Jay-Z: de revendeur à milliardaire | 7 Jours
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Jay-Z: de revendeur à milliardaire

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En 2019, Shawn Carter, alias Jay-Z, est entré dans l’histoire en devenant le premier rap­peur à rejoindre le cercle très fermé des milliardaires. 

Le mari de Beyoncé peut désormais s’enorgueillir d’être un des rares Afro-Américains à avoir accumulé une pareille fortune (on en compte seulement six autres, dont Oprah Winfrey et Michael Jordan, sur plus de 600 milliardaires aux États-Unis). 

Pas mal pour quelqu’un qui, quand il était encore adolescent, pensait finir ses jours en prison.

Revendeur à 11 ans

C’est un euphémisme de dire que Jay-Z n’a pas eu une enfance facile. Le rappeur a grandi dans les années 1980 dans Marcy Houses, un regroupement de logements sociaux du ghetto de Bedford-Stuyvesant. 

À l’époque, ce quartier défavorisé de Brooklyn, à New York, était une des principales plaques tournantes du trafic de crack aux États-Unis. 

«Il n’y avait pas un endroit où il n’y avait pas de crack», a raconté Jay-Z au magazine Vanity Fair. «Vous alliez dans le hall d’entrée, et il y avait des toxicomanes qui traînaient. Dans la rue aussi, il y avait des am­­poules de crack partout par terre.»

Difficile dans ce contexte d’échapper à la drogue, surtout quand on a un aîné qui est lui-même dépendant au crack, et qu’on est élevé par une mère célibataire qui a beaucoup de difficulté à régler les factures à la fin du mois. À seulement 11 ans, Jay-Z rejoint la bande de son grand frère et se remplit les poches de billets verts en vendant de la drogue dans la rue. 

«Je pensais uniquement à ma survie, je pensais juste à améliorer ma situation, j’avais seulement envie de m’acheter des vêtements. Je ne voulais pas porter les mêmes encore et encore.»

À deux doigts d’aller en prison

Sa vie a failli basculer définitivement du mauvais côté le jour où il a sorti une arme à feu pour tirer sur son grand frère, qui venait de lui voler une bague pour payer sa dose de crack. 

«C’était terrible, je n’étais encore qu’un enfant. J’étais terrifié. Je pensais que ma vie était foutue, que j’allais passer le reste de mes jours en prison», a témoigné Jay-Z au Guardian. Heureusement pour lui, son grand frère s’en est sorti et a décidé de ne pas porter plainte contre lui.

À Bedford-Stuyvesant, le jeune Shawn Carter a aussi eu la chance de côtoyer un certain Christopher Wallace, qui deviendra ensuite célèbre dans le monde entier sous le nom de Notorious B.I.G. C’est avec celui-ci, accompagné du producteur Diddy (qui se faisait alors encore appeler Puff Daddy), qu’il a fait ses premières armes dans le rap. 

D’après la légende, il aurait commencé à vendre ses premiers enregistrements à l’arrière de sa voiture, avant de créer sa propre maison de disques, Roc-A-Fella.

Le sens des affaires

En se lançant dans le hip-hop, Jay-Z n’a forcément plus besoin de vendre du crack pour gagner de l’argent, d’autant qu’il ne tarde pas à se faire remarquer avec son premier disque, Reasonable Doubt, qui est acclamé par la critique en 1996. 

Par la suite, le New-Yorkais enchaîne les succès et les trophées dans le monde musical. En 25 ans de carrière, Jay-Z a produit 13 albums en solo et a remporté 23 Grammy Awards, soit plus que n’importe quel autre rappeur encore actif.

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En 2019, son catalogue musical était estimé à une centaine de millions de dollars par le magazine Forbes, ce qui n’est pas grand-chose, finalement, en regard de l’immense fortune sur laquelle il est aujourd’hui assis. 

De fait, s’il est devenu le premier rappeur milliardaire de l’histoire, Jay-Z ne le doit pas forcément à sa musique. Il le doit plutôt à son sens des affaires, acquis dès le plus jeune âge en vendant des cailloux de crack dans la rue.

Des investissements qui payent

Le rappeur a notamment eu du flair en faisant l'acquisition de la marque de champagne Armand de Brignac. En 2019, l’année où il a rejoint le club des milliardaires, Jay-Z a écoulé plus de 500 000 bouteilles de bulles fines en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. 

Qui plus est, au début de 2021, l’ex-revendeur a vendu à Moët Hennessy – la filiale des spiritueux de l’entreprise de produits de luxe LVMH – 50 % de sa marque, alors évaluée à pas moins de 640 millions de dollars.

En même temps, l’homme d’affaires de 51 ans a aussi revendu à Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, la majorité des parts qu’il avait dans la plateforme musicale Tidal, une opération qui lui aurait rapporté la bagatelle de 300 millions de dollars! 

Toujours à la recherche de nouveaux investissements, le rappeur a également misé sur la compagnie d’assurance Ethos et – étonnamment – sur la chaîne de restauration rapide Sweetgreen, dont les produits principaux sont des salades composées.

Ces dernières années, Shawn Carter s’est aussi implanté dans le monde du sport. Après s’être associé à la franchise de la NBA des Brooklyn Nets, le rappeur a monté sa compagnie de gérance d’athlètes, Roc Nation Sports. 

Le cannabis, sa nouvelle «machine à cash»

Fort de son expérience d’homme d’affaires, le rappeur a été nommé stratège en chef de la compagnie Caliva, qui commercialise du cannabis en Californie, où l’usage récréatif de cette drogue douce a été légalisé en 2018. Jay-Z s’est vu confier un rôle de premier plan dans «l’orientation des tendances créatives, de la diffusion et de la stratégie de la marque.» 

Lors de sa nomination, l’ancien vendeur de crack de Brooklyn a souligné le «fort potentiel industriel du cannabis». On imagine qu’en investissant dans ce secteur, Shawn Carter compte bien faire accroître encore sa fortune personnelle. 

Il n’est d’ailleurs pas la seule vedette de la musique à vouloir profiter de cette nouvelle manne. Le rappeur Snoop Dogg, grand amateur de marijuana, et le chanteur country Willie Nelson ont aussi choisi d’investir dans l’industrie florissante du cannabis. 

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