Mélissa Désormeaux-Poulin avoue avoir une drôle de relation avec le vedettariat | 7 Jours
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Mélissa Désormeaux-Poulin avoue avoir une drôle de relation avec le vedettariat

À 41 ans, Mélissa Désormeaux-Poulin est en pleine possession de ses moyens. Elle a de beaux rôles, entre autres dans des séries comme Lac-Noir et Classé secret, et elle prête sa voix à Mamanie dans Bébéatrice. Au-delà des projets, elle arrive à garder un bel équilibre travail-famille. Entrevue avec une comédienne de talent, qui a commencé son métier dès l’enfance.

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Mélissa, comment vas-tu?

Je vais bien, j’ai un automne assez relax. J’ai des projets qui vont arriver plus tard, mais qui ne sont pas encore confirmés. Cependant, en ce moment, je prête ma voix au personnage de Mamanie, qui est la maman de Béatrice dans la série Bébéatrice. C’est déjà la quatrième année et c’est le fun à faire. Il y a une belle ambiance en studio et j’ai développé une belle complicité avec Élia St-Pierre, qui prête sa voix à Bébéatrice. C’est un projet que j’aime beaucoup. Nous avons aussi une belle liberté.

Tu fais de plus en plus de voix, n’est-ce pas?

Effectivement. En même temps, je ne sais pas pourquoi, mais ça m’insécurise de le faire, même si j’aime ça. Je prête ma voix à beaucoup de publicités, celles de L’Oréal entre autres. Cependant, je ne fais pas de doublage, car ça demande une technique précise que je ne possède pas du tout.

Patrick Seguin

À quoi ont ressemblé les derniers mois?

Je me suis beaucoup reposée avec ma famille, c’était important pour moi de me ressourcer et revenir en forme. Cet été, je me suis rendue sur des plateaux de tournage, mais pour mes filles. Ce n’est donc pas moi qui travaillais, mais elles. Florence a tourné dans la prochaine saison d’Entre deux draps. Léa a tourné dans 5e rang, entre autres. Je suis très fière d’elles, et l’important, c’est que l’école demeure leur priorité.

Que penses-tu du fait qu’elles exercent ce métier?

Les voir faire ce métier, ça me ramène à moi-même et à celle que j’étais à leur âge. Je suis une mère avant tout, et je souhaite que mes filles soient bien et qu’elles vivent de belles expériences. Je ne veux pas qu’elles soient fatiguées et je suis avant tout une mère plus qu’une comédienne quand je suis sur un plateau avec elles. Je ne veux pas être la fatigante qui s’impose. Je sais comment ça marche et j’espère être une bonne accompagnatrice. Mais c’est Jonathan, mon conjoint, qui y va la plupart du temps. C’est un univers bien différent pour lui qui travaille dans une banque.

Est-ce toi qui as poussé tes filles à faire ce métier?

Qu’est-ce que tu en penses? (rires) Vraiment pas. J’aurais même voulu qu’elles fassent autre chose. Mais je me suis rendu compte que je retenais un élan chez elles. J’ai donc décidé de les laisser explorer tout ça, mais avec une règle bien précise: dès que ça ne fait plus leur affaire, nous arrêtons. 

Enfant, tu as eu cet élan, toi aussi?

Oui, mais chez moi, c’était beaucoup plus une obsession. À quatre ou cinq ans, je ne parlais que de cela et je ne voulais faire que ça. Rien d’autre ne m’intéressait. J’ai eu la chance de décrocher de beaux rôles qui ont perduré. Je n’étais pas la fille qui avait les meilleures notes à l’école, mais je m’en tirais bien et j’arrivais à concilier les tournages et les études. Je pense que mes parents ont vite compris que j’allais faire ce métier et, mon père étant professeur, il m’encadrait bien. Mais j’avais tellement hâte d’être une adulte! Je n’aimais pas l’école et j’aimais être surtout avec les adultes. Antoine Durand et Danielle Proulx, qui jouaient mes parents dans Les héritiers Duval, ont été des amis et des mentors pour moi durant mon enfance et mon adolescence. En vieillissant, j’ai aussi réalisé la chance que j’avais eue de tourner avec des monuments de ce métier comme Angèle Coutu et Jean Besré. J’ai eu tellement de belles discussions avec eux!

Patrick Seguin

Quel est ton rapport à la popularité?

Je ne fais pas ce métier pour ça. Je le fais pour jouer, pour raconter des histoires. C’est de ça que je rêvais quand j’étais petite. Pas d’être populaire à tout prix. Je n’ai jamais voulu être une vedette et je ne le souhaite pas encore aujourd’hui. Le vedettariat, c’est éphémère. J’ai toujours voulu faire ce métier, mais pas pour être en couverture d’un magazine ou pour être reconnue dans la rue.

Tu fais ce métier depuis l’enfance. As-tu eu une période difficile?

Oui, je me souviens qu’à l’adolescence, il y a eu une période où j’étais moins choisie. Ç’a été difficile pendant environ un an, j’ai été vraiment malheureuse et j’ai même pensé à faire autre chose. Mais rien d’autre ne m’allumait. J’ai commencé à faire ce métier à 6 ans, ça fait donc 35 ans que je suis comédienne.

Qu’est-ce que tu retiens après autant d’années dans ce métier?

Que j’aime encore ça et que je le fais pour les bonnes raisons. Je me souviens, durant ma période creuse, d’avoir eu à travailler dans les bars et à être maquilleuse. J’étais vraiment malheureuse. Je devais avoir 18 ou 19 ans et ç’a été difficile, car je ne connaissais rien d’autre que le jeu et les plateaux. Mais je m’en suis sortie en me disant que ce n’était qu’une mauvaise période et que j’allais à nouveau avoir des rôles un jour. Aujourd’hui, j’ai 41 ans et j’ai encore peur quand il se passe un mois sans que je travaille. Je pense que je ne serai jamais en paix avec ça. C’est comme ça.

As-tu déjà voulu intégrer une école de théâtre?

Oui, je voulais le faire. J’ai même essayé parce que je voulais faire partie d’une gang. Finalement, j’ai été refusée partout, et je pense, avec le recul, que c’est la meilleure chose qui ait pu m’arriver. J’avais 22 ans, je suis tombée enceinte de ma fille Léa tout de suite après et c’était parfait. Je devais accepter d’avoir un parcours différent. Que je sois allée dans une école de théâtre ou pas, ça ne me dérange pas. J’ai appris mon métier sur les plateaux. Après ma période creuse sont arrivés de beaux rôles dans des séries telles que La part des anges, Emma et La promesse, et ça n’a jamais arrêté par la suite.

Être maman aussi jeune était-il important pour toi?

Oui, quand j’ai eu Léa, ça faisait déjà 10 ans que j’étais avec mon chum. Jonathan et moi étions prêts à devenir parents. Mon syndrome de l’imposteur face au métier s’est estompé à la naissance de ma fille. Je voulais être un modèle. Être solide et montrer l’exemple à mon enfant.

Photo : Patrick Seguin / TVA P

Tu sembles avoir le bonheur facile...

Oui, j’ai un conjoint extraordinaire, deux petites filles incroyables, et je fais un métier que j’adore. Je suis exactement là où je voulais être dans la vie. Je savais que je voulais être maman jeune, que je voulais une relation stable, et j’ai la chance d’avoir tout ça. Mon entrée dans la quarantaine se passe bien et je me sens en possession de mes moyens, alors je souhaite que ça ne s’arrête pas. J’ai peur d’avoir moins de rôles en vieillissant. D’un autre côté, si ça s’arrêtait, je me verrais faire complètement autre chose. Ce serait possible, maintenant. Je me verrais être idéatrice, productrice au contenu, et j’aimerais aussi explorer encore plus l’animation. Je n’ai pas absolument besoin d’être sous les projecteurs.

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Lac-Noir sera diffusée le lundi à 21 h, dès le 3 avril, sur ADDIK. Les cinq saisons de Bébéatrice sont offertes sur Tou.tv Extra. On peut revoir les épisodes de Classé secret sur Club illico. Mélissa présente également le documentaire Et maintenant?, disponible sur la plateforme Vrai.

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