Christian Bégin donne des détails sur son prochain spectacle | 7 Jours
/magazines/7jours

Christian Bégin donne des détails sur son prochain spectacle

Image principale de l'article Il donne des détails sur son prochain spectacle
Photo: © Télé-Québec

À 59 ans, Christian Bégin continue de donner du sens à ses aventures artistiques en se montrant vulnérable et curieux. Celui qui prépare le spectacle Les 8 péchés capitaux est tantôt orgueilleux, tantôt gourmand, mais il n’est jamais avare de confidences en entrevue!  

Christian, vous travaillez sur mille et un projets. Est-ce que le printemps est pour vous une période d’accalmie avant un été de tournages ou êtes-vous déjà dans l’œil de la tempête?

La tempête a bel et bien commencé! J’ai déjà repris les tournages des prochaines saisons de Curieux Bégin et de Y’a du monde à messe. Je recommence Les mecs la semaine prochaine et je vais en plus tourner dans la nouvelle quotidienne, Indéfendable. Je viens aussi de remettre la première version de mon spectacle solo, Les 8 péchés capitaux.

Le travail vous va bien!

C’est ma vie! Mon fils me dit souvent que, lorsque je ferai la paix avec ma soif de travail au lieu de me faire croire que je vais ralentir, je serai beaucoup mieux. Force est d’admettre que si je n’avais pas de travail, je me trouverais d’autres choses à faire...

Curieux Bégin et Y’a du monde à messe sont des émissions que vous pilotez depuis longtemps. Qu’est-ce qui vous rend loyal à un mandat?

Le plaisir que j’ai à le faire et le sens que ça a encore pour moi. J’ai entamé la 15e saison de Curieux Bégin et je constate que cette émission a vraiment changé le cours de ma vie. Si j’ai une maison à Kamouraska, si j’ai un intérêt réel et profond pour l’agriculture, et si les restaurateurs forment ma deuxième famille, c’est grâce à cette émission. Y’a du monde à messe est un tout autre terrain de jeu qui me permet de faire des rencontres profondes avec des gens à qui je n’aurais peut-être jamais parlé dans d’autres circonstances. Je sors toujours complètement galvanisé des tournages de l’émission.

Ces émissions sont plus que des contrats pour vous, non? On dirait que ce sont des aspects de votre personnalité...

Absolument! Elles me permettent non seulement de gagner ma vie, mais elles viennent aussi toucher des préoccupations et des intérêts réels que je cultive. Elles font partie de celui que je suis.

Pensez-vous parfois à leur conclusion?

Bien sûr que j’y pense! Elles vont finir un jour, c’est dans l’ordre des choses. Ce seront des deuils terribles. Et les décisions d’en finir ne viendront sûrement pas de moi. Ça arrivera quand les gens voudront voir autre chose. Pour ma part, je serais fou de vouloir arrêter, j’ai beaucoup trop de plaisir! Pourquoi dirais-je non à Curieux Bégin, où je mange, je bois et je fais des rencontres inspirantes?

Est-ce dans le but de vous mettre en danger que vous présenterez cet automne votre solo Les 8 péchés capitaux?

J’ai fait deux spectacles solos dans le passé, mais ça fait 25 ans de ça. Avec Les 8 péchés capitaux, je viens vérifier si je suis encore en phase avec le monde dans lequel je vis. Le monde change à une vitesse fulgurante, mais nous ne sommes pas équipés pour métaboliser ces changements à une si grande allure, et c’est ce dont j’ai envie de parler. Sur scène, je vais me poser en quinquagénaire qui regarde le monde aller en me demandant si je suis toujours en phase avec le courant ou si je suis en train de devenir un vieux ringard qui devrait se taire. Le show va me l’apprendre.

Cela ne vous effraie-t-il pas de vous montrer si vulnérable sur scène?

C’est dans la nature même d’un artiste d’aller vérifier s’il est en phase avec le monde, s’il veut en témoigner à travers l’art. Je ne veux pas que ça sonne cliché, mais le geste créateur est un geste qui met dans une position vulnérable. On pense écrire sur l’existence, mais on finit toujours par écrire sur soi. À travers nos personnages, c’est notre perception du monde qu’on communique.

Parmi les péchés capitaux, lequel est le plus présent dans votre vie?

Probablement l’orgueil. La définition de l’orgueil, c’est d’avoir une haute estime de soi, mais ça peut également être la manifestation de l’absence de confiance en soi. Parfois, on est tellement orgueilleux qu’on n’ose pas montrer certains aspects de nous.

Photo: © Télé-Québec

Est-ce cette deuxième définition qui vous touche le plus?

Je suis rempli de paradoxes parce que je vais parler beaucoup de mes failles dans ce show-là et que certains diront que je ne suis pas orgueilleux de raconter tout ça! N’empêche que je ne trouve pas toujours agréable de parler de mes failles. 

Et qu’en est-il des autres péchés?

Je ne suis pas un gars colérique, ni un grand envieux, ni un paresseux. Je suis un gourmand, mais je ne trouve pas vraiment que c’est un péché, sauf quand la gourmandise pousse les gens à tout vouloir dans la vie. Mais je ne suis pas ce type de gourmand. Je ne suis pas non plus un gars à l’argent. Pour ce qui est de la luxure, on n’en parle même pas! 

Il y a une touche de sacré dans vos activités professionnelles avec Y’a du monde à messe et Les 8 péchés capitaux. Est-ce un adon?

Non, ce n’est pas du tout un adon. Le sacré est au cœur de ma vie. Je trouve qu’on manque de sacré, pas en termes religieux, mais en termes de sens. Les dérives de notre société expriment un besoin de retrouver quelque chose autour de quoi on pourrait se rassembler. J’ai toujours cette soif de sens et j’essaie de ritualiser des événements. 

Qu’est-ce qui prend une tournure sacrée dans votre vie?

J’officie des mariages, par exemple. J’en ai déjà célébré sept. J’essaie aussi de créer des moments dans mon quotidien. Faire à manger, pour moi, est un rituel. Il y a quelque chose de sacré là-dedans, car ça peut être une façon de ritualiser un moment de la journée ou une façon d’exprimer de l’amour à des gens pour qui j’ai cuisiné.

Vous êtes propriétaire, avec la cheffe Marie-Fleur St-Pierre, de l’épicerie Le jardin du bedeau, à Kamouraska. Aimez-vous votre rôle d’épicier?

Je ne suis pas là tous les jours, c’est Marie-Fleur qui tient l’entreprise à bout de bras. Elle est la meilleure partenaire d’affaires au monde, et je lui parle quotidiennement. Cet été, je prendrai en charge le commerce pendant ses vacances. J’adore être sur place. Je fais la caisse et je parle de nos produits aux clients. Je suis dans une entreprise qui a du sens et qui fonctionne. Je sais que le jour où ma carrière va se calmer, je vais être très heureux d’aller étiqueter des conserves de moules fumées de la Chasse-Marée de Rimouski. Il y a une partie de moi qui prépare l’après, et Kamouraska est un ancrage dans ce processus. 

Y’a du monde à messe, vendredi 21 h, dès le 24 juin, à Télé-Québec. Christian amorcera le rodage de son spectacle solo au cours de l’été et le présentera officiellement dès l’automne. Infos: christianbegin.ca. La quotidienne Indéfendable sera présentée cet automne à TVA. Les nouvelles saisons de Curieux Bégin et des Mecs seront diffusées à l’hiver 2023.

À lire aussi

Et encore plus