Robert Lindblad: médium sans frontières | 7 Jours
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Robert Lindblad: médium sans frontières

Robert Lindblad
Photo: Bruno Petrozza / TVA Publications

Robert Lindblad

«J’ai été mort pendant une minute. Ça peut être lié, mais c’est pas sûr.» 

C’est ce que répond Robert Lindblad quand on l’interroge sur l’origine de ce don qui lui permet de retrouver des enfants disparus, ainsi que des animaux ou un trousseau de clefs perdus, à l’aide d’une simple carte, d’un pendule ou d’une baguette de sourcier, tout en restant dans son appartement de Saint-Henri, à Montréal.

À sept ans, le Québécois a été plongé dans le coma pendant un mois, après avoir été happé par un véhicule. Transporté à l’hôpital de Montréal pour enfants, il a bien failli ne jamais se réveiller.

75 000 affaires au compteur

S’il s’en est sorti miraculeusement, Robert a mis du temps à prendre conscience de son talent divinatoire. Il lui a fallu attendre qu’un ami le mette au défi de retrouver une pièce de 25 cents cachée dans son salon pour découvrir ce don. 

«On a refait l’expérience plusieurs fois pendant trois heures, et j’ai retrouvé la pièce à tous les coups. C’est là que je me suis dit: “Si je peux retrouver une pièce de 25 sous, je peux retrouver un enfant perdu.” Dès le lendemain, je me suis penché sur le cas de deux filles disparues et j’ai aidé la police à les retrouver vivantes», raconte Lindblad.

Depuis qu’il s’est lancé dans la recherche d’enfants disparus, au début des années 1990, le médium montréalais affirme avoir examiné plus de 75 000 affaires en tout genre. 

«Mais je n’appelle pas la police dans tous les cas, seulement en cas d’urgence, quand la vie de l’enfant disparu est en danger, tient-il à préciser. Je recherche des affaires en regardant les nouvelles et les réseaux sociaux. Je vérifie si l’enfant est mort ou vivant et s’il a fait une fugue. Dans ce dernier cas, je le laisse aller s’il n’est pas en danger. Mais si l’enfant a été enlevé, je contacte aussitôt les autorités.»

Du Québec aux USA en passant par la France...

Dans le cadre de ses activités «paranormales», Robert ne sort quasiment jamais de chez lui, ce qui ne l’empêche pas, selon lui, de pouvoir résoudre des affaires partout dans le monde, à des milliers de kilomètres de son domicile. 

«Y a pas de limites! lance-t-il. J’ai traité des cas en France, en Belgique, en Angleterre... Une fois, une dame inquiète m’a appelé de Chicago pour me dire que sa fille de cinq ans n’était pas rentrée à la maison. Je l’ai rassurée en lui disant qu’elle jouait sur un tricycle dans une ruelle avec des amies. Elle a retrouvé sa fillette 20 minutes après.»

Qu’on le contacte pour retrouver la trace d’un enfant ou d’un animal de compagnie, Lindblad dit recourir toujours à la même méthode. 

«Je passe ma main sur une carte: elle est attirée vers l’endroit où il faut chercher. Des fois, j’utilise un pendule ou une baguette de sourcier en Y pour m’aiguiller, explique-t-il. Mais il m’arrive aussi d’avoir simplement des images qui me viennent dans la tête.»

Un vrai cauchemar

L’une de ses visions l’a profondément marqué alors qu’il enquêtait, à la fin des années 1990, sur le cas d’un père divorcé qui s’était évaporé avec sa fille dans la nature. 

«J’ai vu le père devant moi, comme si j’étais à la place de sa fille. Je pouvais sentir ses mains en train de serrer mon cou, et je me suis mis à crier chez moi, en pleurant: “Non, papa, non!”»

«J’ai appelé la police, et ils ont retrouvé la fille morte le lendemain. Le père s’était suicidé après avoir étranglé sa fille. C’est la première fois que j’avais une vision comme ça. D’habitude, je vois plutôt les choses d’en haut, comme si j’étais sur un nuage. Là, j’étais dans le corps de la fille.»

De fait, le médium de 58 ans n’a pas toujours de bonnes nouvelles à annoncer aux parents qui font appel à ses talents divinatoires. «C’est pas un plaisir d’appeler des parents pour leur dire que leur fille est morte, mais au moins, ils peuvent retrouver le corps de leur enfant et faire leur deuil plus facilement», indique Robert. 

Il lui arrive aussi de passer près de sauver des vies, comme quand il s’est retrouvé sur la trace du pédophile belge Marc Dutroux qui a défrayé la manchette à la fin des années 1990.

«J’ai résolu l’affaire, affirme Lindblad. J’ai contacté les policiers en Belgique pour leur décrire Dutroux et leur dire que c’était lui qui avait enlevé la petite Mélissa. Malheureusement, elle a été retrouvée morte 10 jours après. Peut-être que s’ils m’avaient écouté plus tôt, ils l’auraient retrouvée vivante.» 

Selon ses dires, les policiers prêtent une oreille attentive à chacun de ses appels. «La plupart me prennent au sérieux. Une fois l’affaire terminée, ils ne donnent jamais le nom de leurs informateurs, mais ça ne me dérange pas de rester dans l’ombre.»

Ni gloire, ni richesse...

Il faut croire que la gloire n’est pas ce qui intéresse Robert, ni même l’argent. «Quand les parents veulent me donner quelque chose, je refuse toujours d’être payé», explique le médium, qui offre ses services gratuitement sur son site Internet.

Même si ses activités, qu’il exerce «24 heures sur 24», ne lui laissent pas le temps d’avoir un emploi en parallèle, Lindblad préfère vivre dans la précarité plutôt que de faire payer les personnes qui, en désespoir de cause, font appel à lui. 

«C’est un don que j’ai reçu, donc je ne veux pas faire un sou avec ça. Ça a toujours été comme ça dès le premier jour et ça le restera, même si j’ai traversé des périodes difficiles où je mangeais des spaghettis tous les jours, sans sauce parce que c’était trop cher.»

«Juste sauver du monde, ça me suffit. Je mène une vie très pauvre, mais si j’arrêtais d’utiliser mon don, je me sentirais coupable.»

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