Diane Dufresne intronisée au panthéon des «géants» du Québec | 7 Jours
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Diane Dufresne intronisée au panthéon des «géants» du Québec

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Photo : Patrick Séguin

Le 12 mai, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, coordonnateur des festivités, a remis son prix Artisan de la Fête nationale à Diane Dufresne, l’intronisant ainsi parmi ses «géants». Cet honneur touche énormément l’artiste de 77 ans, qui continue à enrichir son univers unique de création. 

En recevant récemment le prix Artisan, vous étiez émue. Y avait-il une raison particulière?

Il y en avait plusieurs. Je suis émue quand Catherine Major et Lulu Hughes chantent comme elles l’ont fait à l’événement. Je le deviens quand des artistes prennent ainsi la peine de se déplacer pour moi. Quand je revois des extraits de mes prestations comme ceux qu’on y a présentés, l’émotion ne me gagne pas par ce que j’y vois de moi, mais par la ferveur du public qui y transparaît. D’autant plus que je ne m’attendais pas à recevoir ce prix dans un tel contexte! Je pensais que je me déplaçais simplement pour aller chercher mon prix au bureau du Mouvement national des Québécoises et des Québécois. 

Le peintre-sculpteur Armand Vaillancourt a, pour l’occasion, créé une œuvre qu’il vous a remise. Est-ce un de vos amis?

Oui, et lui et moi, nous avons tourné ensemble pour la vidéo d’une chanson que j’interprète, Comme un damné.

C’est son ami le sculpteur Armand Vaillancourt qui lui a remis son prix Artisan de la Fête nationale, le 12 mai.

Photo : Patrick Séguin

C’est son ami le sculpteur Armand Vaillancourt qui lui a remis son prix Artisan de la Fête nationale, le 12 mai.

Malgré la situation difficile depuis quelques années, vous semblez physiquement en forme. Qu’est-ce qui vous maintient ainsi?

On sort d’une pandémie et on vit une guerre. C’est terrible. On ne pensait jamais vivre ça de nos jours. J’ai demandé à Armand: «Comment fais-tu pour garder un tel niveau d’énergie?» Il m’a répondu: «Je suis toujours en colère.» Eh bien, moi, ça ressemble à ça! La colère, c’est aussi un peu l’indignation. Comment pourrait-on ne pas réagir à ce qui nous entoure? C’est grave, là! Le soir, on mange, on regarde les infos à la télé et on se demande dans quel monde on vit. On peut choisir de momentanément changer de poste pour se changer les idées, mais quand on monte sur scène, il faut qu’on soit pas mal au courant de tout. Ces jours-ci, comme j’écris, je me tiens informée. 

Continuez-vous aussi à peindre?

Quand je suis à créer des choses, je n’en parle pas tant qu’elles ne voient pas le jour. Je vous dirai par contre que je suis toujours à créer. Il y a quelque chose qui se prépare, une autre direction. J’écris...

Côté bonheur, Richard Langevin partage votre vie depuis vos 50 ans.

Oui, mais lui aussi est affecté par tout ce qu’on vit. Quand on a une conscience, c’est plus difficile. 

Mais, au moins, il y a toujours du beau...

Il y a toujours du bon, quand on regarde à l’extérieur, le mois de juin... J’ai la chance de vivre dans la nature. Je suis en contact avec elle et la beauté. Respirer quand ça sent bon, ça aide un peu le cerveau. 

Diriez-vous que vous avez tout de même, aujourd’hui, la colère plus tranquille?

Non, je n’ai pas la colère plus tranquille du tout, du tout! Vous pourriez le constater dans mon écriture. Je suis loin d’être calmée.  

Sur rendez-vous  

Au cours des prochains mois, Diane Dufresne continuera de présenter Sur rendez-vous, entre autres à Tadoussac en juin et à Québec en octobre. En août, ses fans auront droit à un autre événement comme elle seule sait en créer. Le 3 août, elle participera au grand spectacle d’ouverture du 15e Festival Fierté Montréal, sur l’Esplanade du Parc olympique. «J’y offrirai une prestation d’une demi-heure.» 

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