Martin-David Peters heureux de jouer un personnage qu’on aime détester dans Indéfendable | 7 Jours
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Martin-David Peters heureux de jouer un personnage qu’on aime détester dans Indéfendable

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Photo : Eric Myre

Aussi sympathique qu’il soit dans la vie, Martin-David Peters troque son sourire contre un rictus machiste dans Indéfendable. À 54 ans, la carrière de ce père de famille est en pleine ébullition. Malgré les vilenies de Me Legrand, on a envie de lui lancer des fleurs plutôt que des tomates.

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Martin-David, quel regard posez-vous sur votre personnage de Me Frédéric Legrand?

Pour un acteur, Me Frédéric Legrand représente la liberté. C’est ce que j’aime de lui. C’est un être caractériel et antipathique qui peut changer d’humeur en un claquement des doigts. Je n’ai jamais auparavant joué un personnage qui a de telles sautes d’humeur. C’est vraiment libérateur!     

Naturellement, les téléspectateurs prennent Me Legrand en grippe à cause de son comportement machiste. Est-ce que l’opinion du public à son propos vous effraie?
Je suis conscient qu’il est l’énergie négative dans le cabinet. Alors, je m’attends — et j’aimerais ça, même! — que les gens que je croise dans la rue me disent: «Toi, je ne t’aime pas!» Il n’est pas dans l’intrigue pour plaire. Néanmoins, j’espère que, d’une certaine façon, les téléspectateurs apprendront à l’aimer.

Qu’est-ce qui pourrait le rendre attachant?
Me Legrand a un côté comique que le public va finir par découvrir. Il est parfois de bonne humeur. Les téléspectateurs vont apprendre à le connaître dans d’autres sphères que le travail, par exemple, quand il vivra une petite idylle amoureuse. Honnêtement, il pourrait être sympathique, ce gars-là, mais ça ne va pas bien dans sa vie et ça se répercute sur sa façon d’être au cabinet. Puisque j’ai approfondi la personnalité et l’histoire du personnage, je comprends ses motivations. Je sais d’où il vient, j’ai donc de la difficulté à le juger.

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Quand même, il a été si méchant avec la jeune stagiaire Inès... Comment expliquez-vous son comportement envers elle?
C’est vrai que Me Legrand a une attitude particulièrement agressante envers la stagiaire, mais de son point de vue, ça a un côté formateur pour elle. Au fond de lui, il se dit que la petite Inès ne connaît rien de la vie et qu’elle ne sait pas, contrairement à lui, qu’une carrière en droit peut être extrêmement difficile. Il pense que si elle n’est pas capable de l’affronter, lui, elle ne pourra jamais avancer dans cet univers.

Pensez-vous que Me Legrand est un bon avocat?
Lui, il prétend qu’il est le meilleur! Il dit même qu’il n’a jamais perdu une cause en carrière. Pour l’interpréter, je me suis accroché à ça. J’estime donc qu’il est vraiment doué. Quand il plaide, il est extrêmement habile et peut même user de charme au besoin. En fait, il ferait n’importe quoi pour l’emporter, que ce soit légal ou pas. Les actions louches qu’il posera durant la saison auront des retombées sur le cabinet Lapointe-Macdonald, même s’il n’en fait pas réellement partie, puisqu’il loue seulement un espace dans le même bureau.

Participer à une télésérie quotidienne demande beaucoup de temps. Comment abordez-vous cette dose de travail?
J’ai déjà travaillé pendant trois ans sur la quotidienne Clash, donc je connaissais déjà ce rythme avant d’accepter de participer à Indéfendable. Mon expérience m’a appris que le succès dans une quotidienne est une question de préparation. Pour ma part, je fais une grosse préparation à la maison avant de me rendre sur le plateau. Comme ma mémoire n'est pas à son meilleur atout, je lis et je relis mes textes très souvent en écoutant de la musique, afin qu'ils coulent une fois que je suis devant les caméras. Quand j'ai des questions, je rejoins le créateur de la série, Me Richard Dubé, qui m'explique les situations plus pointues. Lui et tous les autres membres de l'équipe sont vraiment là pour nous, les comédiens. Indéfendable est un contrat exigeant, mais je sens que tout le monde nous aide en nous protégeant.

Comment est-ce de travailler avec Sébastien Delorme?
Sébastien ne le sait pas, mais il est un peu mon modèle. Quand je le regarde travailler, je suis épaté par son calme. Il a le rôle principal sur les épaules et du texte à retenir à n'en plus finir, pourtant il demeure détendu. Je le vois aller, et je me dis que c'est ce qu'il faut faire, que c'est la clé de sa réussite.

En plus d'Indéfendable, vous avez joué dans M'appelle Mohamed Ali au Quat'Sous, et on vous a vu dans Audrey est revenue, L'homme qui aimait trop et Après. Qu'est-ce qui vous pousse à accepter un projet?
Un peu de folie! Quand j'ai de belles offres qui se présentent, j'ai de la difficulté à les refuser. Dans Indéfendable, par exemple, il y a des textes fabuleux sur des situations dramatiques prenantes. Cette qualité d'écriture facilite ma job: j'ai juste à me laisser porter par les mots.

Photo : Eric Myre


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Vous vivez une période de succès exceptionnelle qui arrive tardivement dans votre carrière... Le savourez-vous davantage qu'un autre comédien?
Bien sûr! J'ai fini mes études au Conservatoire d'art dramatique de Montréal il y a déjà 28 ans. J'ai dépassé la cinquantaine, et c'est soudainemenet là que les choses se passent pour moi. J'avais des contrats auparavant, mais c'est nouveau qu'ils s'enchaînent de cette façon-là. À 54 ans, je savoure ce qui m'arrive et je dis merci.

Vous êtes papa de deux adolescentes de 16 et 14 ans. Comment réagissent-elles à votre succès?
Elles ne m'en parlent pas beaucoup, mais je sens qu'elles sont contentes pour moi, surtout qu'elles savent que ma carrière n'a pas toujours été ainsi. Elles m'ont vu travailler fort pour en arriver là. D'ailleurs, elles me donnaient parfois la réplique pour m'aider à apprendre mes textes.

Pensez-vous qu'elles suivront vos traces?
Je ne sais pas si le jeu les intéressera, mais elles sont des artistes, sans aucun doute. Ma fille aînée s'intéresse particulièrement au design de mode, tandis que ma cadette dessine formidablement bien et a un talent de musicienne. Elles ont l'art en elles et si elles devenienne des artistes professionnelles, j'essaierai de les guider du mieux que je le peux. J'aimerais ça. Pourquoi pas?

Quelles sont vos ambitions prochaines?
J'ai lancé l'an dernier mon premier roman, Clark ou la peau de l'ours, dont je suis très fier. Ça fait longtemps que j'écris, et, avec ce livre, j'ai vraiment pris goût au travail de romancier. Je me prépare donc à l'écriture d'un deuxième tome. J'ai déjà une foule de notes pour l'intrigue et j'aimerais m'asseoir pour prendre le temps de le rédiger. Je pense revenir avec le même personnage de Clark: il a encore bien des choses à raconter!

Indéfendable, du lundi au jeudi 19h, à TVA.
Ma mère, mardi 20h, dès le 8 novembre, à TVA.
Martin-David est du film
Viking, actuellement au cinéma.

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