir le plus de renseignements possible.

Comment traite-t-on le TDA/H?

Bien qu’il n’existe aucun traitement pour guérir le TDA/H, certains médicaments peuvent être prescrits conjointement à une intervention psychosociale (par exemple, une psychothérapie comportementale, une thérapie familiale, un soutien pédagogique) afin de diminuer les effets indésirables de ce trouble sur l’enfant, notamment les difficultés scolaires et relationnelles ainsi que la perte d’estime de soi. La plupart des médicaments utilisés dans le traitement du TDA/H sont des psychostimulants: ils stimulent l’activité des neurones dans la partie frontale du cerveau, qui gère l’attention et l’autocontrôle, et permettent donc une meilleure attention et une moins grande agitation. 

Le méthylphénidate

C’est le psychostimulant le plus souvent prescrit par les médecins, car il est généralement efficace et n’entraîne aucune dépendance. On le trouve sous les formes suivantes:

  • Ritalin: son action est de courte durée, soit de 3 à 4 heures, mais il existe aussi en version longue durée (de 6 à 8 heures).
  • Biphentin: il a une plus longue durée d’action (de 8 à 12 heures) et sa libération initiale étant plus importante que d’autres médicaments, ce médicament est plus efficace l’avant-midi que l’après-midi.

Concerta: il possède aussi une longue durée d’action (de 8 à 12 heures), mais sa libération étant plus graduelle tout au long de la journée, il stabilise mieux l’attention l’après-midi que le Biphentin.

Les dérivés de l’amphétamine 

Il s’agit d’une autre classe de psychostimulants. On y trouve les produits suivants:

  • Dexédrine: son action est plutôt de courte durée d’action (de 3 à 4 heures), mais il en existe aussi une version prolongée (de 6 à 8 heures). 
  • Adderall XR: ce médicament de longue durée (de 10 à 12 heures) est moins souvent prescrit. 

Vyvanse: parce que sa durée d’action est longue (de 12 à 14 heures), il est surtout prescrit aux adolescents et aux adultes.

Les non-psychostimulants

Ces médicaments n’agissent pas comme des stimulants, mais ils sont souvent prescrits aux enfants qui vivent de l’anxiété.

  • Strattera: ce médicament agit sur 24 heures et s’il améliore un peu moins l’attention que les autres médicaments, il permet toutefois de diminuer l’anxiété. 
  • Intuniv: il agit aussi sur 24 heures et on l’utilise pour minimiser les symptômes comportementaux comme l’anxiété, l’impulsivité, l’agitation, la colère ou l’opposition. 

Parce que certains enfants réagissent mieux à une catégorie de médicaments qu’à une autre, il faut parfois en essayer plusieurs avant de trouver celui auquel notre enfant répond le mieux.

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