Marie-Élaine Thibert se confie sur son diagnostic de TDA | 7 Jours
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Marie-Élaine Thibert se confie sur son diagnostic de TDA

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KARINE LÉVESQUE

L’un des plus beaux cadeaux à offrir à notre enfant, c’est qu’il puisse poursuivre ses études si tel est son désir. C’est l’un des souhaits les plus chers de Marie-Élaine Thibert pour sa fille, Marie-Félix. Le parcours scolaire de la chanteuse n’a pas toujours été facile. Elle sait maintenant qu’elle est atteinte de TDA (trouble du déficit de l’attention), avec lequel elle a appris à composer. Elle met donc tout en place pour que Marie-Félix puisse suivre sa voie en toute confiance.

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Marie-Élaine, vous avez divers engagements cet été.

Oui, je reprends la tournée de Nicole, les chansons d’une vie. C’est un beau succès! Nous avons des supplémentaires jusqu’en 2024. Je compte aussi développer mon spectacle en salle avec band, décor et mise en scène. J’en serai la coproductrice. J’aime travailler avec des gens d’expérience qui me guident, tout en ayant les deux mains dedans. Ma tournée piano-voix débutera avec le ROSEQ à la fin août, et je présenterai neuf spectacles. C’est une tournée si agréable... Se retrouver, chaque soir, dans un petit village différent de la Gaspésie, c’est formidable! 

Votre fille sera-t-elle à vos côtés lors de cette tournée?

Marie-Félix me suivra la moitié du temps. Je reviendrai à Montréal pour quatre spectacles, puis je repartirai avec elle. Yves, qui est mon bras droit, me suivra aussi. Ces deux-là sont très complices! 

Vous venez de nous présenter la vidéo de Rappelle-toi, à laquelle Marie-Félix a participé.

Oui, elle y tient mon rôle à neuf ans. Ce n’est pas vraiment mon enfance, car j’ai grandi à Montréal et nous avons tourné aux Îles-de-la- Madeleine. Nous avons romancé le tout. Nous avons fait deux jours de route pour nous rendre, tourné deux jours, puis fait à nouveau deux jours d’auto pour le retour. (rires) Ma fille a été merveilleuse! Elle se lie facilement avec les autres. Sur le traversier, elle s’est fait des amis, avec qui elle a joué. 

Se sent-elle attirée par ce métier?

Elle chante, elle danse, ça fait partie de ses passions, mais je ne crois pas qu’elle en fera un métier, et c’est très bien ainsi! Elle aime la médecine, la pédiatrie, les accouchements. Même les choses plus techniques l’intéressent. Je l’invite parfois à regarder autre chose, mais elle trouve ça passionnant. Depuis qu’elle est toute petite, elle me parle de médecine et des enfants. J’économise pour ses études, pour qu’elle puisse avoir accès à ce qu’il y a de mieux sur ce plan. Si elle choisit autre chose, tant mieux ou tant pis, mais si elle le veut vraiment, elle a un bel avenir devant elle. 

Réussit-elle bien à l’école?

Oui, elle est bonne, mais elle n’aime pas étudier. Du lundi au jeudi, je l’oblige à faire des devoirs et des leçons. Je l’accompagne. J’ai l’air sévère sur ce plan, mais j’essaie de lui donner cette routine quotidienne pour qu’au secondaire, elle ne fasse pas comme moi — et comme plusieurs —, c’est-à-dire faire ses devoirs à la dernière minute et parfois même, ne pas les compléter. J’essaie de lui inculquer cette bonne habitude, mais ensuite, ce sera son choix. 

Pour vous, la scolarité a-t-elle été difficile?

Oui, mais il faut dire que j’ai quand même un TDA (trouble du déficit de l’attention). Il est léger, mais à l’école, il y avait des conséquences. En classe, je n’écoutais pas. Le soir, je ne savais pas quels étaient les devoirs à faire ou encore, j’oubliais de les faire. Je ne dérangeais jamais, mais je n’étais pas toujours très attentive. J’étais dans la lune. (rires) Dès la deuxième année du primaire, je suis partie dans les étoiles... 

Le fait de pouvoir mettre un nom sur ce que vous viviez a-t-il été un soulagement pour vous?

Oui, tout comme de savoir que plusieurs en souffrent. Dans mon cas, c’est léger. J’ai consulté. Lorsque j’en ai vraiment besoin, je prends un médicament, mais je n’en prends pas chaque jour. Je m’assume telle que je suis. Mes amis rient de moi, car je suis dans la lune. J’arrive difficlement à me rendre au bout de la liste de choses à faire. Mais je me dis que tout le monde a quelque chose! Si ce n’est pas un déficit de l’attention, c’est autre chose. Au fond, c’est quoi au juste être «normal»? Récemment, ma mère m’a remis mes bulletins, qu’elle avait conservés. J’avais des notes dans les 70, parfois dans les 60, mais ce n’était pas aussi mauvais que je le pensais.


À l’époque, il n’y avait pas de ressources ni d’accompagnement?

Non, on donnait du Ritalin aux hyperactifs, mais je doute qu’il y ait eu quelque chose de disponible pour ceux qui avaient un TDA sans hyperactivité. Chaque année au secondaire, j’ai dû suivre des cours d’été en maths. Chaque été, je devais continuer l’école...

Ça n’aide pas un enfant à aimer l’école.

Non. Je suis très heureuse de voir que ma fille écoute à l’école, comprend du premier coup et assimile ce qu’elle a appris. Marie-Félix s’en va en qua- trième année avec de super notes. C’est rassurant, surtout parce que cela va de pair avec l’estime de soi. 

Votre TDA ne vous a pas empêchée de réussir et de trouver votre place.

En effet. C’est au secondaire que j’ai découvert que je pouvais chanter. J’étudiais dans une école de musique. Je n’avais pas encore conscience de ma voix, c’est la vie qui m’a amenée à la découvrir. Elle a été bonne pour moi.


Êtes-vous consciente de donner de beaux outils à votre fille pour qu’elle puisse se découvrir à son tour?

En tant que parent, je crois que nous avons ce devoir. Je me souviens de l’acharnement de ma mère à me faire faire mes devoirs... J’étais assise à l’envers sur ma chaise et je dessinais sous la table pendant qu’elle essayait de m’expliquer quelque chose pour la 20e fois... J’avoue qu’elle était patiente, mais patiente! Quand j’étais rendue au secondaire, elle a été capable de me laisser me planter. C’était à moi de me prendre en main. 

Vous vous inspirez du dévouement de votre mère dans votre rôle de parent?

Oui. Mes parents étaient séparés et mon père était présent, mais je ne le voyais qu’une fin de semaine sur deux. Ma mère m’a élevée seule. Il y a toujours du piquant dans une relation mère-fille... (rires) Nous avons toutes deux du caractère. À présent, je vois ma fille être proche de ma mère et avoir, avec elle, la même relation qu’elle a avec moi.

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