Voici comment Louise Portal a rencontré l’amour il y a 30 ans | 7 Jours
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Voici comment Louise Portal a rencontré l’amour il y a 30 ans

Image principale de l'article Voici comment elle a rencontré l’amour

Avec plus de 50 ans de carrière, Louise Portal n’a plus besoin de présentation. Comédienne et chanteuse, elle est aussi une auteure reconnue et une conférencière très populaire. Si elle s’est souvent confiée sur sa vie et son passé, elle a accepté de nous révéler quelques secrets.

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J’AI ÉTÉ ENCOURAGÉE À DEVENIR ARTISTE

On avait une famille très portée sur les arts et la culture, et, dès notre adolescence, nos parents nous encourageaient là-dedans. Il faut se replacer dans les années 1960, ce n’était pas comme aujourd’hui. À cette époque, la vie de famille et la vie à l’école étaient encore très importantes. C’était la guerre du Vietnam, le peace and love, la libération de la femme, on revendiquait des choses, mais à travers l’amour. Ça n’a rien à voir avec aujourd’hui, il n’y avait rien d’agressif ou de violent. Je suis contente d’être née dans ces années-là. On était aussi juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les gens avaient envie de célébrer la vie et l’amour. C’était une belle époque. Avec mes soeurs, on faisait du théâtre amateur, on chantait à l’école, je faisais des mises en scène de parade de mode chez Gagnon Frères, à Chicoutimi... On était très créatives. C’est un héritage exceptionnel, car tous les enfants ont été encouragés à aller vers une carrière artistique, que ce soit la chanson, l’écriture, le cinéma, le théâtre, ou la télévision. Mon frère a aussi été réalisateur durant 30 ans à Radio-Canada, et il aime beaucoup écrire.

J’ÉTAIS DESTINÉE À JOUER

Plus jeune, j’aurais aimé être patineuse de fantaisie, mais je ne pense pas que j’aurais eu les qualités qu’il fallait pour être une athlète. Avec mes soeurs, durant notre enfance au milieu des années 1950, nous nous sommes beaucoup déguisées et on a souvent joué à la madame. J’ai très rapidement rêvé d’être actrice. Je crois que j’avais un destin déjà tracé d’avance. Après des années de théâtre amateur au Saguenay, j’ai été refusée la première fois à l’école de théâtre, mais j’ai finalement été acceptée la seconde fois. Ça fait maintenant plus de 50 ans que je fais ce métier.

JE N’AI JAMAIS FINI LE CONSERVATOIRE

J’ai une bonne étoile. À la fin de ma deuxième année au Conservatoire, j’ai reçu une offre pour participer à un téléthéâtre à Radio-Canada. Je devais jouer dans la pièce Paradis perdu, de Marcel Dubé. J’ai obtenu une permission spéciale de mon directeur pour pouvoir travailler sur ce projet. C’était extraordinaire pour moi, parce que je travaillais avec Monique Mercure et Denis Drouin. Je jouais leur fille. Je suis revenue au Conservatoire et j’ai finalement dû abandonner au milieu de ma troisième année parce que j’ai eu une proposition pour faire une grande tournée québécoise avec une autre pièce de Marcel Dubé. C’était deux mois de répétitions et deux mois de tournée. Ma carrière a commencé comme ça et ça ne s’est jamais arrêté. Les soeurs Portal (Louise, Priscilla, Geneviève et Pauline) adoraient se déguiser. Louise a connu une carrière enviable malgré l’interruption de ses études théâtrales. Ici en 1974 sur le plateau de La p’tite semaine, aux côtés d’Olivette Thibault, d’Yvon Dufour et de Jean Besré.      

JE CROIS EN L’AMOUR

Pour moi, l’amour est le moteur de tout. Si on est dans l’amour, on va être moins dans le jugement, dans la critique ou dans l’apitoiement. On va être davantage dans la gratitude, plus tourné vers les autres. On va aussi prendre plus soin de soi et de son environnement. L’amour est la valeur spirituelle la plus importante pour moi. Quand j’étais plus jeune, ça n’avait pas la même imagerie ou la même émotion qu’aujourd’hui. J’ai eu, dans ma vingtaine, des années très romantiques, j’étais la princesse en attente, et je n’ai pas toujours choisi les bons compagnons amoureux, mais c’est normal. Je ne me connaissais pas encore comme aujourd’hui. J’ai désormais une sagesse et un recul. J’ai vécu assez de saisons dans ma vie pour savoir ce que veut exactement dire l’amour d’un être pour un autre. 

J’AI RENCONTRÉ L’AMOUR SUR DES PATINS

J’ai rencontré Jacques, mon amoureux, il y aura bientôt 30 ans. Un ami nous a présentés, et il nous a mis main dans la main sur une patinoire du Vieux-Montréal. Je parlais beaucoup et, à un moment donné, je l’ai regardé. Je ne savais pas trop ce qui se passait. Mais quand on a arrêté de patiner et qu’on est allés rejoindre nos amis, la seule chose qui est sortie de ma bouche est: «Je ne sais pas ce qu’il y a dans cette main, mais on n’a plus envie de la quitter.» J’avais 43 ans à l’époque. On est restés ensemble toute la journée et même la première nuit, ce qui n’était pas dans mes habitudes. J’ai par la suite appris qu’il était dans une pratique de massothérapie depuis plus de 15 ans; il a donc une grande présence dans ses mains. De son côté, ce soir-là, il s’est dit que s’il restait pour la nuit, il allait rester pour la vie. Ça va faire 30 ans en mars prochain qu’on s’est rencontrés, et c’est toujours aussi épanouissant et nourrissant. On est vraiment privilégiés d’avoir cet amour. 

JE RÊVE D’INCARNER RENÉE MARTEL À L’ÉCRAN

Je crois beaucoup aux demandes qu’on fait à l’Univers, c’est très fort. Si c’est bon pour nous, ça arrive. Quand ça n’arrive pas, c’est parce que ça ne s’inscrit pas dans notre chemin de vie. C’est très particulier. À l’âge que j’ai, je peux dire que c’est réel, ce n’est pas quelque chose d’ésotérique. J’en ai demandé souvent, des choses qui sont arrivées à plusieurs reprises. Il y a aussi des choses que je n’avais pas forcément demandées, mais que j’avais ressenties, et qui sont aussi arrivées. Quand ça se passe, je me dis que je suis enlignée sur ma route de vie, je ne suis pas perdue dans des chemins de traverse. Plus on vieillit, plus on fait face aux choses, et moins on a besoin de prendre des chemins de traverse pour revenir dans notre voie. Il y a, par exemple, des années que je demande — et j’en ai déjà parlé à des producteurs — à jouer la vie de Renée Martel à l’écran. Je trouve qu’on se ressemble physiquement, et elle a un parcours d’exception. C’est une femme qui a fait une carrière fabuleuse et qui a eu une vie incroyable. Mais ça n’arrive pas encore... Soit ce n’est pas pour moi, soit ça va se faire beaucoup plus tard et je serai rendue trop vieille. Mais il faut accueillir ça et accepter. 

J’AI FAIT UN PÈLERINAGE AU TEXAS

J’ai beaucoup voyagé pendant ma cinquantaine, parce que j’étais ambassadrice du cinéma québécois. Je suis allée au Brésil et à deux reprises à Cannes. Je suis aussi allée tourner au Liban et en République dominicaine pour un film français. Mais mon plus beau voyage date d’il y a une quinzaine d’années. Je suis allée à San Antonio et à Austin avec mon mari, Jacques. C’était comme un pèlerinage sur la jeunesse de mon mari. Au début de sa vingtaine, Jacques a vécu au Texas, où il travaillait comme maçon et paysagiste. Il a voulu me faire faire le tour de sa vie à cette époque, alors qu’il commençait sur le chemin de la sobriété. C’était extraordinaire. J’ai rencontré des amis qu’il avait connus à l’époque, d’anciens partenaires de travail. Ça m’a permis de le découvrir différemment, et d’aller aux sources du jeune homme qu’il a été. On était juste tous les deux, c’est un très bon souvenir de voyage.

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