Le fils de Francine Ruel raconte son quotidien dans le documentaire Reconstruire le lien | 7 Jours
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Le fils de Francine Ruel raconte son quotidien dans le documentaire Reconstruire le lien

MARDI 21 H, TVA

Vous avez été touché par la série Anna et Arnaud? Vous le serez tout autant par le documentaire Anna et Arnaud: Reconstruire le lien, dans lequel Francine Ruel, Sophie et Thierry s’ouvrent sur leurs relations difficiles avec des enfants pris au piège de la dépendance et de la rue.

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Bien qu’Anna et Arnaud soit une série de fiction, plusieurs éléments sont inspirés de la vie de Francine Ruel et d’Étienne, son fils de 47 ans, qui a été amené vers la rue par un événement tragique, il y a 29 ans. Pendant de longues périodes, mère et fils ne se sont pas adressé la parole, chacun tentant de faire sa vie à sa façon. Aujourd’hui prêts à se donner une nouvelle chance, ils dévoilent la réalité derrière la fiction dans le documentaire Anna et Arnaud: Reconstruire le lien.

On y rencontre d’abord Étienne, qui raconte sa vie au quotidien. Chaque jour, il doit mendier pour manger et payer sa consommation. Il ne se plaint pourtant pas: il a vécu dans la rue pendant 12 ans, et il a maintenant une chambre dans laquelle il peut dormir et se réchauffer. Étienne a un grand cœur. Sa mère dit même de lui que c’est «l’être le plus magnifique au monde, mais il ne le sait pas». Après quelques heures à quêter au froid, il remet le verre utilisé pour amasser les dons dans les poubelles, et replace le morceau de carton qu’il a utilisé pour s’asseoir afin qu’une autre personne puisse s’en servir. Il sait aussi qu’il n’a pas le droit de partager sa chambre, mais il le fait tout de même afin d’offrir chaleur et repos à un ami. Dans cette pièce où s’entassent toutes sortes d’objets, on ne trouve que le strict minimum, ce qui est beaucoup plus que ce que possèdent plusieurs des compagnons d’infortune d’Étienne. Ce dernier le sait, et c’est pourquoi il partage quand il le peut. 


Face aux préjugés
L’histoire de Francine Ruel, vécue par beaucoup trop de parents, fait souvent mal à entendre. En plus de devoir vivre avec la douleur du deuil d’un être cher qui est toujours vivant, ces familles affrontent en effet bien des critiques. Lorsqu’une personne est malade, ses proches ont souvent droit à des témoignages de sympathie et des mains ten- dues, mais lorsqu’il est question de problèmes de santé mentale et de dépendance, c’est une tout autre chose. Les préjugés sont nombreux, et encore plus quand il est question d’itinérance. 

Il faut dire qu’on attribue des qualificatifs très péjoratifs à ces hommes et femmes qui vivent dans la rue — pas nécessairement par méchanceté, mais par ignorance. 

Heureusement, certaines familles obtiennent de l’aide. Dans le documentaire, nous pouvons en effet suivre Francine et sa conjointe lors d’une rencontre de groupe organisée par le programme d’aide à la famille de la Maison Jean Lapointe. Jean Robitaille, l’intervenant du groupe, offre du soutien aux parents, dont les histoires sont très différentes. Ils ont toutefois un point commun important, puisqu’ils ont tous un enfant souffrant de graves problèmes de consommation. 


Lâcher prise
Parmi les participants de ce groupe se trouvent Sophie et Thierry, qui racontent leur parcours semé d’embûches. La fille de Sophie revient d’un séjour à l’hôpital après avoir subi une psychose. Elle va mieux, mais elle doit trouver un nouveau centre d’hébergement mieux adapté à sa condition. Pour Sophie, qui est allée récupérer les affaires de sa fille, c’est déchirant de voir que sa vie entière tient dans quelques sacs poubelle... Sophie aime profondément son enfant et elle ne la laissera jamais tomber, mais elle arrive maintenant à ne plus sentir le poids de la culpabilité qui a longtemps pesé sur ses épaules. 

Thierry vit une situation tout autre. Même si son fils, Julian, a envie de rebâtir sa relation avec lui après avoir été interné en psychiatrie pour une 13e fois, Thierry a besoin de temps et d’espace pour éviter de sombrer à son tour. Il peut toutefois garder espoir que les choses s’améliorent puisque Francine Ruel est passée par là avant de renouer avec Étienne. Le documentaire nous permet d’ailleurs d’assister à de très belles scènes lorsqu’Étienne vient aider sa mère à faire son potager. Ce moment privilégié leur fait du bien et donne lieu à un moment de tendresse touchant, comme ils en ont rarement vécu.

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