Marilyse Bourke confie comme être mère l'a transformée comme comédienne | 7 Jours
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Marilyse Bourke confie comme être mère l'a transformée comme comédienne

En jouant le personnage de Me Sonia Cadet dans Indéfendable, la quotidienne de TVA, Marilyse Bourke prend part à sa 20e série télé en carrière! Très appréciée du grand public pour les nombreux rôles qu’elle a défendus depuis 30 ans, la comédienne se confie au sujet de ce nouveau défi intéressant et de son bonheur de jouer devant les caméras.

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Marilyse, c’est fascinant de voir à quel point tu as très souvent joué dans des séries marquantes: Watatatow, Virginie, Km/h, Une grenade avec ça, O’...
Ça fait déjà 30 ans! J’avais 16 ans quand j’ai commencé. À mes débuts, comme j’habitais à Québec, je faisais la navette entre Québec et Montréal. Je ne tournais quand même pas beaucoup à cette époque — peut-être quatre ou cinq fois par été —, alors je continuais mes études là-bas. Après le cégep, je suis tombée dans le métier à temps plein. 

Tu as joué ton dernier rôle à la télé dans Nuit blanche, une série qui n’a duré qu’une saison. Est-ce que ça t’a déçue?
Ç’a quand même été un deuil à faire, car j’adorais ce personnage. On m’avait donné un rôle dense, complexe. J’ai eu beaucoup de plaisir à le jouer. J’ai vraiment pris mon pied en tant qu’actrice, et j’étais déçue de ne pas remettre les souliers de ce personnage, mais je sais qu’on ne peut pas s’accrocher dans ce métier. J’avoue que ça te ramène les deux pieds sur terre et que ça fait descendre aussi tes attentes. Quand j’approche un personnage, mon but est de le comprendre le mieux possible et, pour moi, chaque scène est une petite histoire. J’ai le nez très collé sur ce que j’ai à faire et j’essaie de voir ce que mon personnage vient faire dans la big picture de l’histoire. 

On le sait, c’est un métier qui est pour le moins imprévisible!
On ne peut jamais s’asseoir sur rien dans ce métier, tant par rapport à ce qu’on fait nous-mêmes que par rapport aux décisions qui sont prises. Nuit blanche n’était pas la première série qu’on arrêtait avant terme. Ce sont vraiment des éléments incontrôlables, ça fait partie de la game. Cette série devait se terminer après trois ans; on n’a pas pu boucler les boucles.

Quand une série se termine subitement, est-ce que le sentiment d’insécurité refait automatiquement surface chez toi?
C’est sûr qu’on vit de la déception, entre autres parce qu’on arrête de travailler avec notre gang plus tôt que prévu. Et même si je sais que ça fait partie du métier, je ne peux pas dire que je suis complètement à l’aise avec ça. C’est correct qu’il y ait des pauses, mais ma job, c’est de jouer des personnages, et j’ai toujours été pas mal chanceuse. Je n’ai pas trop de grands questionnements, mais un acteur, ça veut travailler. Et le travail qu’on fait au départ pour faire naître un personnage, c’est ce que j’aime le plus. 

Photo : Julien Faugere


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Dans Indéfendable, on va te voir dans la peau d’une avocate...
Oui, j’ai auditionné en décembre, puis il y a eu une seconde audition en janvier, et on m’a offert le personnage de Me Sonia Cadet. Sur le plateau, on m’appelle affectueusement Mouton Cadet! (rires)

Aimes-tu passer des auditions?
Ça me stresse, mais j’aime ça. Je vois ça un peu comme un gym d’acteurs: on est là pour essayer des affaires. D’abord, on découvre un réalisateur, et il nous découvre aussi, et on peut avoir un coup de cœur pour ce qui se passe lors de l’audition. Ce rôle dans Indéfendable est un personnage de tête, c’est une femme forte. Mais à l’inverse de Marlène, que j’interprétais dans Nuit blanche, qui était cérébrale et beaucoup plus sérieuse, Sonia est une avocate gameuse. Elle joue beaucoup avec le protagoniste défendu par Sébastien Delorme. Elle est toujours en train de l’écœurer, mais elle le fait avec respect. Elle agit ainsi avec lui parce qu’elle sait qu’il est brillant et qu’il est capable d’en prendre. C’est bien tripant à jouer! Sonia est une fille allumée, mais pas manipulatrice ni méchante.

C’est une avocate aguerrie?
Oui, et elle sait à qui elle a affaire; elle est capable d’envoyer quelques bonnes lignes de temps en temps.

Est-ce la première fois que tu joues un personnage qui évolue dans le milieu juridique?
Oui, et c’est bien l’fun à faire. C’est de la plaidoirie — je ne connaissais pas ça. Je dois prendre la parole, c’est le truc bien excitant de ce rôle. Sonia a deux personnalités: elle est différente selon qu’elle s’adresse aux gens dans sa vie personnelle ou à ceux qu’elle croise au travail en tant qu’avocate. J’avais envie qu’elle soit un personnage quand elle plaide, que ce soit un moment où elle peut se mettre en scène. Les avocats sont là pour convaincre les gens, et elle va appuyer sur tel mot, à tel moment, pour les faire réfléchir.

Tu aimes jouer des personnages qui ont du caractère, des femmes fortes...
J’ai cette énergie: je parle vite, je marche vite, je pense vite! Cela dit, pendant un certain temps, j’ai fait des plus douces, comme dans O’. Louisa était très empathique, très généreuse, et elle avait toujours ses grands yeux de biche. À l’époque d’Une grenade avec ça?, une émission pour les jeunes, mon personnage de Sonia Compagna était une grande naïve. J’ai eu une période où je faisais des filles un peu plus fragiles, de bonnes filles, des ricaneuses. Mais jouer une femme de tête, comme dans Nuit blanche, qui avait des responsabilités, je crois que c’était la première fois, même si j’ai l’impression que c’est un personnage beaucoup plus proche de moi.      

Tu es mère de deux enfants... Est-ce que ce rôle à temps plein a changé des choses chez la comédienne en toi?
On entend souvent dire qu’on ne le sait pas avant de le vivre, mais le fait d’être mère m’a ouvert des portes émotives, dans le sens où ça a rendu mon jeu plus profond. La maternité a quelque chose de viscéral, on découvre un amour inconditionnel. Quand j’ai eu mes enfants, je n’en revenais pas! J’étais très à l’écoute de ce qui se passait en moi. Ça m’a ramenée à quelque chose de plus instinctif. C’est comme si mon outil était plus vaste et plus malléable, si j’avais plus de sensibilité. Le fait d’être parent m’a amenée à être moins dans le jugement et à avoir plus d’empathie. C’est facile d’avoir des certitudes quand on est seul ou en couple. Mais quand on est impliqué dans une vie familiale avec des êtres différents de nous, qui fonctionnent à leur manière et ne sont pas nécessairement à notre image, on se rend compte qu’on n’a pas le contrôle sur tout. Je suis une fille efficace, mais quand on est une mère, on ne peut pas être parfait. J’ai plus de nuances, je suis moins radicale, et tout ça apporte plus de souplesse et fait en sorte que tout circule plus sur le plan émotif. Ça a aplani mon jeu. Ça l’a adouci.

Photo : Julien Faugere


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On t’a vue dans le film Au revoir le bonheur. Aimerais-tu refaire du cinéma?
J’aimerais avoir un grand rôle. D’un autre côté, en vieillissant, ça me satisfait de m’effacer et de faire partie de quelque chose de plus grand que moi, comme dans Au revoir le bonheur.

Depuis 30 ans, tu as joué quantité de personnages. Il me semble que j’aimerais te voir dans un rôle complètement différent, par exemple, une femme qui perd tout, qui vit un drame...
C’est exactement ce que je veux! C’est drôle, j’ai dit il y a quelques mois que j’aimerais jouer une femme qui frappe un mur, qui vit la déchéance. Je suis tellement prête, je suis game!      

Indéfendable, du lundi au jeudi 19 h, dès le 12 septembre, à TVA.
Elle sera aussi de la série
Après le déluge, prévue en décembre sur Crave.

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