Pierre Bruneau entame sa dernière semaine aux commandes du TVA Nouvelles. | 7 Jours
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Pierre Bruneau entame sa dernière semaine aux commandes du TVA Nouvelles.

Pierre Bruneau entame sa dernière semaine aux commandes du TVA Nouvelles de 17 h et 18 h, 46 ans après avoir été embauché par Télé-Métropole. 

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

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C’est un moment historique. Historique pour le chef d'antenne, bien sûr, qui a fait preuve d’assiduité et de professionnalisme au quotidien et en direct pendant près d’un demi-siècle – ce qui est un exploit –, mais aussi pour le grand public qui perd une figure rassurante et pour ses collègues qui disent au revoir à un monument le 16 juin.

Quand il est arrivé en septembre 1976, juste avant l’élection du premier gouvernement de René Lévesque, la salle de nouvelles faisait quelques mètres carrés à peine. Les bulletins n’étaient pas pilotés par un chef d’antenne aussi impliqué qu’aujourd’hui. Pierre Bruneau a contribué à doter la chaine d’un code d’éthique et, au fil des ans, après être devenu rapidement numéro 1 contre Radio-Canada, le journaliste natif de Victoriaville a apporté de la crédibilité et de la rigueur aux nouvelles de TVA.

PHOTO COURTOISIE

Pendant 46 ans, la société d’État lui a opposé 17 chefs d’antenne différents, selon ses calculs. La concurrence lui a même offert un pont d’or à deux reprises, en 1990 et en 2001, pour qu’il s’installe dans la grande tour brune du boulevard René-Lévesque Est. Il a préféré demeurer à la même antenne parce qu’il avait un «plaisir fou» à TVA.

«C’était planifié depuis longtemps que je partais. Je l’ai annoncé le 24 mars parce que les rumeurs commençaient à courir et je voulais le dire moi-même aux téléspectateurs, qui ont toujours été là», a confié Pierre Bruneau à l’Agence QMI.

«J’ai prolongé plus d’une fois, mais d’avoir 70 ans est un signe pour moi. Je suis en forme, j’ai toute ma tête et je ne prends pas de médicaments. J’ai combattu un cancer il y a cinq ans, mais pour moi c’est guéri. C’est le temps de profiter de la vie et des bons moments», a souligné celui qui, depuis l’annonce de sa retraite, reçoit quantité de lettres et de mots de remerciement pour avoir vulgarisé la nouvelle pendant toutes ces années.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Une voix rassurante

Parmi toutes les qualités qu’on lui connaît, c’est son côté rassurant, avec sa voix et son sens de la communication, qui ressort d’abord. «Un jeune de 30 ans m’a écrit pour me dire que ma voix l’apaise à l’heure du souper.» Sa rigueur, sa convivialité et sa proximité avec le public ressortent également du lot.

Au moment de l’entrevue, Pierre Bruneau ne savait pas que sa collègue Sophie Thibault allait lui succéder à la fin de l’été, mais il disait que l’heureux ou l’heureuse élue allait avoir l'occasion de «faire sa marque», comme lui.

PHOTO COURTOISIE

Empathie et humanisme

Toute l’empathie dont il fait preuve comme chef d’antenne et l’humaniste en lui, il le doit en grande partie à Charles, son fils décédé du cancer en 1988. «Un an après sa mort, il y a eu la tuerie de Polytechnique. Je me suis mis dans la peau des parents. C’est sûr que la perte de Charles m’a défini, à la fois dans mon ton, dans mon approche et dans ma compassion, sans rien enlever au journaliste. Je suis un gars de tête, mais aussi un gars de cœur, et ma plus grande réalisation demeure d’ailleurs la Fondation Charles-Bruneau.»

PHOTO COURTOISIE

Présent lors de chaque grand événement depuis 46 ans

Pierre Bruneau, qui a été en ondes plus longtemps que tout autre chef d’antenne, est «fier» et se sent «privilégié» d’avoir eu une relation de proximité avec les téléspectateurs. Il a été là soir après soir et lors d’événements marquants, comme l’explosion de la navette Challenger en 1986, le drame de Polytechnique en 1989, les crises d’Oka de 1990 et du verglas de 1998, les inondations au Saguenay en 1996, les attentats du 11 septembre 2001 ainsi que de toutes les campagnes électorales depuis un demi-siècle. Sans oublier la COVID-19.

En plus de prendre sa retraite, Pierre Bruneau, qui vient d’obtenir la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale et qui a remporté 23 trophées Artis, vit de grands changements dans sa vie. Il vient de vendre sa maison et sa femme Ginette va boucler ses valises avec lui pour faire plusieurs voyages, en 2023, année qui marquera leur 50e anniversaire de mariage.

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