Les Ukrainiens qui ont dansé leur peine à Révolution donnent des nouvelles de leurs familles encore là-bas | 7 Jours
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Les Ukrainiens qui ont dansé leur peine à Révolution donnent des nouvelles de leurs familles encore là-bas

Les champions de ballroom Denys et Antonina se sont ouverts comme jamais lors de la demi-finale en dansant la souffrance que traversent les gens de leur terre natale, depuis le début de la guerre en Ukraine. Au-delà du fait qu’ils aient obtenu la meilleure note de la soirée, ils ont réussi à transmettre leur message.  

Antonina et Denys, avez-vous hésité avant de choisir le thème de la guerre en Ukraine pour ce numéro très personnel?
Denys: Non, nous n’avons pas hésité. D’une certaine manière, c’était notre mission de le faire.

Comment la guerre affecte-t-elle vos vies?
D.: Chacune de nos journées commence avec la recherche de nouvelles sur ce qui se produit là-bas.
Antonina: La guerre a affecté nos vies complètement et directement dès le début. Je viens de Marioupol; c’est la ville qui a été le plus attaquée et détruite par les Russes. Pendant près de deux mois, je n’ai eu aucune nouvelle des membres de ma famille. Je ne savais même pas s’ils étaient vivants. Je n’avais aucune façon de les joindre, puisque la ville était isolée et sans électricité. Du 2 mars à la fin avril, je les ai cherchés désespérément. J’ai utilisé tous les réseaux que j’avais pour essayer de savoir ce qui leur était arrivé. Je ne savais pas quoi faire d’autre! 

Avez-vous réussi à connaître leur sort?
A.: Finalement, quelqu’un sur les réseaux sociaux a vu une de mes vidéos et a répondu à ma demande d’aide pour secourir ma mère. Ma vie a été changée pour toujours par cette guerre. Et c’est la même chose pour Denys. Sa ville natale n’a pas été détruite, mais elle est aussi affectée par la guerre.

Et maintenant, avez-vous des nouvelles de vos familles?
A.: Quand j’ai pu les localiser, j’ai appris que malheureusement mon grand-père avait trouvé la mort à cause des combats. Bien qu’elle ait été abîmée comme toutes autres de Marioupol, la maison de mes grands-parents tient encore debout. Ma grand-mère est toujours sur place, car elle est incapable de quitter les lieux. Pour ce qui est de ma mère, qui se trouve présentement en sécurité en Europe, sa maison a été complètement détruite.
D.: Heureusement, mes parents sont au Canada, où nous avons immigré il y a déjà un bon moment, mais j’ai encore de la famille en Ukraine, dont mon oncle, qui est médecin en chef dans l’armée. Nous ne pouvons pas avoir beaucoup de nouvelles de sa part.



Quel message voulez-vous que le public retienne de votre numéro?
A.: Nous désirons partager l’esprit ukrainien avec les Canadiens et nous voulons qu’ils ressentent la souffrance que traverse la nation où nous sommes nés. C’est inimaginable qu’un tel conflit se produise en 2022 en plein cœur de l’Europe! Le pays tout entier est en feu, des dizaines de milliers de personnes meurent, les enfants vivent dans la destruction. Nous espérons faire comprendre aux gens à quel point ce qui se passe en Ukraine en ce moment est épouvantable! Les gens se fatiguent d’entendre parler de la guerre. Il y a huit mois, ce sujet était de tous les bulletins d’informations, mais sa place diminue parce que chaque pays a ses propres problèmes. Nous souhaitons que les Canadiens comprennent qu’ils ne peuvent pas fermer les yeux sur la situation, même si ça se passe loin des chez eux. La guerre est si soudaine, elle peut arriver partout. Personne n’est vraiment libre avant que tout le monde le soit.

Que représentent pour vous la réaction des maîtres et votre résultat de 94 %?
D.: Nous ne faisions pas ce numéro pour le score. Ce que nous voulions, c’est que les maîtres soient touchés par notre numéro. De ce point de vue-là, ç’a été un succès.

À la base, pourquoi avez-vous choisi de participer à Révolution au Québec?
D.: La raison majeure était l’identité des maîtres de Révolution, des artistes que nous admirons énormément. C’est inspirant de danser devant des gens qui ont une telle expérience et tant de connaissances. La deuxième raison était la qualité du travail de l’équipe de production. Nous étions impressionnés par leur façon de tourner l’émission et nous trouvions que c’était une merveilleuse manière de rejoindre plus de gens.

Que préférez-vous de l’aventure jusqu’ici?
A.: Ce sont les rencontres que nous avons faites avec des membres de l’équipe de Révolution et les amitiés qui en sont nées. Les gens dans les coulisses sont extraordinaires avec nous, autant les responsables des costumes que ceux qui filment l’émission. Ils sont des passionnés de la danse, et nous nous sentons les bienvenus et même aimés depuis le début. 



Qu’avez-vous appris sur vous durant Révolution?
D.: Nous avons appris à faire davantage confiance à notre instinct et à notre vision de la danse. Nous avons compris qu’il faut continuer d’apprendre et de nous pousser pour atteindre de nouveaux buts.

Pourquoi votre partenariat est-il si fort?
A.: Nous dansons ensemble depuis 16 ans et, dès nos premiers essais, nous savions que nous étions un match parfait. Nous n’étions encore que des enfants, mais nous ressentions physiquement de l’électricité passer entre nous. Une connexion est née! Je crois que c’est parce que nous nous complétons bien. Nous sommes le yin et le yang, et nous avons les mêmes rêves et la même éthique de travail.

À quoi ressemble votre vie commune à New York?
A.: En tant que danseurs professionnels, nous enseignons, nous nous produisons et nous nous entraînons. Bref, nous dansons pratiquement 24/7! Quand nous ne dansons pas, nous voyageons dans le but de danser ailleurs.
D.: Et nous travaillons très fort pour diffuser notre art sur de nouvelles plateformes et à de nouveaux publics, afin de ne pas juste nous concentrer sur l’aspect compétitif de la danse. 

Ne manquez pas la grande finale de Révolution ce dimanche 4 décembre, à 19h30, à TVA.

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