Une année chargée pour l’acteur et animateur Rémi-Pierre Paquin | 7 Jours
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Une année chargée pour l’acteur et animateur Rémi-Pierre Paquin

Image principale de l'article Une année chargée pour l’acteur et animateur
Photo : Patrick Séguin

J’ai beaucoup d’admiration et même une certaine fascination pour Rémi-Pierre Paquin qui, malgré son impressionnant parcours de vie, a su rester humble et préserver cette candeur qui le caractérise. J’avais donc hâte à cette entrevue avec un artiste et entrepreneur talentueux et polyvalent! 

Notre collaborateur Francisco Randez était heureux de jaser avec l’acteur et homme d’affaires.

Photo : Patrick Séguin

Notre collaborateur Francisco Randez était heureux de jaser avec l’acteur et homme d’affaires.

Rémi-Pierre, en préparant notre entrevue, j’ai réalisé que tu vas avoir une année particulièrement chargée. En plus de la radio et du théâtre, tu as un nouveau projet télé qui te tient particulièrement à cœur...

Oui, il s’agit d’Au chalet de Rémi, et ça se passera à mon chalet, à Saint-Jean-des-Piles, avec tous mes proches. Le concept est simple: j’ai l’habitude d’y inviter des amis et de faire plein d’activités avec eux. On a donc fait un show avec ça! À chaque épisode, des amis artistes viennent pour le week-end, puis mes frères, mes cousins, mon père et moi, on leur fait vivre un trip. C’est le fun de partager ça avec ma gang de par chez nous. Le réalisateur, Jean-Philippe Pariseau, est un de mes grands amis, et le producteur au contenu, Nicolas Lemay, est un ami d’enfance avec qui je jouais au basket à Shawi! 

Ce projet va dans le même sens que le retour à tes racines que tu vis depuis quelque temps, non?

En effet! Je pense que la pandémie a accéléré le processus. Ma blonde et moi, on a passé beaucoup de temps à Saint-Jean-des-Piles durant la crise de covid. C’était la première fois que j’y restais aussi longtemps. J’ai toujours aimé y aller, mais le travail faisait que j’étais beaucoup à Mont­réal. Maintenant, je suis vraiment à l’aise à la campagne et dans le bois. Je l’ai toujours été, mais j’ai appris à aimer le rythme plus lent que ça amène. Dans les derniers mois, ma blonde et moi, on s’est mis à triper sur les plantes et la végétation autour du chalet. Mon voisin René connaît pas mal ça et nous donne des conseils. On a bien du plaisir. Je ne m’intéressais pas du tout à ça avant... Ça doit être l’âge!

Ce rythme te permet-il d’atteindre un certain équilibre?

Oui. Dans les prochains mois, je vais avoir un horaire de fou! J’ai dit à ma blonde qu’on ne se verrait pas beaucoup! Je me sens bien aussi là-dedans, mais j’ai besoin de revenir à mon chalet le plus souvent possible. J’aime vraiment la vie dans le village. C’est un endroit très authentique et, en plus, je viens du coin. J’adore ma vie d’artiste, qui se passe plus à Montréal, mais quand je suis à Saint-Jean-des-Piles, personne ne me parle de ma job. On jase du quotidien! 

«Dans les prochains mois, je vais avoir un horaire de fou! J’ai même annoncé à ma blonde qu’on ne se verrait pas beaucoup!» Marilou et lui étaient à la première de Kooza, du Cirque du Soleil, dernièrement.

Photo : Patrick Séguin

«Dans les prochains mois, je vais avoir un horaire de fou! J’ai même annoncé à ma blonde qu’on ne se verrait pas beaucoup!» Marilou et lui étaient à la première de Kooza, du Cirque du Soleil, dernièrement.

Tu me sembles très serein et même épanoui dans ce nouvel équilibre...

Vraiment! Jusqu’ici, tout va bien. Je viens d’avoir 49 ans et j’ai encore beaucoup de fun. Il faut dire que j’ai la chance de ne pas avoir de soucis de santé, et ça fait que je n’ai pas vraiment peur de vieillir. Je n’ai pas beaucoup de regrets et j’évite de trop me projeter dans l’avenir; ça aide pas mal. Il y a des périodes où je sais que le travail m’occupera beaucoup, mais j’évite de trop penser à ce qui s’en vient. Quand je me prépare à jouer au théâtre, par exemple, j’ai beaucoup de textes à apprendre, mais j’essaie de prendre ça au jour le jour en me disant que, le soir de la première, j’aurai fait tout ce qu’il faut pour être prêt. 

Ça ne te stresse jamais d’être si occupé?

J’ai parfois des moments de vertige en regardant mon horaire, mais en général je ne suis pas trop anxieux. Je t’avoue par contre que, quand le travail a recommencé plus intensément après les premières vagues de la pandémie et que j’ai dû faire une coupure avec la vie au chalet à regarder les plantes pousser, je filais mal la veille. (rires) Je chignais un peu et je ne savais pas trop pourquoi. Je me sentais comme quand j’étais petit le dimanche soir à la veille du retour en classe après les vacances d’été! Ma blonde m’a fait réaliser que c’était sûrement de l’anxiété. Ce n’était pas cool de ressentir ça, mais en général je n’en vis pas beaucoup.

À la rentrée, il sera du magazine À boire et à manger, avec Lindsay Brun, qui créera un menu avec les produits de notre terroir.

Photo : © Laurence Provencher

À la rentrée, il sera du magazine À boire et à manger, avec Lindsay Brun, qui créera un menu avec les produits de notre terroir.

Rémi-Pierre, tu es un exemple de succès: tu réussis comme acteur, mais aussi en affaires! En plus, tu es très humble. Aujourd’hui, on pourrait se dire que tout va bien pour toi et que c’est facile, mais tu as sûrement dû passer par des périodes plus difficiles, non?

Il y a quelques années, j’ai appris que les deux projets dans lesquels je m’investissais n’étaient pas renouvelés. J’étais déçu, mais je me suis dit que d’autres choses allaient m’être proposées. C’est la nature de mon métier. Mais après ça, le téléphone n’a pas vraiment sonné pendant quelques mois, à part pour des petits contrats ici et là. Jusque-là, je pensais que peu importe ce qui m’arriverait, j’allais être bien. J’ai réalisé que j’ai quand même besoin d’un minimum de sécurité pour être heureux. C’est cette période de ma vie qui m’a donné l’élan pour ouvrir Le Trèfle, il y a neuf ans, et finalement j’ai été chanceux, parce que ma carrière a redémarré après ça. J’ai appris à faire confiance à la vie et je pense que c’est plus facile quand ton but n’est pas nécessairement d’avoir le char de l’année et la grosse cabane!

Photo : Patrick Séguin

Est-ce que ton éducation a joué un rôle dans ta capacité à avoir cette confiance?

Mon père est entrepreneur et il avait un magasin de meubles pendant la récession dans les années 1980. Il a réussi à garder son magasin alors que plusieurs autres fermaient. Il m’a montré que c’est important de travailler fort et que ça finit par fonctionner. Il nous a appris, à mes frères et moi, à ne pas avoir peur d’essayer des choses, autant en affaires que dans la vie, et qu’il y a toujours une solution. 

Je trouve que tu as une sorte de belle naïveté qui te sert bien et qui t’a permis de faire des choix de projets audacieux.

Quand j’accepte un projet, je ne pense pas vraiment à tout ce que je devrai faire pour y arriver. Je me demande surtout si ça va être le fun ou pas. Je suis un peu tête brûlée et je crois tout le temps que tout va bien aller! (rires) Ça m’a déjà placé dans des situations où je me suis trouvé niaiseux de ne pas avoir plus réfléchi avant de me lancer, mais pour moi ce n’est pas dramatique de me tromper. On ne contrôle pas tant de choses que ça dans la vie. Je pense que la meilleure chose à faire, c’est d’essayer et d’écouter son instinct. Le fun, c’est aussi de se laisser surprendre!

Il reste que tu es très travaillant et que tu es très préparé quand tu acceptes un rôle. Est-ce que ça contribue à te permettre de te faire confiance et à être disponible face aux défis?

Je pense que pour pouvoir vivre le moment et faire ce qu’on doit faire, il faut se préparer! Il y a plein de cases à cocher avant d’atteindre un but, mais une fois que le temps de livrer arrive, tout ce qu’on peut faire, c’est être dans le moment et triper. L’expérience permet aussi de se faire confiance. Une autre chose qui aide, c’est qu’au Québec, le public embarque dans nos trips et participe à nos projets s’il sent qu’on a du plaisir, que ce soit à la radio, au théâtre ou à la télé. Ça donne le goût d’essayer plein d’affaires!

En parlant de projets, tu feras bientôt beaucoup de théâtre: Objectif Terre cet été et, plus tard, Les voisins et Ladies Night.

Oui, mais maintenant, dans Ladies Night, je joue le bonhomme! (En 2019, il jouait Normand.)

Il sera occupé par le théâtre avec Objectif Terre, puis avec la tournée des Voisins à l’automne.

Photo : © Production

Il sera occupé par le théâtre avec Objectif Terre, puis avec la tournée des Voisins à l’automne.

Photo : Mario Beauregard/Agence QMI

Le bonhomme?

Oui. (rires) C’est le personnage de Gérald, que Marcel Leboeuf jouait avant! C’est drôle et c’est tripant de se mettre dans la peau d’un personnage, peu importe son âge. Je jouerais un vieux monsieur que je serais aussi bien content! Ça a l’air que je suis rendu là...

En tout cas, jaser avec toi et te voir avancer en âge avec autant de joie et de sérénité, ça me donne envie de devenir le bonhomme, moi aussi! Bon été, Rémi-Pierre! 

On pourra voir Rémi-Pierre Paquin dans Objectif Terre à la Maison de la culture Francis-Brisson, à Shawinigan, dès le 7 juillet (spectacleshawinigan.ca). Il partira ensuite en tournée avec Les voisins et Ladies Night (monarqueproductions.com et tandem.mu). Cet automne, il accueillera entre autres Patrice Robitaille, Julie Le Breton et Pier-Luc Funk à son émission Au chalet de Rémi, à Z. Il coanimera aussi À boire et à manger, avec Lindsay Brun et Vanessa Pilon, à Télé-Québec. On pourra également l’entendre à la radio de Rouge FM à Véronique et les Fantastiques.

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