Sophie Desmarais n’a pas de problème à se transformer pour ses rôles | 7 Jours
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Sophie Desmarais n’a pas de problème à se transformer pour ses rôles

Même si en 16 ans de métier, Sophie Desmarais a participé à de nombreux beaux projets, elle n’a jamais cessé de rêver à des rôles qui lui permettraient d’explorer des zones inédites. Avec le temps, son ambition n’a pas changé, mais sa confiance en elle, si. On l’a retrouvée cet automne dans deux grandes séries télé et on la voit présentement dans La switch, un film inspiré d’une histoire vraie qui aborde la question du choc post-traumatique chez les vétérans de guerre.



Sophie, tu es en vedette dans le film La switch. Est-ce un projet que tu as accepté d’emblée à la lecture du scénario?
Oui, mais aussi parce que François Arnaud y tient le rôle principal. Il m’a contactée en 2019 pour me proposer le rôle. Je n’avais pas travaillé avec lui depuis Les grandes chaleurs. C’est un ami, et j’avais très envie de retravailler avec lui. Quand il a lu le scénario de La switch, il s’est dit que ça serait agréable de faire le projet avec moi. J’ai été chanceuse, car le réalisateur avait aussi pensé à moi. François et lui ont eu le même flash. Je ne connaissais pas Michel (Kandinsky, le réalisateur), mais il avait vu mon travail avec Denis Côté dans Curling.

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As-tu tourné pendant ta grossesse?
Initialement, nous devions tourner à la fin de 2019. J’avais envie de faire ce film, mais comme j’étais enceinte, le rôle ne fonctionnait plus. Finalement, Michel a tellement aimé l’idée que Julie, mon personnage, soit enceinte, que lorsque le film a été repoussé d’un an et que j’avais déjà eu mon bébé, il a voulu conserver l’idée de la grossesse. On a donc utilisé une doublure, pour faire comme si j’attendais un bébé.

Finalement, on t’a accommodée pour que tu puisses tenir le rôle?
Tout à fait. C’est un beau projet qui n’a pas énormément de budget, mais on sent que c’est fait avec cœur. Comme créateur, tu as envie d’être avec des artistes, concepteurs et créateurs qui trippent autant que toi. Mon personnage est une mère de famille monoparentale, une drôle de fille. Elle semble assez libre dans ses choix. Nous avons finalement tourné en septembre 2020.

En 2020, était-ce une période plus tranquille pour toi?
Oui et non. Je venais d’avoir mon bébé, mais j’ai beaucoup travaillé, entre autres au théâtre. J’ai fait toutes sortes de choses et j’ai été occupée. 



Parle-nous de tes différents projets...
J’ai joué dans Pour toi Flora, une série produite et réalisée par des Autochtones. J’interprète sœur Émilie, une jeune enseignante auprès des enfants autochtones. C’est un personnage lumineux, tout en douceur, en bienveillance. J’invite les gens à regarder cette série, car on apprend beaucoup de choses sur notre histoire. C’est extrêmement touchant. J’ai aussi fait C’est comme ça que je t’aime, série dans laquelle j’interprète Marie-Josée, une psychopathe. C’est un personnage résolument féministe, mais aussi confus dans ses désirs. J’aurai la chance de tourner la saison 3 l’été prochain. C’est une belle gang. Je suis contente d’avoir eu deux rôles complètement différents. Le film de Chloé (Robichaud), Les jours heureux, sortira également en 2023. J’interprète une cheffe d’orchestre. C’est un énorme projet pour moi. J’ai aussi fait un solo au Théâtre Prospero en mars dernier, The One Dollar Story. Je vais aller jouer la pièce à Paris en janvier. C’est une expérience que je n’ai jamais faite. Je suis très emballée.

Est-ce déchirant de devoir partir?
Non, je suis contente. Je suis actuellement en tournage pour le film de Philippe Lesage, une coproduction entre la France et le Québec. Je tourne dans une pourvoirie au nord de La Tuque avec une super brochette d’acteurs.

Photo : Inconnu / RADIO-CANADA



Quel rôle t’a amenée à changer de look et à couper tes cheveux?
Le film de Chloé Robichaud, Les jours heureux. C’était vraiment clair, pour Chloé, que je devais avoir les cheveux courts pour ce rôle. Ça fait une énorme différence et ça m’a aidée à comprendre ce personnage d’Emma, une jeune cheffe d’orchestre. J’ai travaillé un an et demi avec l’Orchestre métropolitain et Yannick (Nézet-Séguin) pour me préparer à ce rôle. Même si j’étais millionnaire, je n’aurais pas pu me payer un privilège comme celui-là! Je dirige vraiment l’orchestre dans le film.

Tu n’as pas de résistance à te transformer physiquement?
Non. Mon personnage est gai, elle est sérieuse. C’est très loin de moi. C’était une demande intimidante, mais j’ai confiance en Chloé Robichaud, et elle me fait confiance. Ce dialogue est hyper précieux. Nous nous parlons franchement quand nous parlons d’art ou d’amour. Je me sens privilégiée d’avoir travaillé avec elle pour un deuxième long métrage.

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As-tu réussi à réaliser plusieurs des rêves que tu avais dans ce métier?
Plusieurs. En 16 ans de métier, il m’est souvent arrivé de me pincer parce que je me sentais privilégiée de travailler avec certaines personnes, de participer à certains projets. Je continue de rêver, de m’imaginer que je participe à des projets. Ça me nourrit, ça me fait du bien. Je me trouve super chanceuse d’avoir tenu des rôles différents, d’avoir reçu des propositions différentes. J’ai essayé des choses. Je suis quelqu’un d’assez réservé, je ne suis pas celle qui partage le plus sa vie et je ne suis pas de tous les plateaux de télé. J’ai envie qu’on parle plus de mon travail que de moi, et je suis contente de pouvoir vivre mon métier de cette manière.

Tu évoquais tes rêves, récemment. Quels sont ceux qui te portent?
J’ai de petits et de grands rêves. Je rêve d’avoir des rôles qui me permettraient d’explorer des zones inédites. J’aimerais incarner un personnage historique, tourner un film d’époque, jouer dans une grande histoire d’amour. J’aimerais aller tourner ailleurs, caresser d’autres territoires. C’est un métier dans lequel on peut rapidement être déçu. Il ne faut pas avoir trop d’attentes. Il faut embrasser la vie et les opportunités. J’aimerais aussi me trouver une autre passion, quelque chose qui me fait du bien. Juste pour moi. Une activité qui me passionnerait et occuperait mon imaginaire, qui est parfois débordant. J’aimerais trouver une façon de canaliser ce surplus d’imaginaire.

Ton ambition est-elle différente par rapport à tes débuts?
Non, mais ma confiance a changé par contre. J’ai plus confiance en moi que lorsque j’étais jeune. Je doute moins de mes capacités. Souvent, je m’en fais pour rien. Je ne suis pas la personne la plus ambitieuse qui soit. Je suis instinctive, je vais là où je sens que je dois aller. C’est ma façon de vivre. Je ne vais pas cogner à des portes, mais si j’avais à le faire parce que je sentais qu’il fallait vraiment que je participe à un projet, je le ferais. Il faut que ça vienne du cœur.

Composes-tu bien avec les périodes sans travail?
Je suis chanceuse, j’ai toujours eu du travail. Cet été, j’ai eu plus de vacances, alors j’ai passé du temps en famille et j’ai vu des amis. J’ai beaucoup travaillé auparavant et pour ne pas mettre des productions en péril, je ne voyais pas mes amis. J’ai donc lancé plusieurs invitations à souper. J’avais envie qu’il y ait du monde à la maison. J’ai voyagé, j’ai vu ma famille. Je veux prendre du temps, je ne veux pas juste travailler. Comme artiste, il faut des périodes de jachère, des moments où on ne produit pas, où on est dans la vie quotidienne, qui est aussi très inspirante. J’aime le quotidien, mais il faut qu’il y ait du mouvement dans ma vie. Je ne pourrais pas seulement être dans le quotidien ni uniquement dans le travail. C’est l’équilibre de tout ça qui fait que les journées sont belles. 

Le film La switch est actuellement en salle à travers le Québec.
Les jours heureux sortira au cours de l’année 2023.
On retrouve Pour toi Flora et C’est pour ça que je t’aime sur Tou.tv Extra.

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