Annie-Soleil Proteau ressent le besoin de se mettre en danger | 7 Jours
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Annie-Soleil Proteau ressent le besoin de se mettre en danger

Image principale de l'article Elle ressent le besoin de se mettre en danger
Photo : Mari Photographe

Annie-Soleil Proteau a traîné, depuis son enfance, une certaine fragilité. Et non seulement ce métier l’a réparée, mais l’affection du public a aussi contribué à colmater cette brèche qui ne demandait qu’à se remplir d’amour. Femme de tête et généreuse, l’animatrice connaît ses forces et sait composer avec sa vulnérabilité, qui est devenue un grand atout dans sa carrière.

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Annie-Soleil, on vous voit à Salut Bonjour week-end. Avez-vous d’autres projets en cours?
Oui, mon documentaire et ma série La maison où j’ai grandi, où je rénove ma maison d’enfance, m’ont fait réaliser que j’ai envie de faire des choses utiles socialement et de susciter la réflexion. Beaucoup de sujets m’interpellent. J’aime les histoires humaines qui inspirent les gens. Ceux qui réussissent à durer sont ceux qui produisent leurs projets. J’en ai un à venir en coproduction. J’ai beaucoup de choses à apprendre, mais je m’entoure de gens qui maîtrisent le métier. J’ai assez d’énergie pour défendre mes idées et je crois qu’avec mon documentaire les gens l’ont compris. Je ne connais pas la peur. J’avance et je fonce. Plus j’avance dans la vie, plus j’ai envie de laisser tomber les filtres. Je n’en ai jamais eu beaucoup, mais je veux que mes projets, ce que je suis et ce que je montre de moi, soient authentiques. Je n’ai plus besoin de plaire. 

Après La dernière maison, elle a lancé une websérie documentaire, La maison où j’ai grandi. Elle entreprend des rénovations majeures dans ce triplex bâti en 1941, seule maison qu’elle a habitée, et qui a pour voisin le Stade olympique!

Photo : © Radio-Canada

Après La dernière maison, elle a lancé une websérie documentaire, La maison où j’ai grandi. Elle entreprend des rénovations majeures dans ce triplex bâti en 1941, seule maison qu’elle a habitée, et qui a pour voisin le Stade olympique!


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N’est-ce pas un long processus avant d’y parvenir?
C’est vrai. Quand j’étais enfant, je voulais déjà tellement gagner l’amour des gens! Je n’ai jamais manqué d’amour, mais le climat n’était pas toujours évident entre mes parents. Mon père travaillait énormément, et je vivais beaucoup chez mes grands-parents. Je voulais l’attention des gens autour de moi, particulièrement celle de mon père. Aujourd’hui, je sais qu’il m’aimait. Pour compenser, j’ai voulu plaire, mais je ne suis plus dans cette énergie. J’ai décidé qu’on allait me prendre telle que je suis. Je veux être une bonne personne, mais sans trahir mon essence. 

Vous êtes dans un métier où vous êtes dépendante de l’amour qu’on vous donne. Cela vous rend-il vulnérable?
Oui, et en vieillissant, on connaît nos bibittes et nos blessures. Je sais que ce métier, je voulais le faire parce que j’avais un besoin d’amour démesuré. Je pensais que la notoriété venait avec plus d’amour, plus de reconnaissance. Petite, je voulais que mon père soit fier de moi. Je cherchais son attention, alors que peu de choses l’impressionnaient. C’est un homme d’opinions. Il était chauffeur d’autobus, il conduisait les gens du public à des tournages. Il m’amenait avec lui. Je voyais que le show-business l’impressionnait. 

Photo : Mari Photographe


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Avec votre parcours, sentez-vous que votre père est fier de vous?
Oui, même s’il ne le dit pas. Je sais qu’il est fier de voir ma relation de proximité avec les gens. Ça me confirme que j’ai fait les bons choix. Je tripais sur la télé, la musique, la lumière, les paillettes. Quand j’ai compris que cela allait l’impressionner, ça m’a interpellée encore plus. Mon père me disait que je n’allais pas réussir, que ce n’était pas possible... 

Son père, participe à la série.

Photo : © Radio-Canada

Son père, participe à la série.


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Parce qu’il doutait?
Il était convaincu que c’était impossible et que je n’allais jamais y parvenir. Je viens d’un milieu modeste, et mon père a travaillé fort pour sortir de la pauvreté. Il craignait que je passe ma vie sur l’aide sociale... Il voulait me protéger, que j’aie un emploi garanti, mais c’est avec le recul que je l’ai compris. Je n’ai rien eu tout cuit dans le bec. Très tôt, j’ai compris la valeur du travail et la liberté qu’apporte l’autonomie financière. Même si, pendant des années, j’ai trouvé ça difficile que mon père ne croie pas en moi, j’ai développé un tempérament rebelle, et ça m’a donné envie de réussir. 

Diriez-vous que ce métier a réparé quelque chose en vous?
Cet amour que je cherchais constamment, mes conversations avec les gens me l’apportent. J’ai la chance de recevoir des décharges d’amour intenses. Lorsque j’ai fait La dernière maison, j’ai reçu plus de 12 000 messages en privé. 

Touchée par la fin de vie de sa grand-mère bien-aimée, elle a fait l’émouvant documentaire La dernière maison. Celui-ci met en lumière le sort des aînés, comme Jeanne-D’Arc qui habite seule à 94 ans, et le manque criant de soins à domicile.

Photo : © TVA

Touchée par la fin de vie de sa grand-mère bien-aimée, elle a fait l’émouvant documentaire La dernière maison. Celui-ci met en lumière le sort des aînés, comme Jeanne-D’Arc qui habite seule à 94 ans, et le manque criant de soins à domicile.

Avec ce documentaire, le public vous a perçue autrement: une femme de tête, capable de défendre ses points de vue et de réfléchir à des enjeux de société.
Je ne sais pas. J’ignore comment on me perçoit. Je suis très sensible. Alors, dès que quelque chose me touche, je deviens émotive. Le documentaire est un projet incarné, car c’est l’histoire de ma grand-mère. J’ai un grand désir de justice et d’équité sociale. Je suis heureuse d’avoir eu cette tribune pour dire ce que j’avais à dire à ce sujet. Le temps file à toute vitesse. Depuis toujours, je suis dans le ici et maintenant. J’ai un grand besoin d’adrénaline, de me mettre en danger et de vivre ma vie à fond. 

Annie-Soleil Proteau en compagnie de sa grand-maman, Madeleine Proteau, aujourd'hui décédée.

Photo : © Collection personnelle

Annie-Soleil Proteau en compagnie de sa grand-maman, Madeleine Proteau, aujourd'hui décédée.

Finalement, vous avez conservé quelque chose de très juvénile...
Oui, et parfois trop. Mon père et mon chum me regardent aller et ne comprennent pas toujours mes décisions. Comme je dis toujours: je peux mourir dans quatre minutes. J’ai toujours été consciente de ça. Alors je profite de chaque instant. J’ai l’immense privilège de gagner ma vie en faisant quelque chose que j’aime et j’en suis reconnaissante, même si je ne suis pas exactement là où j’aurais envie d’être dans mes rêves. 

Avez-vous mis du temps à saisir votre valeur?
J’ai toujours su que j’ai une parole qui peut être intéressante, que mes opinions sont valables, mais avant d’arriver à comprendre que personne ne devait m’écraser, ç’a été long. J’avais tendance à m’éclipser devant ceux qui ne voulaient pas que je brille. Maintenant, je connais ma place et ce à quoi j’aspire... 

Annie-Soleil Proteau est chroniqueuse à Salut Bonjour week-end.
Le documentaire
La dernière maison est en ligne sur TVA+ et La maison où j’ai grandi est sur Tou.tv Extra.
Le balado
District 31: Personnes d’intérêt est disponible sur Radio-Canada OHdio.

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