Un projet télé pour Marie-Josée Taillefer et Rosalie Taillefer-Simard | 7 Jours
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Un projet télé pour Marie-Josée Taillefer et Rosalie Taillefer-Simard

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Photo : Julien Faugère / TVA Publications

Pour une deuxième année de suite, Rosalie Taillefer-Simard a accepté d’être porte-parole de la Semaine québécoise des personnes handicapées. Son ouverture à l’autre et sa douce bienveillance en inspirent plus d’un. Au sein de sa famille, l’animatrice se sent particulièrement liée à sa nièce, qui est née sourde profonde, comme son frère et elle-même.

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Rosalie, vous avez, semble-t-il, un beau projet avec votre mère. De quoi s’agit-il?
Oui, nous animerons une émission sur AMI-télé: Une famille comme les autres. C’est quelque chose qui me ressemble et qui est en lien avec mon désir d’aider les personnes handicapées. Ma mère et moi comptons aller à la rencontre de familles dont un membre a une différence ou un handicap. Ils vont nous raconter leur histoire. Nous voulons que ce soit une émission lumineuse, touchante et positive. 

Pourquoi votre duo mère-fille fonctionne-t-il particulièrement bien?
Parce que nous aimons être ensemble. Quand ma mère va travailler à Québec, je l’accompagne, et inversement. Nous aimons nous suivre l’une l’autre. Nous avons donné des conférences ensemble. Ma mère, c’est ma meilleure amie. Nous nous appelons tous les jours. 

Cette année, vous vous impliquez à nouveau pour la Semaine québécoise des personnes handicapées, n’est-ce pas?
Oui, j’en suis porte-parole pour une deuxième année. Quand on m’a proposé cet engagement, j’ai accepté sur-le-champ. C’est tellement important d’en parler encore, car il y a place à l’amélioration. J’ai un ami en fauteuil roulant, un autre qui est non-voyant et ma gang de malentendants. J’en connais des gens différents! Le 3 juin, j’animerai une table ronde en direct sur les réseaux sociaux. Nous allons parler de différence. Quand on y pense, 16 % de la population québécoise a une différence ou un handicap. Je suis porte-parole de la Semaine québécoise des personnes handicapées. Luca Patuelli (il a participé à Révolution sous son nom d’artiste, Lazylegz) est un des ambassadeurs. Il m’a toujours inspirée! Peut-être qu’un jour, j’aurai la chance de danser avec lui!

Finalement, les limites sont souvent celles qu’on s’impose...
Oui, et il ne faut pas s’empêcher de faire ce qu’on aime. Il y a toujours des solutions. On dit souvent «quand on veut, on peut». Moi je dirais plutôt «quand on veut, on explore». Il faut quand même être réaliste: si je voulais être chanteuse professionnelle, ce serait complexe, car je n’entends pas les notes. Mais je ne m’empêche pas de chanter pour autant. Il ne faut pas s’empêcher d’essayer des choses. Ce n’est pas nécessaire de réussir. Le thème de cette année est Contribuer à 100 %. La population est invitée à faire en sorte que tout soit le plus accessible possible pour les personnes différentes. Pour ma part, j’ai des parents qui m’ont toujours traitée comme les autres. Mon handicap, ça n’a jamais été tabou d’en parler. À l’école, quand j’arrivais dans une classe et que je devais mettre un micro spécial pour entendre mon professeur, les élèves trouvaient ça bizarre. Dès le premier cours, je me présentais à la classe et j’expliquais que je suis une personne malentendante. Si les élèves avaient des questions, ils pouvaient venir me voir. 

Vous vous êtes donc sentie intégrée...
Oui. Le handicap fait partie de nous, il faut l’accepter. Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est d’avoir un grand frère qui est sourd, comme moi. Nous nous comprenons. C’est lui qui brisait la glace quand nous étions plus jeunes. Olivier est tellement impressionnant! Il a voyagé partout, il travaille dans un domaine qu’il aime, il parle anglais et se débrouille en espagnol. Il aime apprendre et il est très sociable. 

Vos parents ont souvent souligné leur fierté envers vous et votre frère!

La famille Taillefer-Simard en 2018: Rosalie, son père, René, son frère, Olivier, et sa mère, Marie-Josée.

Photo : Bruno Petrozza / TVA Publications

La famille Taillefer-Simard en 2018: Rosalie, son père, René, son frère, Olivier, et sa mère, Marie-Josée.


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La manière dont nous avons été élevés a été déterminante. Les soupers en famille étaient l’occasion de nous parler. C’est ce qui fait que nous sommes si unis aujourd’hui. La famille est tellement importante. Même si j’ai quitté la maison, je vois mes parents au moins une fois par semaine. Je les aime. Ils ont toujours été là pour nous. Ce sont les meilleurs! 

Votre départ du foyer a-t-il créé un choc?

Rosalie partage sa vie avec Gabriel, son amoureux, depuis plus de 10 ans.

Photo : Patrick Séguin / TVA Publications

Rosalie partage sa vie avec Gabriel, son amoureux, depuis plus de 10 ans.

Oui. Quand je suis partie il y a quatre ans, mon père a trouvé ça difficile. Quand ç’a été au tour de mon frère, c’est ma mère qui a trouvé ça difficile. Je pensais que ç’aurait été l’inverse. Mon père avait les larmes aux yeux quand je suis partie, mais il était tellement heureux pour moi. Mon amoureux et moi sommes ensemble depuis bientôt 10 ans. Il est attentionné. Quand je n’entends pas quelque chose, il prend le temps de répéter. C’est quelqu’un de réfléchi, de plus réservé que moi, mais nous nous complétons tellement bien! Nous nous sommes rencontrés à l’UQAM durant nos études. J’étudiais en arts visuels, il était en urbanisme. Nous avions un cours hors programme ensemble, en danse. Je l’ai remarqué le premier jour! (rires) Entre nous, ça a cliqué. 

Vous êtes aussi une tante comblée...
Oui, la petite Chloé est extraordinaire! Elle est née sourde, elle aussi. Une surdité profonde, comme nous. Il fallait qu’elle ait un implant et on l’a opérée à l’âge de huit mois. C’est incroyable, quand même! Elle va recevoir un deuxième implant éven­tuellement. Les choses ont tellement évolué... Mon frère et moi avons eu un implant autour de quatre ans et nous n’en avons qu’un seul.

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Pour quelle raison?

Photo : Julien Faugère / TVA Publications


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Parce que ça fait trop longtemps que notre deuxième oreille n’est pas stimulée, nous ne sommes pas éligibles à un deuxième implant. Aujourd’hui, on propose deux implants pour bien percevoir les sons. Ça prend moins de concentration quand on écoute quelqu’un parler. Parce qu’elle a eu son implant beaucoup plus jeune, Chloé aura beaucoup moins de retard que nous. Je la garde parfois. Elle est tellement mignonne! C’est un bon bébé. Elle a eu un an en avril dernier.

Elle a la chance d’avoir toute la famille qui comprend bien sa situation.
Oui, elle est vraiment dans la bonne famille pour elle. À chaque grossesse, mes parents avaient une chance sur quatre d’avoir un enfant sourd. Je dis toujours que les deux fois, ils ont eu de la chance! (rires)

Continuez-vous à peindre?
Oui. J’aimerais faire une autre exposition un jour, mais il faudra que je trouve du temps! J’ai plein de projets. Je suis ambassadrice pour Colorantic, une compagnie de peinture. Je partage mes trucs avec mes abonnés. Et je continue à danser pour le plaisir et pour me garder en forme. Pendant la covid, j’ai dansé dans mon salon. J’ai aussi fait des rénos. J’ai toujours quelque chose à faire. Je suis bien chez nous avec mon amoureux.

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